MozHell Open Air /

Le 24 Juillet 2026 /

Insming (57) /

Notre avis : 5/5.


Le MozHell Open Air 2026 lance les festivités avec une affiche particulièrement éclectique où se croisent metal alternatif, hardcore, glam metal, nu metal et fusion française. Dès les premières heures, les festivaliers investissent le site avec une seule envie : profiter pleinement d’une journée qui ne tardera pas à monter en intensité.

ASTRAYED PLACE : entre puissance et sensibilité

L’honneur d’ouvrir cette édition revient aux Franciliens d’Astrayed Place. Fondé en 2015, le groupe s’est progressivement forgé une identité singulière sur la scène metal alternatif grâce à une musique aussi exigeante qu’expressive. Son univers repose sur un équilibre subtil entre puissance et sensibilité, alternant avec une grande fluidité des passages d’une rare violence, portés par des screams et growls rageurs, et des respirations plus aériennes où les guitares aux sonorités cristallines prennent le relais. Cette capacité à jouer sur les contrastes constitue l’une des principales forces de la formation.

Le quintette s’appuie logiquement sur Edge Of The Mist, paru en 2023, qui occupe une place centrale dans cette prestation. Dès les premières mesures de « Lithium », l’intensité est au rendez-vous et le public découvre un groupe particulièrement à l’aise sur scène. Les compositions s’enchaînent sans temps mort, chacune dévoilant une facette différente de son univers. Entre la lourdeur de « Waves Of Pain », les envolées mélodiques de « Death Blossom », l’énergie de « Break » ou les atmosphères plus introspectives de « Reflections » et « Anesthesia », Astrayed Place démontre une réelle maîtrise des contrastes. Les influences rock, death metal, progressives et symphoniques s’entremêlent avec cohérence, donnant naissance à des morceaux à la fois techniques et accessibles.

Le récent single « Woe Of Happiness », dévoilé en juin dernier, s’intègre naturellement à la setlist. Plus qu’un simple ajout, il témoigne de l’évolution du groupe, dont l’écriture gagne encore en maturité sans renier la puissance qui caractérise son identité. L’interprétation convaincante de ce nouveau titre laisse entrevoir un avenir prometteur pour la formation francilienne.

Pour ouvrir cette première journée du MozHell Open Air, Astrayed Place livre une prestation solide et parfaitement maîtrisée. La qualité de l’exécution, l’engagement des musiciens et la richesse des compositions permettent au groupe de poser d’emblée les bases d’un festival placé sous le signe de l’intensité et de la diversité musicale.

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ALEA JACTA EST : la colère en étendard

Le contraste est immédiat lorsque les Toulousains d’Alea Jacta Est prennent possession de la scène. Depuis 2006, le groupe s’est imposé comme une référence de la scène metal hardcore française grâce à un mélange dévastateur de riffs massifs, de rythmiques implacables et d’une attitude punk revendiquée. Là où Astrayed Place jouait sur les nuances et les atmosphères, Alea Jacta Est choisit la confrontation frontale. Ici, pas de répit : chaque morceau est une décharge d’énergie pensée pour faire réagir le public.

Dès les premières notes de « A Sword Called Revenge », le ton est donné. Les premiers rangs s’agitent instantanément et les mouvements de foule ne tardent pas à apparaître. Porté par un chant rageur et une section rythmique d’une redoutable efficacité, le groupe enchaîne avec « From Silence I Rise » puis « Enough Is Enough », maintenant une tension constante sans jamais laisser retomber la pression. Les musiciens occupent toute la scène avec une présence impressionnante, multipliant les échanges avec le public et encourageant celui-ci à répondre à chaque refrain.

Le concert prend rapidement des allures de défouloir collectif. Les riffs incisifs et les breaks destructeurs de « Get Revenge », « Veni Vedi Vici », « Hostility » et « Fake Power » déclenchent une succession de pogos et de circle pits dans une fosse totalement acquise à la cause du quintet. Malgré la violence maîtrisée qui se dégage de la prestation, l’ambiance reste particulièrement conviviale, fidèle à l’esprit de la scène hardcore où solidarité et exutoire collectif vont de pair.

