Nancy Jazz Pulsations /
Peter Doherty + Sam Sauvage + James Baker /
Le 14 Octobre 2026 – Nancy (54) /
Notre avis : 5/5.
Ce mercredi soir, Nancy Jazz Pulsations a réuni Peter Doherty, Sam Sauvage et James Baker sous le Chapiteau de la Pépinière. Une affiche rapprochant trois personnalités et plusieurs façons d’aborder la chanson, entre héritage Britannique, pop Française et explorations indépendantes. La mélodie en point de rencontre, mais chacun lui donnant une couleur singulière. De l’écriture cinématographique de James Baker à la poésie cabossée de Peter Doherty, en passant par la franchise de Sam Sauvage, la soirée a dessiné un parcours entre sensibilités voisines et caractères bien affirmés.
JAMES BAKER, l’intime sans frontières
Chez James Baker, les frontières entre indie pop, rock et électronique restent ouvertes. Son univers se construit dans cette circulation entre les styles, avec une attention particulière portée aux atmosphères. Les chansons accueillent les souvenirs, le désir et les incertitudes, laissant apparaître des images plutôt que des réponses toutes faites.
Son projet Romy Rose prolonge cette approche narrative. La musique devient le cadre d’un récit, un espace dans lequel les sentiments se répondent et prennent différentes formes. L’intime y rencontre un goût pour la mise en scène, sans que la recherche d’ambiance efface la place des mélodies.
Dans cette affiche, James Baker représente une génération qui puise librement dans plusieurs langages musicaux. Son écriture offre une porte d’entrée vers une soirée où la personnalité de chaque artiste compte autant que son appartenance à un genre.

James Baker : Instagram / TikTok / Youtube / Linktr.ee
Les photos de la soirée : ici.
SAM SAUVAGE, les mots à vif, le corps en mouvement
Avec Sam Sauvage, la chanson Française retrouve un goût pour les angles et les aspérités. Le Boulonnais défend une écriture directe, dans laquelle les mots gardent leur poids et les sentiments leurs contradictions. Sa pop possède une ossature rock, mais elle tient surtout à une manière d’habiter les textes, de leur donner une présence qui dépasse la seule recherche du refrain. Les Gens Qui Dansent (J’Adore) et Je Ne T’Aime Plus illustrent cette rencontre entre mélodies accrocheuses et émotions à vif, avec une façon bien à lui de mêler aplomb et fragilité.
Sur scène, cette personnalité prend toute son ampleur. Énergique et dynamique, Sam Sauvage bouge, danse et accompagne ses phrases d’une gestuelle expressive. Tout le corps participe à l’interprétation : les mouvements prolongent les mots, les attitudes en soulignent les accents. Il occupe l’espace avec une aisance qui donne du relief aux chansons et entraîne le public dans son univers. Cette liberté de mouvement apporte au concert une spontanéité réjouissante, sans jamais détourner l’attention des textes.
Autour de Mesdames, Messieurs !, son univers mêle sensibilité et assurance. Une certaine élégance traverse les chansons, accompagnée d’une volonté de laisser paraître ce qui déborde : le doute, l’impatience, les élans et les désillusions. De J’Suis Pas Bo à La Fin Du Monde, on retrouve cette écriture qui expose les failles tout en conservant du mordant. Son engagement physique donne à cet équilibre une traduction immédiate : la chanson se raconte autant qu’elle se joue.
Sa place aux côtés de Peter Doherty prend ainsi tout son sens. Par-delà la langue et les générations, leurs univers partagent un attachement à la chanson incarnée, à ces voix dont la singularité tient autant au grain qu’à la façon de poser une phrase. Sam Sauvage y ajoute sa fougue et cette présence mobile, expressive, qui fait de son passage un concert plein de caractère.

Sam Sauvage : Facebook / Instagram / TikTok / Youtube / Site Officiel
Les photos de la soirée : ici.
PETER DOHERTY, l’élégance à fleur de mots
Peter Doherty apporte à cette soirée une histoire qui traverse les Libertines, Babyshambles et son œuvre personnelle. Son nom convoque tout un pan du rock britannique, mais les chansons permettent d’en saisir une dimension plus précise : celle d’un mélodiste nourri de poésie, de fragilité et d’un attachement profond aux formes populaires anglaises. Derrière la figure devenue familière, on retrouve un auteur dont les compositions tiennent autant à la finesse des mélodies qu’à cette manière singulière de laisser les sentiments à découvert.
