Hellfest /

Le 20 Juin 2026 /

Clisson (44) /

Notre avis : 5/5.


Ghislain ADAM à la rédaction et Fabrice ANDRÉ pour les photos.

Clisson s’est réveillée sous un soleil de plomb pour cette troisième journée du Hellfest, mais dès les premières notes, l’atmosphère est devenue électrique. Entre violence hardcore, nostalgie nu metal, virtuosité thrash et cérémonies occultes, le samedi a offert un condensé de tout ce qui fait l’ADN du festival.

Guilt Trip lance les hostilités

Dès le début d’après-midi, Guilt Trip transforme la fosse en un véritable champ de bataille. Les Britanniques montent sur scène sans perdre une seconde et déclenchent immédiatement les hostilités. Les premières notes de « One By One » suffisent à mettre le feu aux poudres, avant que « Sweet Dreams », « Angel Eyes » et « Eyes Wide Shut » ne viennent enfoncer le clou. Le pit s’ouvre instantanément, les circle pits se multiplient et ne se refermeront pratiquement plus jusqu’à la fin du concert, tant l’énergie dégagée par le groupe est contagieuse.

La formation enchaîne ensuite avec « Burn », « Severance » et « The Gates », un enchaînement aussi brutal qu’efficace qui fait encore grimper l’intensité. Les riffs tranchants, les breakdowns écrasants et les vocaux rageurs ne laissent aucun répit à un public totalement acquis à la cause. Les premiers crowdsurfs massifs de la journée apparaissent sur « No Love Lost », avant d’atteindre leur paroxysme lorsque résonne le morceau-titre « Guilt Trip », véritable déflagration qui plonge la Main Stage dans un chaos parfaitement maîtrisé.

Pour le sprint final, Guilt Trip ne relâche absolument pas la pression. « Tearing Your Life Away » prolonge la démonstration de force avec une violence maîtrisée qui pousse une dernière fois les festivaliers à se jeter dans la mêlée. Enfin, « Thin Ice » vient conclure cette prestation sur une ultime décharge d’adrénaline. En à peine une demi-heure, les Britanniques auront livré un set aussi compact que destructeur, confirmant leur statut de valeur montante du hardcore moderne et laissant derrière eux une essoufflée mais conquise.

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Enhancer fait exploser la nostalgie fusion

Ambiance radicalement différente, mais tout aussi électrique, avec Enhancer. Les pionniers de la fusion Française font leur entrée sur « Intro » et rappellent d’emblée pourquoi ils ont marqué toute une génération. Entre riffs acérés, beats électro et flow incisif, le groupe déroule un set pensé comme une véritable célébration de la scène fusion hexagonale des années 2000.

Les classiques s’enchaînent avec « Electrochoc », « Street Trash » puis « Hardcore Version Dancefloor », interprété avec Niko des Arrs, qui vient apporter une dose supplémentaire d’énergie à une Warzone déjà entièrement conquise. Dans la fosse, les anciens retrouvent instantanément leurs réflexes tandis que les plus jeunes découvrent un répertoire toujours aussi percutant. L’ambiance monte encore d’un cran lorsqu’un extrait de « That’s My People » de Suprême NTM retentit dans les enceintes, déclenchant une immense clameur reprise en chœur par des milliers de festivaliers.

Le concert bascule définitivement dans l’événement avec l’arrivée surprise de JoeyStarr. L’icône du rap Français rejoint Enhancer pour une version explosive de « J’Arrive », avant d’enchaîner avec un incandescent « Qu’Est Ce Qu’On Attend ». La Warzone se transforme alors en une immense fête où fusion, hip-hop et metal ne font plus qu’un, dans un esprit fidèle à celui qui animait la scène Française au tournant des années 2000.

Les invités continuent de se succéder lorsque Pleymo rejoint le groupe sur « United Nowhere », offrant aux amateurs de fusion un moment chargé de nostalgie. Le public exulte une nouvelle fois en entendant un passage de « Ce Soir C’Est Grand Soir », véritable madeleine de Proust pour toute une génération de festivaliers.

Pour conclure cette parenthèse festive, Enhancer enchaîne avec « Cinglés » puis « Hot », deux titres qui permettent au groupe de terminer son concert dans une ambiance euphorique. Entre invités prestigieux, tubes incontournables et communion permanente avec le public, la formation signe une prestation généreuse, placée sous le signe de la fête, de la nostalgie et de l’héritage d’une scène fusion française qui continue de rassembler bien au-delà de son époque.

