Les Eurockéennes /

Le 02 Juillet 2026 /

Belfort (90) /

Notre avis : 5/5.


Les Eurockéennes 2026 ont lancé leur édition sous un soleil généreux et dans une ambiance électrique. Entre la furie garage d’Upchuck, le retour très attendu de Social Distortion, le show fédérateur de The Offspring et la déflagration hard rock d’Airbourne, cette première journée a rappelé pourquoi le festival reste l’un des grands rendez-vous Européens des musiques amplifiées.

Upchuck lance l’édition 2026

Les festivités sont lancées avec Upchuck, qui ne met que quelques secondes à faire grimper la température. Le quintette d’Atlanta, conduit par l’inépuisable KT, déverse un punk féroce où se croisent hardcore, noise, garage et même quelques nuances shoegaze. Une recette explosive qui transforme rapidement la fosse en champ de bataille et lance les premiers pogos du week-end.

Puisant dans les morceaux de ses trois albums parus depuis 2022, la formation enchaîne les compositions avec une intensité constante. Les riffs saturés de « Forgotten Token » et « Freaky » rappellent ses racines garage les plus abrasives, tandis que « New Case » dévoile un visage plus mélodique aux accents indie pop. Avec « Nyag », Upchuck renoue ensuite avec une noisy pop rugueuse, avant de porter l’estocade sur les titres les plus véloces. « In Your Mind » et « Our Skin », propulsés par une urgence hardcore irrésistible, soulignent ce que le groupe fait de mieux : des morceaux courts, nerveux et sans concession.

Porté par une énergie brute, une présence scénique incendiaire et une éthique DIY assumée, Upchuck livre une prestation aussi intense que fédératrice. Une entrée en matière idéale qui s’impose comme l’un des temps forts de cette première journée.

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Social Distortion, l’élégance du punk rock

Le changement d’atmosphère est immédiat lorsque Social Distortion fait son entrée. Fidèle à sa réputation, le groupe emmené par Mike Ness propose un concert sans artifices, porté par une efficacité implacable. Dès les premières notes de « Born To Kill », le ton est donné. S’enchaînent ensuite « Untitled », « Tonight », « No Way Out » et « The Creeps », autant de titres qui témoignent de la richesse et de la cohérence d’un répertoire devenu incontournable.

Toujours aussi charismatique, Mike Ness affiche un style qui n’a rien perdu de son identité. Pantalon noir, chemise et chaussures blanches, tatouages apparents et pendentif en forme de fer à cheval, il incarne à lui seul l’esthétique intemporelle de Social Distortion. À ses côtés, Bret Harding à la basse, Johnny Wickersham à la guitare, avec sa banane parfaitement gominée, David Hidalgo derrière les fûts et David Kalish aux claviers forment une équipe soudée, aussi élégante que redoutablement efficace.

En parcourant les différentes périodes de sa carrière, le quintette alterne morceaux cultes et titres plus récents avec une remarquable aisance. Les incontournables « Mommy’s Little Monster », « Partners In Crime », « Through These Eyes » et surtout « Story Of My Life » déclenchent une ferveur immédiate, le public reprenant en chœur chaque refrain.

La tension monte encore d’un cran dans le dernier acte avec « Reach For The Sky », « Dear Lover » puis « Don’t Drag Me Down », ultime déflagration qui clôt un concert intense, sans baisse de régime. Une nouvelle démonstration du savoir-faire de Social Distortion, dont la puissance scénique et l’authenticité continuent de faire référence dans le paysage du punk rock Américain.

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The Offspring transforme le Malsaucy en gigantesque karaoké

C’est ensuite au tour de The Offspring de faire son entrée, sous l’ovation d’un public déjà conquis. Dès « Come Out And Play », les premiers rangs s’embrasent et l’intensité ne faiblira plus pendant près d’une heure trente. Fidèles à leur réputation, les Californiens déroulent un impressionnant catalogue de tubes : « All I Want » déchaîne immédiatement la fosse, « Want You Bad » s’accompagne de l’apparition d’un clavecin sur scène, « Looking Out For #1 » confirme l’énergie du groupe, tandis que « Staring At The Sun » est reprise avec ferveur par des milliers de festivaliers.