Felt Better Alive accompagne ce nouveau chapitre. Le disque met en lumière une écriture où la douceur côtoie les fêlures, où une mélodie accueillante laisse affleurer une mélancolie plus discrète. Le morceau Felt Better Alive, comme Calvados ou Pot Of Gold, appartient à cette période qui prolonge son parcours sans chercher à en effacer les aspérités. Les chansons conservent ce mélange de tendresse et de désinvolture, cette façon de suggérer une histoire sans toujours en refermer les contours.
Ce répertoire récent dialogue avec des compositions plus anciennes, à l’image de Last Of The English Roses et d’I Am The Rain. D’une époque à l’autre, un même goût pour les mélodies sensibles se dessine, traversé par des images et des tournures qui donnent à son écriture une couleur particulière. The Fantasy Life Of Poetry & Crime, issu de sa collaboration avec Frédéric Lo, éclaire également cette proximité constante entre chanson et poésie. Ces différentes étapes composent le portrait d’un artiste dont la sensibilité dépasse largement les seuls souvenirs du rock des années 2000.
Sa voix participe pleinement à cette identité. Son grain, ses inflexions et cette façon de laisser les phrases conserver leurs irrégularités donnent aux chansons une humanité particulière. Une intonation suffit parfois à faire basculer une mélodie vers quelque chose de plus intime. Chez Doherty, l’élégance garde quelque chose de froissé ; les mots semblent conserver les traces de ce qu’ils racontent. Cette liberté dans l’interprétation rend son univers immédiatement reconnaissable et donne toute sa place à la personnalité de l’auteur.
Sous le Chapiteau de la Pépinière, sa présence vient ainsi prolonger le fil d’une soirée consacrée à des écritures affirmées. James Baker, Sam Sauvage et Peter Doherty ont emprunté des chemins différents, avec un même point d’appui : des chansons capables de porter une personnalité, ses contradictions et son regard sur le monde. Trois univers, chacun avec sa langue et sa manière d’occuper la scène, pour donner à l’affiche sa cohérence et son caractère.

Peter Doherty : Facebook / Instagram / X / Youtube / Site Officiel
Les photos de la soirée : ici.
#Live / #Report / #LiveReport / #Review / #LiveReview / #Photos / #Pictures
Peter Doherty + Sam Sauvage + James Baker /
Le 14 Octobre 2026 – Nancy (54) /
Notre avis : 5/5.
Ce mercredi soir, Nancy Jazz Pulsations a réuni Peter Doherty, Sam Sauvage et James Baker sous le Chapiteau de la Pépinière. Une affiche rapprochant trois personnalités et plusieurs façons d’aborder la chanson, entre héritage Britannique, pop Française et explorations indépendantes. La mélodie en point de rencontre, mais chacun lui donnant une couleur singulière. De l’écriture cinématographique de James Baker à la poésie cabossée de Peter Doherty, en passant par la franchise de Sam Sauvage, la soirée a dessiné un parcours entre sensibilités voisines et caractères bien affirmés.
JAMES BAKER, l’intime sans frontières
Chez James Baker, les frontières entre indie pop, rock et électronique restent ouvertes. Son univers se construit dans cette circulation entre les styles, avec une attention particulière portée aux atmosphères. Les chansons accueillent les souvenirs, le désir et les incertitudes, laissant apparaître des images plutôt que des réponses toutes faites.
Son projet Romy Rose prolonge cette approche narrative. La musique devient le cadre d’un récit, un espace dans lequel les sentiments se répondent et prennent différentes formes. L’intime y rencontre un goût pour la mise en scène, sans que la recherche d’ambiance efface la place des mélodies.
Dans cette affiche, James Baker représente une génération qui puise librement dans plusieurs langages musicaux. Son écriture offre une porte d’entrée vers une soirée où la personnalité de chaque artiste compte autant que son appartenance à un genre.
James Baker : Instagram / TikTok / Youtube / Linktr.ee
Les photos de la soirée : ici.
SAM SAUVAGE, les mots à vif, le corps en mouvement
Avec Sam Sauvage, la chanson Française retrouve un goût pour les angles et les aspérités. Le Boulonnais défend une écriture directe, dans laquelle les mots gardent leur poids et les sentiments leurs contradictions. Sa pop possède une ossature rock, mais elle tient surtout à une manière d’habiter les textes, de leur donner une présence qui dépasse la seule recherche du refrain. Les Gens Qui Dansent (J’Adore) et Je Ne T’Aime Plus illustrent cette rencontre entre mélodies accrocheuses et émotions à vif, avec une façon bien à lui de mêler aplomb et fragilité.
