Le Gueulard Plus /
Eyes + Kibosh /
Le 16 Octobre 2026 – Nilvange (57) /
Notre avis : 5/5.
Le 16 octobre 2026, Le Gueulard Plus accueillait une double affiche qui explorait les zones les plus abrasives du hardcore. Kibosh a ouvert les festivités avant de laisser la scène aux Danois d’Eyes. Deux identités se sont croisées à Nilvange : un hardcore metal nourri de contrastes et une approche plus tortueuse, traversée de tensions noise. Les setlists ont dessiné une soirée dense, où la violence musicale a pris plusieurs visages.
KIBOSH, la fracture en ligne de mire
Originaire de Bordeaux, Kibosh développe une musique à la rencontre du hardcore punk, du metal extrême et de sensibilités emo. Ce mélange donne à son univers une couleur particulière : la rudesse y côtoie une expression plus à vif, avec le chaos comme point de jonction.
Après une introduction, Rust & Ember ouvre le parcours, suivi de Pray For The Rain. Le début du set pose les contours d’un répertoire dont les titres eux-mêmes évoquent l’usure, le manque et la confrontation. Porcelain Jab, puis Pick A Side, Suicide, prolongent cette entrée en matière sans détour. La fragilité suggérée par la porcelaine se heurte à un vocabulaire autrement plus brutal : une opposition qui trouve sa place dans l’identité du groupe.
Avec Your Shape et No Rest, Kibosh poursuit un set resserré, construit autour de neuf morceaux. Le format concentre le propos et permet d’embrasser plusieurs facettes de cette écriture, entre urgence hardcore et noirceur metal. L’intérêt du groupe tient à cette rencontre : une musique qui conserve son caractère frontal tout en laissant affleurer quelque chose de plus vulnérable.
This Place Is For Me Alone conduit ensuite vers les derniers morceaux. L’intitulé résonne comme une revendication de territoire, avant que Fiction et Smother Me ne referment le passage des Bordelais. Une première partie cohérente avec l’affiche, qui installe le versant le plus métallique de la soirée et prépare le changement de perspective proposé par Eyes.

Kibosh : Facebook / Instagram / Youtube / Linktr.ee
Les photos de la soirée : ici.
EYES, le chaos à plusieurs visages
Venus de Copenhague, les Eyes inscrivent leur hardcore dans un univers où la brutalité dialogue avec une écriture plus tourmentée. Leur troisième album, Spinner, occupe une place centrale dans cette étape du groupe, avec une inspiration puisée notamment dans les mangas d’Inio Asano et leurs portraits d’une jeunesse abîmée.
La setlist s’ouvre sur Congratulations!, avant The Captain et Better. Cette succession donne immédiatement de l’ampleur au programme : quinze titres, plusieurs périodes du répertoire et une place conséquente accordée aux compositions de Spinner. Eyes disposent ainsi de l’espace nécessaire pour déployer leur personnalité, au-delà de la seule efficacité d’un morceau isolé.
Money Mouth et Underperformer prolongent ce premier mouvement, puis Beelzebub, The Hypocrite vient en assombrir encore le vocabulaire. Chez Eyes, les intitulés ont quelque chose de grinçant. Ils convoquent l’échec, l’hypocrisie, les apparences et les rapports de force, autant de thèmes qui donnent une profondeur supplémentaire à cette musique heurtée.
Le cœur du set associe Them, Off et Spinner. Le morceau qui donne son nom au troisième album prend place au milieu du parcours, comme un point de rencontre entre les différentes directions suivies par le groupe. La tension ne repose pas seulement sur la puissance : elle appartient aussi à cet univers instable, où l’agressivité laisse entrevoir le malaise.
Avec Clown et Save Face On A Regular Basis, le programme poursuit son exploration des masques et des postures. Tearjerker puis Generation L prolongent cette galerie de titres acides, entre vulnérabilité et regard désabusé. Eyes cultivent une personnalité qui donne au hardcore une dimension aussi inquiète que mordante.
Deflating Rooms précède enfin Moving Day For The Overton Window, dernier titre annoncé de cette traversée. Le choix de cette conclusion conserve jusqu’au bout la singularité du groupe : une musique abrasive, accompagnée d’un vocabulaire qui invite à regarder au-delà de son impact immédiat.
Au Gueulard Plus, l’affiche a rassemblé ainsi deux façons d’aborder les musiques extrêmes. Kibosh en a exposé les fractures entre hardcore et metal ; Eyes en a développé les contours les plus grinçants et tourmentés. Deux propositions qui se répondaient tout en conservant leur propre caractère.

Eyes : Facebook / Instagram / TikTok / Bandcamp / Linktr.ee
Les photos de la soirée : ici.