La dernière ligne droite ne laisse aucun répit. « Bullets Are Loud » fait monter encore d’un cran l’intensité avant que « Napalm For Everyone » ne vienne conclure le set dans une véritable explosion sonore. Les derniers accords résonnent alors que les visages ruissellent de sueur, aussi bien sur scène que dans le public, témoin de l’engagement total des musiciens.

Avec cette prestation aussi physique qu’efficace, Alea Jacta Est confirme toute sa réputation scénique. Une démonstration de puissance et de sincérité qui transforme la fosse en véritable champ de bataille et fait incontestablement partie des temps forts de cette première journée du MozHell Open Air.

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BLAZON FIRE : retour à l’âge d’or du glam metal

Le changement d’ambiance est radical avec l’arrivée de Blazon Fire. En quelques secondes, les musiciens transportent le public plusieurs décennies en arrière, replongeant le MozHell Open Air dans l’univers flamboyant du glam metal des années 80. Cheveux longs, attitude décomplexée et goût assumé pour la démesure : tous les ingrédients du genre sont réunis pour offrir un moment résolument festif, où le second degré n’efface jamais une réelle maîtrise musicale.

Dès « We Are Blazon Fire », le ton est donné. Les guitares délivrent des riffs accrocheurs tandis que les refrains, immédiatement mémorisables, invitent le public à reprendre en chœur. Fidèle aux codes du glam metal, le groupe joue autant avec son image qu’avec sa musique, multipliant les poses, les échanges complices entre musiciens et les clins d’œil à une époque où le spectacle faisait partie intégrante du concert.

Les compositions s’enchaînent avec une énergie communicative. « Orgy In Hell », « Shake My Stick Baby », « Speed Sex Cocaïne » et « Deep & Fast » célèbrent sans complexe tous les clichés du genre : guitares incisives, solos démonstratifs, refrains fédérateurs et une bonne dose d’autodérision. Loin de sombrer dans la caricature, Blazon Fire assume pleinement son héritage et le revisite avec une fraîcheur qui séduit aussi bien les nostalgiques que les festivaliers découvrant cet univers.

L’ambiance devient rapidement électrique devant la scène. Les sourires se multiplient dans le public, conquis par cette parenthèse légère et exubérante qui contraste avec les formations plus extrêmes programmées plus tôt dans la journée. Chaque morceau entretient cette atmosphère festive, transformant la fosse en une immense célébration du hard rock le plus décomplexé.

Le groupe referme cette prestation avec « Sucker’s Paradise », repris avec enthousiasme par les premiers rangs. Blazon Fire quitte la scène sous les applaudissements, laissant derrière lui un public conquis et rappelant qu’au-delà des riffs et des solos, le glam metal demeure avant tout une musique de plaisir, de partage et de spectacle.

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TERROR : la leçon de hardcore

S’il est un groupe dont la réputation scénique n’est plus à faire, c’est bien Terror. Depuis plus de deux décennies, la formation californienne s’est imposée comme l’un des piliers incontournables du hardcore moderne, bâtissant sa légende sur des prestations où l’énergie brute et la communion avec le public occupent une place centrale.

Les Américains délivrent un concert d’une intensité rare. Dès les premières secondes, la tension est palpable : un pit impressionnant se forme au pied de la scène tandis que les stage-dives se succèdent sans interruption. Le public, immédiatement happé par la déferlante sonore, transforme l’espace en véritable champ de bataille où chaque breakdown déclenche une nouvelle vague de mouvements et de réactions.

Au centre de cette tempête, Scott Vogel mène les opérations avec son charisme habituel. Véritable maître de cérémonie, le frontman alterne harangues rageuses, encouragements à l’unité et messages fédérateurs adressés à une foule entièrement acquise à sa cause. Son interaction permanente avec les spectateurs rappelle que, chez Terror, un concert ne se résume jamais à une simple succession de morceaux : c’est une expérience collective où le groupe et son audience ne forment plus qu’un.

Musicalement, la formation ne laisse aucun répit. La hargne est intacte, la puissance des riffs demeure implacable et la précision d’exécution impressionne. Chaque titre frappe avec une efficacité redoutable, porté par une rythmique massive et une urgence qui ne faiblit jamais. Terror démontre une nouvelle fois que les années n’ont en rien diminué son impact sur scène.

