MozHell Open Air /
Le 25 Juillet 2026 /
Insming (57) /
Notre avis : 5/5.
Après une première journée déjà riche en décibels, le MozHell Open Air poursuivait son ascension avec une seconde affiche particulièrement éclectique, capable de faire cohabiter metal alternatif, hardcore, goregrind, nu metal et groove. Une journée où les découvertes ont côtoyé les formations confirmées dans une ambiance toujours aussi chaleureuse.
ASHEN ouvre les festivités avec intensité
Les Parisiens d’ASHEN ont la responsabilité d’ouvrir cette deuxième journée du MozHell. Une mission parfaitement relevée par le quintet, qui impose rapidement son univers à travers un metal moderne où se côtoient mélodies aériennes, tensions émotionnelles et déferlements de puissance. Fondé en 2021, le groupe a rapidement développé une identité singulière, nourrie par les expériences personnelles de ses membres, leurs traumatismes, leurs peurs et les blessures qui jalonnent leurs parcours.
Cette matière introspective constitue le cœur de compositions à la fois sombres et profondes, où chaque morceau semble traduire une forme de combat intérieur. ASHEN ne cherche pas seulement à délivrer une performance musicale : le groupe construit une véritable atmosphère, capable de faire ressentir les émotions qui traversent son univers.
Sur scène, cette dualité prend toute son ampleur. Les passages mélodiques installent des ambiances presque suspendues avant de laisser place à des riffs massifs et des explosions sonores d’une grande intensité. Les variations entre chant clair, scream et growl renforcent cette opposition permanente entre fragilité et puissance, donnant aux compositions une dimension particulièrement expressive.
Porté par une présence scénique déjà affirmée, le groupe capte rapidement l’attention du public et l’entraîne dans son monde. Entre moments de tension, envolées mélodiques et passages plus agressifs, ASHEN livre une prestation sincère et habitée, démontrant que, malgré une formation récente, le quintet possède déjà une réelle maturité artistique et une identité bien définie.

Les photos : ici.
FASHIONED FROM BONE : un mélange des genres parfaitement assumé
Originaires de Sarrebruck, les musiciens de FASHIONED FROM BONE proposent un univers difficile à enfermer dans une seule étiquette. Le trio développe une identité musicale riche, où se croisent influences metal moderne, touches alternatives et envolées plus mélodiques. Leur force réside dans cette capacité à naviguer entre différents registres, alternant efficacité immédiate et moments plus nuancés, sans jamais perdre le fil conducteur de leur musique.
Sur scène, le groupe démontre rapidement toute l’étendue de son savoir-faire. Les compositions les plus percutantes imposent une énergie brute et des riffs accrocheurs, à l’image de « Back Into Gold » ou « Black Steam », qui installent une dynamique puissante et directe. Mais FASHIONED FROM BONE ne se limite pas à une approche frontale : la formation sait également ralentir le tempo pour laisser davantage de place aux émotions et aux ambiances.
Avec « If I Had A Tale To Tell » et « How Long », le trio dévoile une facette plus introspective, portée par des atmosphères travaillées et une interprétation plus sensible. Ces moments de respiration permettent de mettre en valeur la richesse des arrangements et la capacité du groupe à créer des contrastes au sein d’un même set.
Le groupe affirme également ses convictions à travers des titres engagés comme « Slaves » ou « The Truth Is Painfull », où la puissance musicale se met au service d’un propos plus profond. Une dimension qui renforce l’impact de la prestation et donne une véritable cohérence à l’ensemble du concert.
La fin du set, portée par « Part Of You » et « Feels Like Home », confirme la capacité de FASHIONED FROM BONE à conjuguer intensité, mélodie et sincérité. Entre énergie brute et réflexion, le trio sarrois livre une prestation équilibrée, démontrant qu’il est possible d’explorer plusieurs territoires musicaux tout en conservant une véritable efficacité scénique.

Les photos : ici.