#Live / #Report / #LiveReport / #Review / #LiveReview / #Photos / #Pictures
Eyes + Kibosh /
Le 16 Octobre 2026 – Nilvange (57) /
Notre avis : 5/5.
Le 16 octobre 2026, Le Gueulard Plus accueillait une double affiche qui explorait les zones les plus abrasives du hardcore. Kibosh a ouvert les festivités avant de laisser la scène aux Danois d’Eyes. Deux identités se sont croisées à Nilvange : un hardcore metal nourri de contrastes et une approche plus tortueuse, traversée de tensions noise. Les setlists ont dessiné une soirée dense, où la violence musicale a pris plusieurs visages.
KIBOSH, la fracture en ligne de mire
Originaire de Bordeaux, Kibosh développe une musique à la rencontre du hardcore punk, du metal extrême et de sensibilités emo. Ce mélange donne à son univers une couleur particulière : la rudesse y côtoie une expression plus à vif, avec le chaos comme point de jonction.
Après une introduction, Rust & Ember ouvre le parcours, suivi de Pray For The Rain. Le début du set pose les contours d’un répertoire dont les titres eux-mêmes évoquent l’usure, le manque et la confrontation. Porcelain Jab, puis Pick A Side, Suicide, prolongent cette entrée en matière sans détour. La fragilité suggérée par la porcelaine se heurte à un vocabulaire autrement plus brutal : une opposition qui trouve sa place dans l’identité du groupe.
Avec Your Shape et No Rest, Kibosh poursuit un set resserré, construit autour de neuf morceaux. Le format concentre le propos et permet d’embrasser plusieurs facettes de cette écriture, entre urgence hardcore et noirceur metal. L’intérêt du groupe tient à cette rencontre : une musique qui conserve son caractère frontal tout en laissant affleurer quelque chose de plus vulnérable.
This Place Is For Me Alone conduit ensuite vers les derniers morceaux. L’intitulé résonne comme une revendication de territoire, avant que Fiction et Smother Me ne referment le passage des Bordelais. Une première partie cohérente avec l’affiche, qui installe le versant le plus métallique de la soirée et prépare le changement de perspective proposé par Eyes.
Kibosh : Facebook / Instagram / Youtube / Linktr.ee
Les photos de la soirée : ici.
EYES, le chaos à plusieurs visages
Venus de Copenhague, les Eyes inscrivent leur hardcore dans un univers où la brutalité dialogue avec une écriture plus tourmentée. Leur troisième album, Spinner, occupe une place centrale dans cette étape du groupe, avec une inspiration puisée notamment dans les mangas d’Inio Asano et leurs portraits d’une jeunesse abîmée.
La setlist s’ouvre sur Congratulations!, avant The Captain et Better. Cette succession donne immédiatement de l’ampleur au programme : quinze titres, plusieurs périodes du répertoire et une place conséquente accordée aux compositions de Spinner. Eyes disposent ainsi de l’espace nécessaire pour déployer leur personnalité, au-delà de la seule efficacité d’un morceau isolé.
Money Mouth et Underperformer prolongent ce premier mouvement, puis Beelzebub, The Hypocrite vient en assombrir encore le vocabulaire. Chez Eyes, les intitulés ont quelque chose de grinçant. Ils convoquent l’échec, l’hypocrisie, les apparences et les rapports de force, autant de thèmes qui donnent une profondeur supplémentaire à cette musique heurtée.
Le cœur du set associe Them, Off et Spinner. Le morceau qui donne son nom au troisième album prend place au milieu du parcours, comme un point de rencontre entre les différentes directions suivies par le groupe. La tension ne repose pas seulement sur la puissance : elle appartient aussi à cet univers instable, où l’agressivité laisse entrevoir le malaise.
Avec Clown et Save Face On A Regular Basis, le programme poursuit son exploration des masques et des postures. Tearjerker puis Generation L prolongent cette galerie de titres acides, entre vulnérabilité et regard désabusé. Eyes cultivent une personnalité qui donne au hardcore une dimension aussi inquiète que mordante.
Deflating Rooms précède enfin Moving Day For The Overton Window, dernier titre annoncé de cette traversée. Le choix de cette conclusion conserve jusqu’au bout la singularité du groupe : une musique abrasive, accompagnée d’un vocabulaire qui invite à regarder au-delà de son impact immédiat.
Au Gueulard Plus, l’affiche a rassemblé ainsi deux façons d’aborder les musiques extrêmes. Kibosh en a exposé les fractures entre hardcore et metal ; Eyes en a développé les contours les plus grinçants et tourmentés. Deux propositions qui se répondaient tout en conservant leur propre caractère.
Eyes : Facebook / Instagram / TikTok / Bandcamp / Linktr.ee
Les photos de la soirée : ici.
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By Fabrice A. • Reportage Concert, Reportages 0 • Tags: Eyes, Kibosh, Le Gueulard Plus, Nilvange