Luxexpo Open Air /
Gorillaz + Omar Souleyman /
Le 05 Juillet 2026 – Luxembourg (Lux) /
Notre avis : 5/5.
Il y avait comme de l’électricité dans l’air au Kirchberg ce dimanche 05 juillet. Le Luxexpo Open Air, transformé pour l’occasion en un sanctuaire à ciel ouvert par l’équipe de Den Atelier, affichait une jauge impressionnante : 14 000 spectateurs réunis pour communier avec le groupe virtuel le plus célèbre de la planète, réunissant sur scène et pour le plus grand bonheur des fans, Noodle, 2D, Russel et Murdoc. Cinq ans après avoir fait trembler les murs de La Rockhal d’Esch-Sur-Alzette, Gorillaz a signé un retour très attendu au Grand-Duché.
OMAR SOULEYMAN
Avant que la machine Gorillaz ne se mette en route, c’est Omar Souleyman qui a eu la lourde tâche de faire monter la température. Présent sur le nouvel album des Britanniques, l’icône Syrienne nous livre une première partie déroutante et hypnotique. Fidèle à lui-même, derrière ses lunettes noires et son keffieh, Souleyman a distillé ses rythmes dabke effrénés avec un flegme surprenant.

GORILLAZ
Lorsque Damon Albarn, entouré de son armée de musiciens et de choristes, prend possession de la scène sous les visuels sublimes de Jamie Hewlett, le ton est donné d’emblée. On le sait, la genèse de « The Mountain » se construit sur une tragédie intime : les pères d’Albarn et de Hewlett décèdent à dix jours d’intervalle pendant la création du disque. Plutôt que de sombrer, le duo fondateur s’envoles vers l’Inde — de Varanasi au Rajasthan — pour y chercher des réponses et se plonger dans la philosophie du samsara, ce cycle continu de la vie, de la mort et de la réincarnation. Sur scène, ces influences indiennes prennent la forme de percussions traditionnelles et les arrangements de cordes orientales se marient aux rythmiques hip-hop et électro caractéristiques de Gorillaz.

Pendant quasiment deux heures, le groupe livre un set dense, sans temps mort. Le concert s’ouvre avec une belle projection du court-métrage qui accompagne le morceau éponyme de l’album, « The Mountain ». Cette entrée en matière rappelle d’emblée à quel point le travail graphique de Jamie Hewlett est le pilier du groupe : la beauté des visuels diffusés sur les écrans géants fait l’effet d’un tour de magie en portant à la vie Murdoc, 2D, Noodle et Russel, à défaut de les acclamer en chair et en os.
Tout au long du concert, le groupe navigue entre ses récentes compositions et ses tubes historiques. Après « The Mountain » en ouverture, le public peut entendre « The Moon Cave ». Le titre de ce morceau fait d’ailleurs référence à « The Mind In The Cave » de l’archéologue David Lewis-Williams, dernier livre offert par Damon Albarn à son père avant son décès. Si le chagrin se fait ressentir, il est apaisé, converti en force vitale et musicale. Damon Albarn invite d’ailleurs à la fête les voix des collaborateurs historiques de Gorillaz, aujourd’hui disparus. Ainsi, toujours sur « The Moon Cave », on peut entendre les voix de Bobby Womack et de Dave Jolicoeur, du groupe De La Soul, décédé en 2023.

Plus tard dans le set, Omar Souleyman rejoint Damon Albarn sur scène le temps d’interpréter « Damascus », accompagné par un invité surprise, le rappeur Yasiin Bey. Le groupe prend bien sûr soin de satisfaire l’audience en enchaînant ses incontournables. L’énergie monte d’un cran sur la célèbre ligne de basse de « Feel Good Inc. », suivie de près par « On Melancholy Hill ». Sans surprise, le set s’achève sur « Clint Eastwood », chanté à l’unisson par les 14 000 spectateurs du Luxexpo.
Damon Albarn, charismatique et visiblement ému par l’accueil chaleureux du public, prouve qu’il reste l’un des plus grands chefs d’orchestre de la pop moderne. Gorillaz n’a pas seulement offert un concert cet été au Luxembourg : ils ont livré un espace de communion où la perte d’un être cher se danse les bras levés vers le ciel.