Le medley « Hit That / Original Prankster » fait son effet, avant qu’une version revisitée de « Hammerhead » ne vienne apporter une touche de fraîcheur au set. Deux gigantesques squelettes gonflables, crachant des volutes de fumée, surgissent sur scène, renforçant encore la dimension spectaculaire du show. The Offspring ne manque pas non plus de surprendre en multipliant les clins d’œil musicaux : « Electric Funeral / Paranoid » de Black Sabbath, « Crazy Train » d’Ozzy Osbourne, le célèbre thème « In The Hall Of The Mountain King » d’Edvard Grieg, ou encore une improbable citation de « Love Story » de Taylor Swift, accueillie avec autant d’étonnement que d’amusement.

L’ambiance atteint un nouveau sommet sur « Bad Habit », enrichi d’un clin d’œil au récent « Come To Brazil ». Après « Walla Walla » et « Gotta Get Away », un solo de batterie fait monter la tension avant que d’immenses ballons soient envoyés dans la foule au son de « Why Don’t You Get A Job ? ». La fête se poursuit avec « Pretty Fly (For A White Guy) » puis « The Kids Aren’t Alright », repris avec une ferveur intacte.

Le rappel ne laisse aucun répit. « You’re Gonna Go Far, Kid » ouvre cette ultime salve, suivi d’une brève reprise de « Seven Nation Army », dont le célèbre riff est instantanément repris par l’ensemble du public. Le concert s’achève sur un monumental « Self Esteem », porté par un refrain chanté à l’unisson par plusieurs dizaines de milliers de voix. Une prestation aussi généreuse qu’efficace, qui rappelle pourquoi The Offspring reste une valeur sûre des grandes scènes et l’un des groupes les plus redoutables en festival.

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Airbourne conclut la journée en apothéose

Il revient enfin à Airbourne de conclure cette première journée, une responsabilité que les Australiens assument avec une efficacité implacable. Dès « Gusty », Joel O’Keeffe impose son tempérament explosif. Guitare vissée sur les épaules, amplis rugissants, riffs acérés et attitude résolument rock’n’roll, le frontman électrise instantanément le public. Sur scène, l’agitation est permanente : il traverse la scène sans relâche, grimpe sur les retours, harangue la foule et insuffle une énergie contagieuse à ses partenaires.

Sans jamais lever le pied, Airbourne enchaîne « Too Much, Too Young, Too Fast », « Blonde, Bad And Beautiful », « Hungry », « Back In The Game » et « Raise The Flag » avec une intensité qui ne faiblit pas. Chaque morceau est accueilli avec ferveur par une foule entièrement acquise à la cause du quatuor Australien. Les refrains fédérateurs de « Cheap Wine & Cheaper Women », « Breakin’ Outta Hell » et « Alive After Death (Last Plane Out) » résonnent à l’unisson, tandis que les premiers rangs s’animent dans une succession ininterrompue de pogos, de headbangings et de bras levés.

Le bouquet final ne fait qu’amplifier cette déferlante d’énergie. « Live It Up », « Stand Up For Rock ‘n’ Roll », « Ready To Rock » et l’inévitable « Runnin’ Wild » transforment définitivement la presqu’île du Malsaucy en un immense terrain de jeu dédié au rock le plus brut. Sans fioritures, mais avec une générosité et une intensité de chaque instant, Airbourne signe une prestation aussi spectaculaire que fédératrice, offrant une conclusion idéale à cette première journée de festival.

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Une première journée qui donne le ton

Entre découvertes, vétérans toujours inspirés et têtes d’affiche parfaitement au rendez-vous, cette première journée des Eurockéennes 2026 aura offert un condensé de ce que le festival sait faire de mieux : des concerts généreux, une ambiance exceptionnelle et des milliers de festivaliers déjà impatients de découvrir la suite du programme.

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