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Anthrax rappelle pourquoi le Big Four est éternel

Sur la Main Stage, Anthrax prouve une nouvelle fois pourquoi le groupe demeure l’une des références absolues du thrash metal. Dès les premières notes de « Among The Living », la machine est lancée. Le classique fait instantanément exploser la fosse tandis que les milliers de festivaliers massés devant la scène répondent présents. Sans temps mort, les Américains enchaînent avec « Got The Time » puis « Madhouse », trois titres imparables qui transforment la fosse en une immense chorale à ciel ouvert.

La cadence ne faiblit pas avec « Caught In A Mosh », « Medusa » et « Keep It In The Family ». Les riffs tranchants de Scott Ian, la précision de la section rythmique et l’énergie communicative de Joey Belladonna maintiennent une intensité constante. Fidèle à sa réputation, le guitariste multiplie les échanges avec le public, encourageant les circle pits et les chants entre chaque morceau, tandis que les festivaliers répondent avec une ferveur qui ne se dément jamais.

Le point culminant du concert intervient lorsque résonnent les premières notes d’« Antisocial ». Reprise par Anthrax depuis la fin des années 1980, la chanson de Trust prend une dimension toute particulière en France. Des milliers de voix reprennent chaque parole avec une ferveur impressionnante, offrant l’un des plus grands moments de communion de cette édition. Pendant quelques minutes, le groupe laisse presque le public assurer seul les refrains, visiblement ravi de l’accueil qui lui est réservé.

Pour conclure cette démonstration de force, Anthrax choisit l’incontournable « Indians ». Les célèbres cris de guerre sont repris à l’unisson tandis que la fosse redouble d’intensité dans un ultime déferlement de mosh pits et de crowdsurfs. Au terme d’un set sans le moindre temps faible, les membres du Big Four confirment qu’ils restent une valeur sûre de la scène thrash, capables de fédérer aussi bien les fans de la première heure que les nouvelles générations autour d’un répertoire devenu intemporel.

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Kublai Khan Tx : la violence à l’état pur

Retour à la Warzone, où Kublai Khan TX s’apprête à livrer l’une des prestations les plus violentes du week-end. Les Texans montent sur scène sans la moindre introduction superflue et donnent immédiatement le ton. Dès « Darwinism », la fosse explose dans un enchevêtrement de mosh pits et de two-step, avant que « Supreme Ruler » et « Low Tech » ne viennent transformer la Warzone en une véritable arène. Ici, aucune concession : chaque riff est pensé pour faire voler le pit en éclats, chaque breakdown est accueilli par une déferlante de mouvements.

La pression ne retombe jamais. « Antpile », « Boomslang », « Cannibal » et « Resentment » s’enchaînent comme une succession de coups de massue, faisant monter l’intensité à chaque nouveau morceau. Les breakdowns dévastateurs provoquent des réactions instantanées dans le public, où les slammeurs affluent sans interruption et où les premiers rangs vivent chaque titre comme un véritable combat. Matt Honeycutt impose sa présence avec une autorité impressionnante, haranguant la foule entre deux morceaux et déclenchant chaque mouvement de fosse d’un simple geste ou d’une injonction.

Le public réserve un accueil particulièrement furieux à « The Hammer », dont les premières notes suffisent à provoquer une explosion de violence parfaitement maîtrisée. « Self-Destruct », « Mud » et « Swan Song » prolongent cette démonstration de force, dans une Warzone entièrement acquise à la cause des Texans. Les circle pits se croisent, les crowdsurfs se multiplient et les barrières peinent à contenir le flot incessant de festivaliers portés au-dessus de la foule.

Pour conclure, Kublai Khan TX assène « Theory Of Mind », ultime déflagration qui laisse un public exsangue mais conquis. Sans effets de manche ni artifices, le groupe livre une prestation d’une efficacité redoutable, portée par une puissance de feu impressionnante et une exécution irréprochable. Un concert d’une brutalité exceptionnelle qui s’impose comme l’un des moments les plus intenses et les plus mémorables de tout le week-end sur la Warzone.

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A Perfect Circle impose sa majesté

Changement complet d’ambiance sur la Main Stage avec A Perfect Circle. Après la déferlante de violence des concerts précédents, le groupe emmené par Maynard James Keenan impose un tout autre rythme. Dans une scénographie élégante, épurée et baignée de jeux de lumières subtils, les Américains privilégient l’atmosphère à la démonstration de force. Fidèle à son habitude, Maynard James Keenan évolue en retrait, laissant la musique et les projections visuelles occuper le premier plan, renforçant encore le caractère mystérieux et hypnotique de la prestation.