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Les photos de la soirée : ici.
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Gorillaz + Omar Souleyman /
Le 05 Juillet 2026 – Luxembourg (Lux) /
Notre avis : 5/5.
Il y avait comme de l’électricité dans l’air au Kirchberg ce dimanche 05 juillet. Le Luxexpo Open Air, transformé pour l’occasion en un sanctuaire à ciel ouvert par l’équipe de Den Atelier, affichait une jauge impressionnante : 14 000 spectateurs réunis pour communier avec le groupe virtuel le plus célèbre de la planète, réunissant sur scène et pour le plus grand bonheur des fans, Noodle, 2D, Russel et Murdoc. Cinq ans après avoir fait trembler les murs de La Rockhal d’Esch-Sur-Alzette, Gorillaz a signé un retour très attendu au Grand-Duché.
OMAR SOULEYMAN
Avant que la machine Gorillaz ne se mette en route, c’est Omar Souleyman qui a eu la lourde tâche de faire monter la température. Présent sur le nouvel album des Britanniques, l’icône Syrienne nous livre une première partie déroutante et hypnotique. Fidèle à lui-même, derrière ses lunettes noires et son keffieh, Souleyman a distillé ses rythmes dabke effrénés avec un flegme surprenant.
GORILLAZ
Lorsque Damon Albarn, entouré de son armée de musiciens et de choristes, prend possession de la scène sous les visuels sublimes de Jamie Hewlett, le ton est donné d’emblée. On le sait, la genèse de « The Mountain » se construit sur une tragédie intime : les pères d’Albarn et de Hewlett décèdent à dix jours d’intervalle pendant la création du disque. Plutôt que de sombrer, le duo fondateur s’envoles vers l’Inde — de Varanasi au Rajasthan — pour y chercher des réponses et se plonger dans la philosophie du samsara, ce cycle continu de la vie, de la mort et de la réincarnation. Sur scène, ces influences indiennes prennent la forme de percussions traditionnelles et les arrangements de cordes orientales se marient aux rythmiques hip-hop et électro caractéristiques de Gorillaz.
Pendant quasiment deux heures, le groupe livre un set dense, sans temps mort. Le concert s’ouvre avec une belle projection du court-métrage qui accompagne le morceau éponyme de l’album, « The Mountain ». Cette entrée en matière rappelle d’emblée à quel point le travail graphique de Jamie Hewlett est le pilier du groupe : la beauté des visuels diffusés sur les écrans géants fait l’effet d’un tour de magie en portant à la vie Murdoc, 2D, Noodle et Russel, à défaut de les acclamer en chair et en os.
Tout au long du concert, le groupe navigue entre ses récentes compositions et ses tubes historiques. Après « The Mountain » en ouverture, le public peut entendre « The Moon Cave ». Le titre de ce morceau fait d’ailleurs référence à « The Mind In The Cave » de l’archéologue David Lewis-Williams, dernier livre offert par Damon Albarn à son père avant son décès. Si le chagrin se fait ressentir, il est apaisé, converti en force vitale et musicale. Damon Albarn invite d’ailleurs à la fête les voix des collaborateurs historiques de Gorillaz, aujourd’hui disparus. Ainsi, toujours sur « The Moon Cave », on peut entendre les voix de Bobby Womack et de Dave Jolicoeur, du groupe De La Soul, décédé en 2023.
Plus tard dans le set, Omar Souleyman rejoint Damon Albarn sur scène le temps d’interpréter « Damascus », accompagné par un invité surprise, le rappeur Yasiin Bey. Le groupe prend bien sûr soin de satisfaire l’audience en enchaînant ses incontournables. L’énergie monte d’un cran sur la célèbre ligne de basse de « Feel Good Inc. », suivie de près par « On Melancholy Hill ». Sans surprise, le set s’achève sur « Clint Eastwood », chanté à l’unisson par les 14 000 spectateurs du Luxexpo.
Damon Albarn, charismatique et visiblement ému par l’accueil chaleureux du public, prouve qu’il reste l’un des plus grands chefs d’orchestre de la pop moderne. Gorillaz n’a pas seulement offert un concert cet été au Luxembourg : ils ont livré un espace de communion où la perte d’un être cher se danse les bras levés vers le ciel.
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Les photos de la soirée : ici.
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By Fabrice A. • Reportage Concert, Reportage Festival, Reportages • Tags: Den Atelier, Gorillaz, L'Atelier, Luxembourg, Luxexpo Open Air, Omar Souleyman