GUTALAX : le chaos organisé
Impossible de rester sérieux lorsque GUTALAX investit la scène. Les Tchèques transforment instantanément le festival en immense terrain de jeu où l’absurde, l’humour et l’énergie musicale s’entremêlent dans un spectacle totalement décomplexé. Véritable ovni de la scène goregrind, le groupe assume pleinement son approche décalée, mêlant des compositions ultra rapides à un univers visuel et scénique totalement improbable.
Dès les premiers instants, GUTALAX impose son ambiance unique. Leur goregrind volontairement excessif, porté par des rythmiques explosives, des vocaux gutturaux et un humour omniprésent, provoque immédiatement une réaction du public. Les premiers pogos se transforment rapidement en véritables vagues humaines, les circle pits se multiplient et les éclats de rire accompagnent une prestation où le second degré règne en maître.
Sur scène, les musiciens cultivent ce joyeux chaos avec une précision impressionnante. Les accessoires gonflables envahissent rapidement la fosse, donnant des allures de fête déjantée à un concert déjà hors normes. Derrière l’apparente folie, le groupe démontre une réelle maîtrise de son spectacle, alternant déferlements sonores et moments de complicité avec un public qui se prend immédiatement au jeu.
Loin d’être une simple parenthèse humoristique, la prestation de GUTALAX repose sur une véritable générosité scénique. Le groupe parvient à rassembler les festivaliers autour d’un moment totalement unique, où les amateurs de metal extrême côtoient les curieux venus découvrir cette proposition aussi surprenante qu’efficace.
Une prestation aussi déjantée que fédératrice, qui apporte une touche de folie bienvenue au MozHell et rappelle que le metal sait aussi se jouer des codes avec humour et autodérision.

Les photos : ici.
OLDEN WORLD LIMIT joue à domicile
Originaire de Thionville, OLDEN WORLD LIMIT bénéficie d’un soutien massif du public mosellan, venu en nombre pour accompagner l’un des représentants de la scène metal régionale. Dès les premiers morceaux, le lien entre le groupe et les festivaliers apparaît évident. Les échanges sont constants, les appels au public trouvent immédiatement un écho et chaque sollicitation de la formation déclenche une réaction collective. Les traditionnels « Est-ce que vous êtes toujours chauds ? » reçoivent une réponse sans équivoque : les bras se lèvent, les voix s’élèvent et les pogos se multiplient devant la scène.
Cette proximité constitue l’une des grandes forces du groupe. OLDEN WORLD LIMIT ne se contente pas d’enchaîner les morceaux : la formation construit un véritable moment de partage avec son audience, portée par une énergie communicative et une présence scénique qui ne laisse aucun répit. Entre riffs puissants, rythmiques efficaces et refrains fédérateurs, le quintet démontre une nouvelle fois sa capacité à transformer un concert en véritable communion.
Le groupe fait naturellement la part belle à son dernier album Le Chant des Abysses, dont plusieurs titres viennent structurer la prestation. « Ovni », « Nouveaux Héros », « Double Tranchant » ou encore « Vérité » illustrent parfaitement l’évolution musicale de la formation, entre puissance metal, mélodies accrocheuses et textes qui conservent une forte dimension personnelle.
Les anciens morceaux, qui ont contribué à construire la réputation du groupe, trouvent également toute leur place dans ce set généreux. « Une Personne De Trop », « Chacun Son Périple » ou « Laissez Moi » rappellent le chemin parcouru par OLDEN WORLD LIMIT et l’attachement qui s’est créé au fil des années avec son public.
Avec cette prestation énergique et fédératrice, la formation thionvilloise confirme qu’elle possède tous les atouts pour continuer à s’imposer parmi les groupes qui comptent sur la scène metal française. Une nouvelle démonstration de force, portée par un public conquis et une identité musicale désormais solidement affirmée.

Les photos : ici.
STICK TO YOUR GUNS : leçon de hardcore
Les Californiens de STICK TO YOUR GUNS prennent ensuite possession de la scène avec une intensité qui ne faiblira jamais. Figure majeure de la scène hardcore mélodique américaine, le groupe impose immédiatement son énergie et son engagement, mêlant puissance, mélodies fédératrices et textes portés par une véritable dimension sociale.