Dès « The Package », le ton est donné. Les nappes sonores, les guitares ciselées de Billy Howerdel et la voix toujours aussi expressive de Maynard installent une tension palpable. « Disillusioned » puis « The Doomed » prolongent cette montée en puissance, mêlant mélodies aériennes, explosions maîtrisées et arrangements d’une grande finesse. La Main Stage, jusque-là agitée, se transforme peu à peu en une immense assemblée attentive, captivée par la richesse des compositions.

Le concert gagne encore en intensité émotionnelle avec « Weak And Powerless », dont chaque refrain est repris par une foule suspendue aux moindres inflexions du chanteur. « Gravity » offre l’un des moments les plus bouleversants du set, porté par une interprétation tout en retenue, avant que « 3 Libras » ne fasse resurgir l’émotion intacte d’un classique devenu incontournable. Sur « The Outsider », le groupe retrouve davantage de puissance sans jamais rompre l’équilibre subtil entre tension, mélancolie et envolées mélodiques.

Tout au long du concert, A Perfect Circle démontre une maîtrise remarquable de ses contrastes. Les passages les plus intimistes côtoient des montées en puissance saisissantes, tandis que chaque musicien contribue à construire une atmosphère dense et immersive. Loin des démonstrations spectaculaires, le quintette captive par la précision de son jeu, la qualité de son interprétation et son sens du détail.

Le point d’orgue de cette prestation survient avec « Judith ». Les premières notes suffisent à déclencher une immense ovation, et le refrain est repris avec ferveur par des milliers de festivaliers. Plus incisif que le reste du répertoire, le morceau apporte une conclusion puissante à un concert où élégance et intensité n’auront cessé de se répondre. A Perfect Circle signe ainsi une prestation magistrale, aussi raffinée que profondément immersive, offrant l’un des moments les plus singuliers et captivants de cette édition du festival.

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Megadeth : leçon de thrash signée Dave Mustaine

Dave Mustaine arrive sur la Main Stage avec une seule mission : rappeler pourquoi Megadeth demeure, plus de quarante ans après sa création, l’une des références absolues du thrash metal. Sans artifices, le groupe mise tout sur la puissance de son répertoire et l’excellence de son exécution. Dès « Tipping Point », la précision chirurgicale des musiciens saute aux yeux et annonce un concert placé sous le signe de la virtuosité.

Très vite, les classiques prennent le relais. « Hangar 18 » fait exploser la Main Stage avec son impressionnante succession de solos, tandis que « Take No Prisoners » impose son rythme effréné. Sur « Sweating Bullets », Dave Mustaine retrouve toute sa verve avec son phrasé si caractéristique, immédiatement repris par un public qui connaît chaque parole sur le bout des doigts. Devant la scène, les premiers rangs alternent headbangs, pogos et refrains scandés à pleins poumons.

La démonstration technique se poursuit avec « Hook In Mouth », « Let There Be Shred » et « Mechanix ». Les guitaristes rivalisent de virtuosité, enchaînant les soli d’une précision redoutable sans jamais sacrifier la puissance des compositions. La section rythmique, irréprochable, soutient cette mécanique parfaitement huilée, confirmant que Megadeth reste une véritable référence lorsqu’il s’agit de conjuguer agressivité et technicité.

Le concert prend ensuite une tournure plus émouvante avec « A Tout Le Monde ». En France, le morceau revêt une dimension particulière et l’émotion est palpable lorsque plusieurs dizaines de milliers de voix reprennent le refrain à l’unisson. Pendant quelques minutes, la Main Stage ne fait plus qu’un avec le groupe, offrant l’un des plus beaux moments de communion de la journée.

Puis vient l’estocade finale. « Tornado Of Souls » émerveille par son solo légendaire, accueilli avec ferveur par les amateurs de guitare. « Symphony Of Destruction » transforme ensuite le festival en une gigantesque chorale, chaque refrain étant repris avec une puissance impressionnante. L’incontournable « Peace Sells » fait exploser une nouvelle fois la fosse avant que Megadeth ne conclue avec l’inévitable « Holy Wars… The Punishment Due ». Véritable monument du thrash metal, le morceau déclenche une ultime déferlante de circle pits, de headbangs et d’acclamations.

Au terme d’un concert d’une maîtrise irréprochable, Dave Mustaine et ses musiciens livrent une démonstration magistrale de ce qui fait la force de Megadeth depuis des décennies : une précision instrumentale exceptionnelle, un répertoire intemporel et une intensité qui ne faiblit jamais. Une prestation de très haut niveau qui confirme une nouvelle fois le statut légendaire du groupe.

