Les Eurockéennes /

Le 03 Juillet 2026 /

Belfort (90) /

Notre avis : 5/5.


Après une première journée lancée sur les chapeaux de roue, cette deuxième journée des Eurockéennes a confirmé l’ADN du festival : faire cohabiter découvertes, singularités artistiques et déferlantes d’énergie. De la délicatesse folk de Dove Ellis au chaos jubilatoire d’Ultra Vomit, en passant par l’art-rock incandescent de Man/Woman/Chainsaw, le metal survolté de Rise Of The Northstar et les brûlots électro-punk de Sleaford Mods, la programmation a offert un panorama aussi éclectique qu’intense.

Man/Woman/Chainsaw, le chaos comme signature

Premiers à marquer les esprits, les Londoniens de Man/Woman/Chainsaw ont prouvé pourquoi ils sont déjà considérés comme l’un des groupes les plus excitants de la nouvelle scène britannique. Héritiers de la Windmill Scene, le quintet a transformé la scène en véritable laboratoire sonore, alternant explosions noise, envolées mélodiques et tensions permanentes.

Dès Only Girl, le ton est donné. Les morceaux s’enchaînent avec une intensité rarement retombée, de Canyons à Get Up and Dance, tandis que Flick of the Wrist, joué pour la première fois en concert, apporte une touche d’exclusivité très appréciée. Entre la rage de Goddamn, Lizard Man!, les respirations offertes par Lighter et le final puissant de Nosedive, le groupe confirme que sa réputation scénique n’est en rien usurpée.

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Dove Ellis, la parenthèse suspendue

Changement total d’atmosphère avec Dove Ellis. Le jeune Irlandais a installé une bulle de douceur au cœur de l’après-midi grâce à une folk délicate portée par une voix de falsetto saisissante, évoquant parfois Jeff Buckley ou Thom Yorke.

Les titres Pale Song, When You Tie Your Hair Up, Heaven Has No Wings ou encore Little Left Hope plongent le public dans une mélancolie lumineuse, tandis que To the Sandals, son premier single remarqué outre-Manche, est accueilli avec une attention particulière. En clôturant avec Nest Among Stars, Dove Ellis confirme qu’il n’a pas besoin d’artifices pour captiver : simplement une guitare, une voix et une sincérité désarmante.

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Ultra Vomit, enfin !

Il aura fallu attendre longtemps. Programmés aux Eurockéennes en 2020, 2022 puis 2025 sans jamais pouvoir monter sur scène à cause du Covid, d’une tempête puis d’arrêts maladie, Ultra Vomit a enfin brisé la malédiction.

Le groupe nantais a offert exactement ce que le public était venu chercher : une immense fête absurde où le metal côtoie les comptines et les parodies les plus improbables. Evier Metal, Le Coq, Doigts de Metal et Quand j’étais petit lancent une succession de morceaux délirants qui ne laisse aucun répit.

Le public répond présent sur Takoyaki, Ricard Peinard, Patatas Bravas, Mortal Konkass ou encore Je collectionne des canards (vivants). La reprise de Les brunes comptent pas pour des prunes de Lio déclenche un immense moment de communion avant un final explosif avec La puissance du pouvoir, Kammthaar et l’inévitable A.N.U.S.. Après tant d’annulations, cette première aux Eurocks restera comme un moment particulièrement attendu… et largement à la hauteur.

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Rise Of The Northstar fait exploser la Green Room

Avec leur mélange unique de metalcore, de groove, de hip-hop et d’esthétique manga, Rise Of The Northstar n’a pas tardé à transformer la fosse en gigantesque champ de bataille.

Neo Paris ouvre les hostilités avant que Showdown, Welcame (Furyo State of Mind) et Underrated ne fassent monter la température. Les riffs massifs de Here Comes the Boom, Falcon et One Love entretiennent un pit permanent, tandis que Back 2 Basics, en collaboration avec LANDMVRKS, est particulièrement acclamé.

Le final sur A.I.R. Max puis Rise achève de confirmer la réputation scénique du groupe francilien : une véritable bombe d’énergie qui n’a laissé aucun répit aux festivaliers.

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Sleaford Mods, colère froide venue d’Angleterre

Dix ans après leur dernier passage aux Eurockéennes, Sleaford Mods retrouvait Belfort avec une rage intacte. Toujours aussi minimaliste musicalement, le duo britannique s’appuie sur les productions électroniques de Andrew Fearn pour laisser Jason Williamson éructer ses textes acerbes contre les fractures sociales et politiques de son pays.

De The Good Life à Megaton, UK GRIM, Bang Someone Out ou Double Diamond, le duo déroule son spoken word abrasif avec une efficacité implacable. La reprise de West End Girls des Pet Shop Boys apporte une respiration inattendue avant que Jobseeker, Elitest G.O.A.T et Tweet Tweet Tweet ne concluent un concert aussi tendu que percutant.

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Une journée placée sous le signe des contrastes

Rarement une journée aura autant joué sur les contrastes. Entre l’avant-garde bouillonnante de Man/Woman/Chainsaw, la sensibilité de Dove Ellis, l’humour dévastateur d’Ultra Vomit, la puissance de Rise Of The Northstar et la colère sociale de Sleaford Mods, les Eurockéennes ont une nouvelle fois démontré leur capacité à réunir des univers que tout oppose… sauf leur intensité sur scène. Une deuxième journée riche en émotions, en découvertes et en décibels, fidèle à l’esprit du festival.

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