Dès l’ouverture sur « What Choice Did You Give Us? », le ton est donné. Les premiers accords déclenchent une réaction immédiate dans la fosse : les mouvements de foule s’intensifient, les premiers slams apparaissent et le public se laisse emporter par cette déferlante sonore. STICK TO YOUR GUNS installe rapidement cette connexion particulière qui fait la force de ses prestations, entre rage musicale et communion collective.
Le groupe traverse ensuite différentes périodes de sa carrière avec un set particulièrement équilibré. De « Such Pain » à « What Goes Around », en passant par « Married To The Noise » ou « Universal Language », la formation enchaîne les morceaux avec une efficacité redoutable, alternant passages mélodiques et explosions hardcore sans jamais laisser retomber la tension. Chaque titre apporte son lot d’énergie, porté par des refrains fédérateurs repris par une foule totalement investie.
Au centre de cette tempête, Jesse Barnett impressionne par sa présence scénique et son implication permanente. Le chanteur ne se contente pas d’interpréter ses morceaux : il échange avec le public, transmet les messages qui traversent les compositions et entretient cette proximité qui transforme le concert en véritable moment de partage.
La prestation monte encore en puissance jusqu’à la conclusion avec « Against Them All », véritable hymne du groupe qui achève de galvaniser les festivaliers. Avec ce final implacable, STICK TO YOUR GUNS confirme son statut de référence du hardcore mélodique contemporain et offre au MozHell un moment d’une rare intensité, entre puissance, émotion et engagement.

Les photos : ici.
BROK’N’FACE : le groove en partage
Créé en 2023, BROK’N’FACE apporte une touche résolument festive à cette journée du MozHell. La jeune formation parisienne arrive sur scène avec l’envie manifeste de partager son énergie et de créer un véritable moment de communion avec le public. Dès les premières minutes, le groupe impose son univers à travers des compositions directes, efficaces et pensées pour la scène.
Avec ses riffs accrocheurs, ses refrains fédérateurs et une énergie communicative, BROK’N’FACE mise avant tout sur l’interaction. La formation ne tarde pas à embarquer les festivaliers dans son univers, multipliant les échanges et les appels à la participation. Chaque morceau devient un prétexte au partage, porté par une approche spontanée et généreuse.
La recette fonctionne immédiatement : la fosse saute, chante et répond aux sollicitations du groupe, créant une ambiance particulièrement chaleureuse devant la scène. Derrière cette apparente simplicité se cache une réelle maîtrise des codes du live, avec des musiciens capables de transmettre leur enthousiasme et de maintenir une dynamique constante.
Malgré une création récente, BROK’N’FACE affiche déjà une belle maturité scénique. Le groupe démontre qu’il possède les ingrédients nécessaires pour se faire une place sur la scène rock/metal actuelle : des morceaux accessibles, une forte présence sur scène et surtout cette capacité à rassembler un public autour d’une énergie positive et communicative.

Les photos : ici.
P.O.D. : une démonstration de maîtrise
Très attendus, les Américains de P.O.D. concluent cette deuxième journée du MozHell avec une prestation à la hauteur des attentes. Fort de plus de trente ans de carrière, le groupe californien démontre qu’il n’a rien perdu de son impact scénique et de cette énergie communicative qui a contribué à faire de lui l’une des formations emblématiques de la fusion metal des années 2000.
Dès les premières secondes, le public est plongé dans l’univers de P.O.D. avec « Boom » et « Rock The Party (Off The Hook) ». Les riffs puissants, les influences reggae, hip-hop et metal ainsi que la voix reconnaissable de Sonny Sandoval rappellent immédiatement la période où le groupe s’est imposé sur la scène internationale. Devant une foule conquise, l’ambiance monte rapidement, portée par des refrains fédérateurs et une énergie intacte.