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Limp Bizkit transforme Clisson en immense fête

Probablement l’un des concerts les plus attendus de tout le week-end, Limp Bizkit attire une foule immense devant la Main Stage bien avant son entrée en scène. L’impatience est palpable et explose dès les premières notes de « Faith ». Fred Durst apparaît sous une ovation assourdissante et déclenche instantanément une véritable hystérie collective. Les premiers rangs s’embrasent, les circle pits se forment en quelques secondes et le festival tout entier semble replonger au cœur de l’âge d’or du nu metal.

La suite n’est qu’une succession de classiques. « Break Stuff » provoque une explosion de violence parfaitement maîtrisée dans la fosse, tandis que « My Generation » et « Livin’ It Up » sont reprises mot pour mot par des dizaines de milliers de festivaliers. Porté par un Fred Durst particulièrement en forme, multipliant les échanges avec le public et jouant avec une foule totalement acquise à sa cause, le groupe déroule son répertoire avec une aisance déconcertante. « Hot Dog », « My Way » puis « Nookie » transforment la Main Stage en une gigantesque machine à remonter le temps, où chaque riff et chaque refrain réveillent les souvenirs d’une génération entière.

L’ambiance franchit encore un cap avec l’apparition du Slay Squad sur « Full Nelson ». Leur présence sur scène contribue à renforcer le caractère totalement débridé du concert, dans une atmosphère où la fête semble ne plus avoir de limites. Le public répond avec une énergie inépuisable, multipliant les pogos, les crowdsurfs et les chants à l’unisson, tandis que Wes Borland impressionne une nouvelle fois par son jeu impeccable et son look toujours aussi extravagant.

Le groupe poursuit sa démonstration avec « Rollin’ », véritable hymne repris à pleins poumons par une Main Stage en fusion. L’intensité retombe légèrement sur « Boiler », dont l’atmosphère plus sombre offre un contraste bienvenu, avant que la reprise de « Behind Blue Eyes » ne fasse chanter l’ensemble du public dans un moment plus fédérateur. Enfin, « Take A Look Around » relance une dernière fois la machine avec son riff immédiatement reconnaissable, provoquant une ultime déferlante d’énergie devant la scène.

Comme si cela ne suffisait pas, le Slay Squad revient accompagner le groupe lors du rappel de « Break Stuff », transformant la conclusion du concert en une véritable explosion de joie collective. Entre tubes incontournables, communion permanente avec le public et nostalgie assumée, Limp Bizkit livre un concert généreux, spectaculaire et fédérateur. Plus qu’une simple prestation, c’est une célébration du nu metal qui se déroule sous les yeux de dizaines de milliers de festivaliers, confirmant que, plus de vingt-cinq ans après son explosion, le groupe conserve un pouvoir de rassemblement absolument intact.

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Behemoth célèbre la messe noire du Hellfest

Lorsque Behemoth entre en scène, la nuit est déjà tombée, offrant un écrin idéal à l’univers du groupe Polonais. Dès les premiers instants, la Main Stage se métamorphose en une immense cathédrale infernale. Décors monumentaux, jeux de lumières millimétrés, flammes surgissant au rythme des morceaux et imposants effets pyrotechniques composent un spectacle aussi théâtral que spectaculaire. Plus qu’un simple concert, Behemoth propose une véritable cérémonie où chaque détail contribue à immerger le public dans son univers sombre et ritualiste.

Les premières notes de « The Shadow Elite » donnent immédiatement le ton. La puissance du son, la précision implacable des musiciens et la présence magnétique de Nergal captivent instantanément une foule fascinée. « Ora Pro Nobis Lucifer » puis « Thy Becoming Eternal » prolongent cette montée en puissance, alternant accélérations fulgurantes, riffs écrasants et passages aux accents liturgiques. Chaque titre est accompagné d’une mise en scène soigneusement orchestrée, où les flammes et les colonnes de fumée viennent souligner les temps forts de la musique.

Au centre de ce cérémonial, Nergal dirige les opérations avec une autorité naturelle. Charismatique, il harangue la foule entre deux morceaux, invitant les festivaliers à lever les bras ou à reprendre les refrains, tandis que les musiciens exécutent chaque composition avec une précision redoutable. « Conquer All », « Ecclesia Diabolica Catholica » et « Blow Your Trumpets Gabriel » font monter encore l’intensité, transformant la Main Stage en un gigantesque théâtre de feu. Devant la scène, les premiers rangs répondent par une succession ininterrompue de headbangs et de cornes levées, tandis que l’ensemble du public semble littéralement happé par cette grand-messe blackened death metal.