Avec cette prestation furieuse et sans concession, le groupe confirme son statut de référence absolue du hardcore contemporain. Une démonstration de force qui rappelle pourquoi Terror continue de fédérer plusieurs générations de passionnés autour des valeurs fondamentales du genre : intensité, respect et esprit de communauté.

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KÜLT 45 : le nu metal français affirme son identité

Avec KÜLT 45, le MozHell retrouve des sonorités plus modernes et une approche résolument tournée vers les codes du nu metal. Le groupe vient défendre les morceaux de son nouvel album Mauvaises Influences, paru cette année, avec une conviction communicative et une énergie qui séduit rapidement le public présent devant la scène.

Dès les premières notes de « Bienvenue », la formation installe son univers, mêlant puissance des guitares, rythmiques percutantes et refrains immédiatement mémorisables. Le set prend rapidement de l’ampleur avec « Mr Stifler », « Neversoft », « Plus D’Fun En Stock » et « LouisXLV », qui mettent en lumière un nu metal efficace, porté par des influences modernes, des arrangements accrocheurs et une solide présence scénique.

Le groupe affiche une réelle maîtrise de son énergie, alternant passages explosifs et moments plus fédérateurs où les refrains sont repris par un public de plus en plus impliqué. La voix, à la fois agressive et mélodique, s’intègre parfaitement à des compositions pensées pour la scène, où chaque morceau semble conçu pour provoquer une réaction immédiate.

En seconde partie de concert, « Krash », « Barbie », « Je Connais Ça » et « Références » poursuivent sur cette dynamique en renforçant la proximité entre les musiciens et leur audience. KÜLT 45 confirme ainsi son envie de proposer un metal accessible sans renoncer à son intensité, et offre au MozHell une parenthèse résolument actuelle, entre puissance, mélodies et communion avec le public.

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ENHANCER : une célébration de la fusion française

La soirée se poursuit avec Enhancer, accueilli comme l’un des grands rendez-vous de cette première journée du MozHell. La formation francilienne, figure emblématique de la scène fusion française du début des années 2000, est attendue de pied ferme par un public venu retrouver cette énergie si particulière qui a marqué toute une génération.

Dès les premières secondes de « Electrochoc », le groupe rappelle immédiatement pourquoi il a occupé une place à part dans le paysage metal français. Les riffs incisifs, les beats électroniques et les flows percutants replongent instantanément les festivaliers dans l’univers unique d’Enhancer, entre puissance rock, influences hip-hop et touches électro. La recette fonctionne toujours aussi bien : une musique hybride, festive et explosive, capable de rassembler aussi bien les nostalgiques des années 2000 que les nouveaux venus.

Le rythme ne faiblit pas avec « Street Trash », « Hardcore Version Dancefloor », « K.O. » et « Pas Sommeil », qui entretiennent une ambiance électrique devant une foule de plus en plus conquise. Sur scène, les musiciens affichent une complicité évidente et une énergie communicative. Les chanteurs multiplient les échanges avec le public, n’hésitant pas à descendre dans la fosse pour prolonger cette proximité et transformer le concert en véritable moment de partage.

La prestation prend une dimension encore plus festive avec la participation du chanteur d’Oshen, apportant une nouvelle dynamique à un set déjà particulièrement généreux. Enhancer démontre que son mélange de styles n’a rien perdu de son efficacité : les refrains restent fédérateurs, les rythmiques toujours aussi percutantes et l’envie de faire participer le public demeure intacte.

La conclusion sur « Cinglés » puis « Hot » achève de transformer le site du MozHell en immense fête collective. Devant une foule réunissant plusieurs générations de passionnés, Enhancer signe un retour remarqué, rappelant que son énergie et son identité musicale restent toujours aussi fortes près de vingt ans après ses premiers succès.

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Une ouverture particulièrement réussie

Cette première journée du MozHell Open Air 2026 aura parfaitement illustré la richesse de la scène metal actuelle. Entre la finesse d’écriture d’Astrayed Place, la violence maîtrisée d’Alea Jacta Est, la démesure de Blazon Fire, l’efficacité implacable de Terror, la fraîcheur de KÜLT 45 et le pouvoir fédérateur d’Enhancer, le festival lance son édition 2026 de la plus belle des manières.
Une entrée en matière intense qui laisse entrevoir une suite tout aussi prometteuse.

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