Le groupe puise ensuite largement dans son imposante discographie, alternant les grands classiques et des titres plus récents. De « Satellite » à « Southtown », en passant par « Murdered Love » ou « Sleeping Awake », P.O.D. traverse les différentes étapes de son parcours avec un set équilibré qui témoigne de la richesse de son répertoire. Chaque morceau rappelle une époque différente, mais conserve cette même capacité à rassembler le public autour d’une musique à la fois puissante et accessible.
La formation réserve également quelques surprises, notamment avec une reprise de « Don’t Let Me Down » des Beatles, qui apporte une respiration bienvenue au milieu d’un concert largement dominé par les guitares et les rythmiques percutantes. Une parenthèse qui permet de mettre en lumière une autre facette du groupe et son goût pour les mélanges d’influences.
Mais le véritable sommet de la soirée intervient lorsque résonnent les premières notes de « Youth Of The Nation ». Véritable hymne générationnel, le titre est repris par des centaines de voix et transforme le festival en un immense chœur collectif. Un moment suspendu où la nostalgie rencontre l’émotion, rappelant l’empreinte laissée par P.O.D. auprès de plusieurs générations de fans.
Pour conclure cette deuxième journée, « Alive » apporte une dernière décharge d’énergie et referme la soirée dans une ambiance euphorique. Avec cette prestation généreuse, P.O.D. prouve que, plus de trente ans après ses débuts, son message, ses mélodies et sa puissance scénique restent toujours aussi efficaces.

Les photos : ici.
Une programmation sans faute
Cette deuxième journée confirme tout l’intérêt de la programmation du MozHell Open Air 2026. Entre jeunes formations ambitieuses, représentants de la scène régionale et références internationales, le festival démontre une nouvelle fois sa capacité à réunir des univers très différents autour d’une même passion pour les musiques extrêmes.
#Live / #Report / #LiveReport / #Review / #LiveReview / #Photos / #Pictures
Le 25 Juillet 2026 /
Insming (57) /
Notre avis : 5/5.
Après une première journée déjà riche en décibels, le MozHell Open Air poursuivait son ascension avec une seconde affiche particulièrement éclectique, capable de faire cohabiter metal alternatif, hardcore, goregrind, nu metal et groove. Une journée où les découvertes ont côtoyé les formations confirmées dans une ambiance toujours aussi chaleureuse.
ASHEN ouvre les festivités avec intensité
Les Parisiens d’ASHEN ont la responsabilité d’ouvrir cette deuxième journée du MozHell. Une mission parfaitement relevée par le quintet, qui impose rapidement son univers à travers un metal moderne où se côtoient mélodies aériennes, tensions émotionnelles et déferlements de puissance. Fondé en 2021, le groupe a rapidement développé une identité singulière, nourrie par les expériences personnelles de ses membres, leurs traumatismes, leurs peurs et les blessures qui jalonnent leurs parcours.
Cette matière introspective constitue le cœur de compositions à la fois sombres et profondes, où chaque morceau semble traduire une forme de combat intérieur. ASHEN ne cherche pas seulement à délivrer une performance musicale : le groupe construit une véritable atmosphère, capable de faire ressentir les émotions qui traversent son univers.
Sur scène, cette dualité prend toute son ampleur. Les passages mélodiques installent des ambiances presque suspendues avant de laisser place à des riffs massifs et des explosions sonores d’une grande intensité. Les variations entre chant clair, scream et growl renforcent cette opposition permanente entre fragilité et puissance, donnant aux compositions une dimension particulièrement expressive.
Porté par une présence scénique déjà affirmée, le groupe capte rapidement l’attention du public et l’entraîne dans son monde. Entre moments de tension, envolées mélodiques et passages plus agressifs, ASHEN livre une prestation sincère et habitée, démontrant que, malgré une formation récente, le quintet possède déjà une réelle maturité artistique et une identité bien définie.
Les photos : ici.