L’un des moments les plus marquants de la soirée survient avec la reprise de « The Return Of Darkness And Evil » de Bathory. Accueilli avec ferveur par les amateurs de metal extrême, cet hommage aux pionniers du genre prend une dimension toute particulière dans cette atmosphère crépusculaire. L’émotion est palpable, tant sur scène que dans le public, conscient d’assister à un moment rare.

Pour conclure, Behemoth livre l’incontournable « O Father O Satan O Sun! ». Les dernières flammes illuminent la Main Stage tandis que Nergal conduit une ultime invocation sous les acclamations de milliers de festivaliers. La montée en puissance du morceau, son final solennel et la débauche d’effets visuels offrent une conclusion grandiose à une prestation qui conjugue puissance musicale, maîtrise scénique et ambition artistique.

À l’issue de cette heure de spectacle, Behemoth confirme qu’il est bien plus qu’un groupe de metal extrême : c’est une véritable expérience audiovisuelle. Une performance monumentale qui restera sans aucun doute comme l’un des grands moments visuels et musicaux de cette édition du festival.

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Hatebreed conclut la nuit dans la sueur et la fraternité

Pour refermer cette troisième journée, c’est à Hatebreed que revient l’honneur d’investir la Warzone. Un choix qui ne doit rien au hasard tant le groupe américain est devenu, au fil des années, l’une des valeurs sûres du hardcore mondial. Malgré la fatigue accumulée après une journée particulièrement dense, personne ne semble prêt à quitter le festival. Dès l’arrivée de Jamey Jasta sur scène, l’excitation est palpable et il ne faut que quelques secondes au chanteur pour déclencher une véritable émeute.

« I Will Be Heard » ouvre les hostilités dans une explosion de décibels. Immédiatement, la Warzone se transforme en un immense champ de bataille où se mêlent circle pits, two-step, slams et crowdsurfs. Le groupe en profite pour dévoiler un nouveau morceau encore inédit, accueilli avec enthousiasme par un public curieux de découvrir la prochaine évolution de Hatebreed. Sans laisser le moindre temps de répit, « A Call For Blood » puis « Make The Demons Obey » viennent maintenir la pression à un niveau maximal, tandis que Jasta harangue sans relâche les festivaliers, les invitant à donner tout ce qu’il leur reste d’énergie.

La démonstration de force se poursuit avec une succession de classiques devenus incontournables. « Live For This », « To The Threshold », « In Ashes They Shall Reap », « Perseverance », « This Is Now » ou encore « Smash Your Enemies » sont accueillis comme de véritables hymnes. Chaque refrain est repris avec une intensité impressionnante par une foule qui semble avoir retrouvé un second souffle. Les premiers rangs ne cessent de bouger, les slammeurs défilent sans interruption au-dessus de la fosse et les équipes de sécurité ne connaissent pas un instant de répit.

Fidèle à son image, Hatebreed ne cherche jamais la sophistication inutile. Le groupe va droit au but, enchaînant les morceaux avec une efficacité redoutable et une puissance qui ne faiblit jamais. Les riffs massifs, la section rythmique implacable et la voix rugueuse de Jamey Jasta composent un cocktail explosif qui transforme une nouvelle fois la Warzone en l’un des lieux les plus intenses du festival.

Lorsque résonnent les premières notes de « Looking Down The Barrel Of Today », les derniers survivants de cette interminable journée trouvent encore la force de lever les poings et de reprendre chaque parole à l’unisson. Dans une ultime explosion d’énergie, la Warzone célèbre une dernière fois l’esprit de fraternité propre au hardcore avant que les lumières ne s’éteignent définitivement.

Hatebreed conclut ainsi le samedi avec une prestation à son image : directe, fédératrice et d’une efficacité implacable. Une fin de soirée idéale pour refermer une journée exceptionnelle qui aura vu se succéder toutes les facettes de la musique extrême, du thrash au black metal, du nu metal au hardcore, dans une communion permanente entre les artistes et un public une nouvelle fois à la hauteur de l’événement.

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Bilan du jour

Entre la violence frontale de Kublai Khan TX et Hatebreed, la classe intemporelle d’Anthrax et Megadeth, l’élégance d’A Perfect Circle, la grand-messe noire de Behemoth et l’immense fête offerte par Limp Bizkit, cette troisième journée s’impose déjà comme l’un des sommets de cette édition du Hellfest.

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