Sur scène, cette personnalité prend toute son ampleur. Énergique et dynamique, Sam Sauvage bouge, danse et accompagne ses phrases d’une gestuelle expressive. Tout le corps participe à l’interprétation : les mouvements prolongent les mots, les attitudes en soulignent les accents. Il occupe l’espace avec une aisance qui donne du relief aux chansons et entraîne le public dans son univers. Cette liberté de mouvement apporte au concert une spontanéité réjouissante, sans jamais détourner l’attention des textes.
Autour de Mesdames, Messieurs !, son univers mêle sensibilité et assurance. Une certaine élégance traverse les chansons, accompagnée d’une volonté de laisser paraître ce qui déborde : le doute, l’impatience, les élans et les désillusions. De J’Suis Pas Bo à La Fin Du Monde, on retrouve cette écriture qui expose les failles tout en conservant du mordant. Son engagement physique donne à cet équilibre une traduction immédiate : la chanson se raconte autant qu’elle se joue.
Sa place aux côtés de Peter Doherty prend ainsi tout son sens. Par-delà la langue et les générations, leurs univers partagent un attachement à la chanson incarnée, à ces voix dont la singularité tient autant au grain qu’à la façon de poser une phrase. Sam Sauvage y ajoute sa fougue et cette présence mobile, expressive, qui fait de son passage un concert plein de caractère.
Sam Sauvage : Facebook / Instagram / TikTok / Youtube / Site Officiel
Les photos de la soirée : ici.
PETER DOHERTY, l’élégance à fleur de mots
Peter Doherty apporte à cette soirée une histoire qui traverse les Libertines, Babyshambles et son œuvre personnelle. Son nom convoque tout un pan du rock britannique, mais les chansons permettent d’en saisir une dimension plus précise : celle d’un mélodiste nourri de poésie, de fragilité et d’un attachement profond aux formes populaires anglaises. Derrière la figure devenue familière, on retrouve un auteur dont les compositions tiennent autant à la finesse des mélodies qu’à cette manière singulière de laisser les sentiments à découvert.
Felt Better Alive accompagne ce nouveau chapitre. Le disque met en lumière une écriture où la douceur côtoie les fêlures, où une mélodie accueillante laisse affleurer une mélancolie plus discrète. Le morceau Felt Better Alive, comme Calvados ou Pot Of Gold, appartient à cette période qui prolonge son parcours sans chercher à en effacer les aspérités. Les chansons conservent ce mélange de tendresse et de désinvolture, cette façon de suggérer une histoire sans toujours en refermer les contours.
Ce répertoire récent dialogue avec des compositions plus anciennes, à l’image de Last Of The English Roses et d’I Am The Rain. D’une époque à l’autre, un même goût pour les mélodies sensibles se dessine, traversé par des images et des tournures qui donnent à son écriture une couleur particulière. The Fantasy Life Of Poetry & Crime, issu de sa collaboration avec Frédéric Lo, éclaire également cette proximité constante entre chanson et poésie. Ces différentes étapes composent le portrait d’un artiste dont la sensibilité dépasse largement les seuls souvenirs du rock des années 2000.
Sa voix participe pleinement à cette identité. Son grain, ses inflexions et cette façon de laisser les phrases conserver leurs irrégularités donnent aux chansons une humanité particulière. Une intonation suffit parfois à faire basculer une mélodie vers quelque chose de plus intime. Chez Doherty, l’élégance garde quelque chose de froissé ; les mots semblent conserver les traces de ce qu’ils racontent. Cette liberté dans l’interprétation rend son univers immédiatement reconnaissable et donne toute sa place à la personnalité de l’auteur.
Sous le Chapiteau de la Pépinière, sa présence vient ainsi prolonger le fil d’une soirée consacrée à des écritures affirmées. James Baker, Sam Sauvage et Peter Doherty ont emprunté des chemins différents, avec un même point d’appui : des chansons capables de porter une personnalité, ses contradictions et son regard sur le monde. Trois univers, chacun avec sa langue et sa manière d’occuper la scène, pour donner à l’affiche sa cohérence et son caractère.
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Les photos de la soirée : ici.
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By Fabrice A. • Reportage Concert, Reportage Festival, Reportages 0 • Tags: Chapiteau, James Baker, La Pépinière, Le Chapiteau, Nancy, Nancy Jazz Pulsations, Pépinière, Pete Doherty, Peter Doherty, Sam Sauvage