FASHIONED FROM BONE : un mélange des genres parfaitement assumé
Originaires de Sarrebruck, les musiciens de FASHIONED FROM BONE proposent un univers difficile à enfermer dans une seule étiquette. Le trio développe une identité musicale riche, où se croisent influences metal moderne, touches alternatives et envolées plus mélodiques. Leur force réside dans cette capacité à naviguer entre différents registres, alternant efficacité immédiate et moments plus nuancés, sans jamais perdre le fil conducteur de leur musique.
Sur scène, le groupe démontre rapidement toute l’étendue de son savoir-faire. Les compositions les plus percutantes imposent une énergie brute et des riffs accrocheurs, à l’image de « Back Into Gold » ou « Black Steam », qui installent une dynamique puissante et directe. Mais FASHIONED FROM BONE ne se limite pas à une approche frontale : la formation sait également ralentir le tempo pour laisser davantage de place aux émotions et aux ambiances.
Avec « If I Had A Tale To Tell » et « How Long », le trio dévoile une facette plus introspective, portée par des atmosphères travaillées et une interprétation plus sensible. Ces moments de respiration permettent de mettre en valeur la richesse des arrangements et la capacité du groupe à créer des contrastes au sein d’un même set.
Le groupe affirme également ses convictions à travers des titres engagés comme « Slaves » ou « The Truth Is Painfull », où la puissance musicale se met au service d’un propos plus profond. Une dimension qui renforce l’impact de la prestation et donne une véritable cohérence à l’ensemble du concert.
La fin du set, portée par « Part Of You » et « Feels Like Home », confirme la capacité de FASHIONED FROM BONE à conjuguer intensité, mélodie et sincérité. Entre énergie brute et réflexion, le trio sarrois livre une prestation équilibrée, démontrant qu’il est possible d’explorer plusieurs territoires musicaux tout en conservant une véritable efficacité scénique.
Les photos : ici.
GUTALAX : le chaos organisé
Impossible de rester sérieux lorsque GUTALAX investit la scène. Les Tchèques transforment instantanément le festival en immense terrain de jeu où l’absurde, l’humour et l’énergie musicale s’entremêlent dans un spectacle totalement décomplexé. Véritable ovni de la scène goregrind, le groupe assume pleinement son approche décalée, mêlant des compositions ultra rapides à un univers visuel et scénique totalement improbable.
Dès les premiers instants, GUTALAX impose son ambiance unique. Leur goregrind volontairement excessif, porté par des rythmiques explosives, des vocaux gutturaux et un humour omniprésent, provoque immédiatement une réaction du public. Les premiers pogos se transforment rapidement en véritables vagues humaines, les circle pits se multiplient et les éclats de rire accompagnent une prestation où le second degré règne en maître.
Sur scène, les musiciens cultivent ce joyeux chaos avec une précision impressionnante. Les accessoires gonflables envahissent rapidement la fosse, donnant des allures de fête déjantée à un concert déjà hors normes. Derrière l’apparente folie, le groupe démontre une réelle maîtrise de son spectacle, alternant déferlements sonores et moments de complicité avec un public qui se prend immédiatement au jeu.
Loin d’être une simple parenthèse humoristique, la prestation de GUTALAX repose sur une véritable générosité scénique. Le groupe parvient à rassembler les festivaliers autour d’un moment totalement unique, où les amateurs de metal extrême côtoient les curieux venus découvrir cette proposition aussi surprenante qu’efficace.
Une prestation aussi déjantée que fédératrice, qui apporte une touche de folie bienvenue au MozHell et rappelle que le metal sait aussi se jouer des codes avec humour et autodérision.
Les photos : ici.
OLDEN WORLD LIMIT joue à domicile
Originaire de Thionville, OLDEN WORLD LIMIT bénéficie d’un soutien massif du public mosellan, venu en nombre pour accompagner l’un des représentants de la scène metal régionale. Dès les premiers morceaux, le lien entre le groupe et les festivaliers apparaît évident. Les échanges sont constants, les appels au public trouvent immédiatement un écho et chaque sollicitation de la formation déclenche une réaction collective. Les traditionnels « Est-ce que vous êtes toujours chauds ? » reçoivent une réponse sans équivoque : les bras se lèvent, les voix s’élèvent et les pogos se multiplient devant la scène.
