Carl Verheyen – L’Amérance – 11/10/2026 – Cancale (35)

Carl Veheyen

CARL VERHEYEN

Date : 11 octobre 2026
Style : Jazz, Blues, Folk, Americana, Rock…
Lieu : Pôle Culturel L’Amérance, Cancale (35)

Par Mike S. 


À peine débarqué de Los Angeles, le chanteur et guitariste Carl Verheyen lançait sa tournée européenne à Cancale. Une date unique en France, au milieu d’un périple qui le conduira en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Italie tout au long du mois d’octobre. Un privilège pour les quelque 150 spectateurs présents ce soir-là. Car si son nom reste relativement méconnu du grand public, Carl Verheyen a pourtant été le guitariste de Supertramp entre 1985 et 2012. Il a également prêté son talent à Dolly Parton, aux Bee Gees et à de nombreux autres artistes.

Avec une vingtaine d’albums solo à son actif, des participations à des bandes originales de films comme The Crow, Ratatouille ou Mission: Impossible, et des centaines de collaborations, Carl Verheyen s’est imposé comme un guitariste très recherché. Jazz, blues, country, funk ou rock : son terrain de jeu est vaste. Et ce concert à Cancale en donne une belle démonstration, tout en venant faire la promotion de son tout nouvel album Promised Future sur lequel il travaille depuis 2 ans.

Sur scène, le musicien ne se contente pas d’enchaîner les prouesses techniques. Il construit un véritable voyage musical. D’un morceau à l’autre, les ambiances changent, les rythmes se déplacent et les influences se croisent. On pense parfois à Prince, aux Eagles, aux Bee Gees ou à Bob Dylan. Mais la signature de Verheyen reste bien présente : une guitare précise, expressive, capable de passer de la finesse à une énergie plus brute sans jamais perdre le fil.

Carl-Veheyen

La setlist déroule ainsi plusieurs facettes de son répertoire. Every 20 Seconds (titre introductif de son nouvel album et qui introduit le concert de ce soir), Survive, Clawmmer Man ou Electric Chair installent d’emblée une soirée où la virtuosité ne fait pas oublier le plaisir du jeu. Avec Highland Shuffle, précédé d’une introduction inspirée de Nordenham, le groupe change de couleur. Les morceaux s’étirent, les musiciens se répondent et laissent respirer les arrangements. Ici, la technique sert la musique, pas l’inverse.

DES REPRISES QUI ONT DU CARACTÈRE

Le passé de Carl Verheyen au sein de Supertramp ne pouvait pas rester longtemps à l’écart. Le guitariste reprend Take the Long Way Home, extrait de Breakfast in America, paru en 1979. Un clin d’œil chargé d’émotion à l’histoire du groupe et à son claviériste et chanteur Rick Davies, disparu en 2025. Loin de reproduire à l’identique la version originale, Verheyen s’approprie le titre et l’intègre naturellement à son univers.

Autre moment fort, May This Be Love de Jimi Hendrix prend une dimension très personnelle. L’interprétation se révèle intense, portée par une guitare qui sait autant suggérer que rugir. Avec My Back Pages de Bob Dylan, le musicien poursuit ce travail de réappropriation. Ces reprises ne sont jamais de simples exercices de style. Elles sont retravaillées, remodelées, et trouvent leur place au milieu des compositions originales.

Carl-Veheyen

Le set fait aussi la part belle aux titres de Verheyen, de New Years Day à Promised Future, en passant par Shallow Harbor, Slingshot ou Closing Time Blues. Le guitariste navigue entre les genres avec une aisance déconcertante, sans jamais donner l’impression de chercher à impressionner à tout prix. La quasi totalité de son nouvel album est joué durant ce set, dont une derniere cover, de Jesse Colin Young (The Youngbloods), Light Shine, dont il nous gratifiera d’une anecdote autour d’une carte postale envoyée au début des années 70.

UN GROUPE AU DIAPASON

Carl Verheyen est bien sûr au centre de l’attention, mais il n’est pas seul à briller. Pour cette tournée, il s’est entouré d’un bassiste, d’un musicien aux claviers et à la guitare, d’un batteur et d’une choriste. Chacun trouve son espace au fil de la soirée. La batterie s’offre un passage remarqué, la basse et les claviers Roland s’autorisent quelques échappées, tandis que la choriste livre un moment vocal aux accents gospel.

Le spectacle prend alors une autre dimension. Derrière la démonstration instrumentale, on découvre un collectif soudé, attentif aux nuances et capable de faire évoluer les morceaux sans casser leur dynamique. Les échanges sont fluides, les interventions bien amenées et l’ensemble respire la complicité. La tournée débute à peine, mais la mécanique semble déjà bien huilée.

Entre les morceaux, Carl Verheyen prend régulièrement la parole. Il raconte l’histoire des chansons, en précise le contexte et partage quelques autres anecdotes. Le guitariste se montre aussi joueur que bavard, avec un plaisir manifeste à retrouver la scène et ses musiciens. Cette proximité donne au concert un visage plus humain. On ne regarde pas seulement un virtuose dérouler son savoir-faire : on assiste à une bande de musiciens qui prend visiblement du plaisir à jouer ensemble.

Le final, avec Hippie Wedding, Dark Angels, Kaningie puis Light Shine, prolonge cette impression de liberté et de générosité. À Cancale, devant une salle à taille humaine, Carl Verheyen a offert bien plus qu’une démonstration de guitare. Un concert riche, vivant et sans esbroufe, où le talent se mesure autant à la qualité des notes qu’à la capacité de les faire partager. Une soirée privilégiée pour les amateurs de guitares bien affûtées et de rock ouvert sur tous les horizons.

Infos : Site officiel / FB

Merci aux musiciens, aux techniciens et aux organisateurs de cette belle soirée à l’ Amérance de Cancale !