Cette proximité constitue l’une des grandes forces du groupe. OLDEN WORLD LIMIT ne se contente pas d’enchaîner les morceaux : la formation construit un véritable moment de partage avec son audience, portée par une énergie communicative et une présence scénique qui ne laisse aucun répit. Entre riffs puissants, rythmiques efficaces et refrains fédérateurs, le quintet démontre une nouvelle fois sa capacité à transformer un concert en véritable communion.
Le groupe fait naturellement la part belle à son dernier album Le Chant des Abysses, dont plusieurs titres viennent structurer la prestation. « Ovni », « Nouveaux Héros », « Double Tranchant » ou encore « Vérité » illustrent parfaitement l’évolution musicale de la formation, entre puissance metal, mélodies accrocheuses et textes qui conservent une forte dimension personnelle.
Les anciens morceaux, qui ont contribué à construire la réputation du groupe, trouvent également toute leur place dans ce set généreux. « Une Personne De Trop », « Chacun Son Périple » ou « Laissez Moi » rappellent le chemin parcouru par OLDEN WORLD LIMIT et l’attachement qui s’est créé au fil des années avec son public.
Avec cette prestation énergique et fédératrice, la formation thionvilloise confirme qu’elle possède tous les atouts pour continuer à s’imposer parmi les groupes qui comptent sur la scène metal française. Une nouvelle démonstration de force, portée par un public conquis et une identité musicale désormais solidement affirmée.
Les photos : ici.
STICK TO YOUR GUNS : leçon de hardcore
Les Californiens de STICK TO YOUR GUNS prennent ensuite possession de la scène avec une intensité qui ne faiblira jamais. Figure majeure de la scène hardcore mélodique américaine, le groupe impose immédiatement son énergie et son engagement, mêlant puissance, mélodies fédératrices et textes portés par une véritable dimension sociale.
Dès l’ouverture sur « What Choice Did You Give Us? », le ton est donné. Les premiers accords déclenchent une réaction immédiate dans la fosse : les mouvements de foule s’intensifient, les premiers slams apparaissent et le public se laisse emporter par cette déferlante sonore. STICK TO YOUR GUNS installe rapidement cette connexion particulière qui fait la force de ses prestations, entre rage musicale et communion collective.
Le groupe traverse ensuite différentes périodes de sa carrière avec un set particulièrement équilibré. De « Such Pain » à « What Goes Around », en passant par « Married To The Noise » ou « Universal Language », la formation enchaîne les morceaux avec une efficacité redoutable, alternant passages mélodiques et explosions hardcore sans jamais laisser retomber la tension. Chaque titre apporte son lot d’énergie, porté par des refrains fédérateurs repris par une foule totalement investie.
Au centre de cette tempête, Jesse Barnett impressionne par sa présence scénique et son implication permanente. Le chanteur ne se contente pas d’interpréter ses morceaux : il échange avec le public, transmet les messages qui traversent les compositions et entretient cette proximité qui transforme le concert en véritable moment de partage.
La prestation monte encore en puissance jusqu’à la conclusion avec « Against Them All », véritable hymne du groupe qui achève de galvaniser les festivaliers. Avec ce final implacable, STICK TO YOUR GUNS confirme son statut de référence du hardcore mélodique contemporain et offre au MozHell un moment d’une rare intensité, entre puissance, émotion et engagement.
Les photos : ici.
BROK’N’FACE : le groove en partage
Créé en 2023, BROK’N’FACE apporte une touche résolument festive à cette journée du MozHell. La jeune formation parisienne arrive sur scène avec l’envie manifeste de partager son énergie et de créer un véritable moment de communion avec le public. Dès les premières minutes, le groupe impose son univers à travers des compositions directes, efficaces et pensées pour la scène.
Avec ses riffs accrocheurs, ses refrains fédérateurs et une énergie communicative, BROK’N’FACE mise avant tout sur l’interaction. La formation ne tarde pas à embarquer les festivaliers dans son univers, multipliant les échanges et les appels à la participation. Chaque morceau devient un prétexte au partage, porté par une approche spontanée et généreuse.
La recette fonctionne immédiatement : la fosse saute, chante et répond aux sollicitations du groupe, créant une ambiance particulièrement chaleureuse devant la scène. Derrière cette apparente simplicité se cache une réelle maîtrise des codes du live, avec des musiciens capables de transmettre leur enthousiasme et de maintenir une dynamique constante.
Malgré une création récente, BROK’N’FACE affiche déjà une belle maturité scénique. Le groupe démontre qu’il possède les ingrédients nécessaires pour se faire une place sur la scène rock/metal actuelle : des morceaux accessibles, une forte présence sur scène et surtout cette capacité à rassembler un public autour d’une énergie positive et communicative.
Les photos : ici.
P.O.D. : une démonstration de maîtrise
Très attendus, les Américains de P.O.D. concluent cette deuxième journée du MozHell avec une prestation à la hauteur des attentes. Fort de plus de trente ans de carrière, le groupe californien démontre qu’il n’a rien perdu de son impact scénique et de cette énergie communicative qui a contribué à faire de lui l’une des formations emblématiques de la fusion metal des années 2000.
Dès les premières secondes, le public est plongé dans l’univers de P.O.D. avec « Boom » et « Rock The Party (Off The Hook) ». Les riffs puissants, les influences reggae, hip-hop et metal ainsi que la voix reconnaissable de Sonny Sandoval rappellent immédiatement la période où le groupe s’est imposé sur la scène internationale. Devant une foule conquise, l’ambiance monte rapidement, portée par des refrains fédérateurs et une énergie intacte.
Le groupe puise ensuite largement dans son imposante discographie, alternant les grands classiques et des titres plus récents. De « Satellite » à « Southtown », en passant par « Murdered Love » ou « Sleeping Awake », P.O.D. traverse les différentes étapes de son parcours avec un set équilibré qui témoigne de la richesse de son répertoire. Chaque morceau rappelle une époque différente, mais conserve cette même capacité à rassembler le public autour d’une musique à la fois puissante et accessible.
La formation réserve également quelques surprises, notamment avec une reprise de « Don’t Let Me Down » des Beatles, qui apporte une respiration bienvenue au milieu d’un concert largement dominé par les guitares et les rythmiques percutantes. Une parenthèse qui permet de mettre en lumière une autre facette du groupe et son goût pour les mélanges d’influences.
Mais le véritable sommet de la soirée intervient lorsque résonnent les premières notes de « Youth Of The Nation ». Véritable hymne générationnel, le titre est repris par des centaines de voix et transforme le festival en un immense chœur collectif. Un moment suspendu où la nostalgie rencontre l’émotion, rappelant l’empreinte laissée par P.O.D. auprès de plusieurs générations de fans.
Pour conclure cette deuxième journée, « Alive » apporte une dernière décharge d’énergie et referme la soirée dans une ambiance euphorique. Avec cette prestation généreuse, P.O.D. prouve que, plus de trente ans après ses débuts, son message, ses mélodies et sa puissance scénique restent toujours aussi efficaces.
Les photos : ici.
Une programmation sans faute
Cette deuxième journée confirme tout l’intérêt de la programmation du MozHell Open Air 2026. Entre jeunes formations ambitieuses, représentants de la scène régionale et références internationales, le festival démontre une nouvelle fois sa capacité à réunir des univers très différents autour d’une même passion pour les musiques extrêmes.
#Live / #Report / #LiveReport / #Review / #LiveReview / #Photos / #Pictures
By Fabrice A. • Reportage Concert, Reportage Festival, Reportages 0 • Tags: Ashen, Brok'N'Face, Fashioned From Bone, Gutalax, Insming, Mozhell, Mozhell Open Air, Olden World Limit, P.O.D., POD, Stick To Your Guns