MICHEL CLOUP
& ZËRO
en concert
Date : 29 avril 2026
Salle : Les Atelier du Vent
Lieu : Bretagne, Rennes (35)
.
Par Mike S.
Mercredi soir à Rennes, Les Ateliers du Vent accueillaient un « double plateau » sans hiérarchie affichée. Pas de tête d’affiche, mais deux propositions fortes, presque opposées, réunies devant un public venu autant par fidélité que par curiosité. Une configuration idéale pour provoquer les frottements, les découvertes, et parfois les chocs.
C’est le trio toulousain de Michel Cloup qui ouvre la soirée. Figure incontournable des musiques indépendantes françaises depuis le début des années 90, il n’a cessé de creuser un sillon singulier, de ses débuts à aujourd’hui. Cette fois, il vient défendre sur scène Catharsis en pièces détachées, son double album paru en 2025. Un disque dense, radical, dont la transposition live était largement attendue.

Sur les premières mesures de La Honte, le ton est donné. Beat électronique froid, guitares abrasives, batterie martelée : le son est compact, presque suffocant. Le morceau s’étire, enchaîné avec Catharsis, qui ne porte d’apaisement que le nom. La voix, parfois scandée, parfois plus mélodique, lutte pour exister dans un tumulte sonore permanent. Le groupe enchaîne sans relâche, refusant toute respiration.
Le poison / L’antidote poursuit cette plongée dans un flux de mots et d’images qui décrivent un monde malade. Sur scène, l’énergie est brute, physique. Les musiciens transpirent, le public encaisse. L’expérience est totale, presque éprouvante. Impossible de décrocher : on est happé, coincé dans cette spirale sonore et mentale.
Les titres s’enchaînent comme autant de variations d’un même malaise. DGG – David, Goliath et Godzilla, 2027… les références changent, pas la pression. H&M (Hachoirs et Machettes) maintient l’auditoire en apnée avec ses slogans vindicatifs, pour ne pas dire révolutionnaires. Seul Place du Ravelin semble offrir un léger répit sonore, mais le propos reste sombre, ancré dans une violence quotidienne, diffuse, presque banale, qui a planté ses racines dans les quartiers de Toulouse.

Le set, relativement court, donne pourtant l’impression d’un long tunnel. Le groupe explore presque intégralement son album, jusqu’à un final intense, condensé d’un morceau-fleuve. Une claque. Le genre de concert dont on sort sonné.
La pause est bienvenue. Le public se disperse vers le bar, l’extérieur, pour reprendre pied. Michel Cloup, lui, retrouve immédiatement une autre réalité : celle des dédicaces, des échanges, des selfies. Un contraste saisissant avec les thématiques qu’il vient de défendre sur scène.
Puis vient ZËRO. Et si l’on pouvait imaginer une légère éclaircie, elle ne viendra pas vraiment. Le quatuor lyonnais installe d’emblée une atmosphère sombre, cinématographique. Les textes en anglais laissent plus de place à l’interprétation, mais la musique, elle, est sans équivoque.

Sur scène, la configuration est claire : batterie et claviers encadrent un noyau central de guitares électriques. Un véritable mur du son, fait de stridences, de griffures, de textures rugueuses. Les riffs claquent comme des coups de lame, évoquant un paysage urbain tendu, quelque part entre fiction et réalité.
Contrairement au set précédent, Zëro joue sur les contrastes. Les rythmes varient, les ambiances évoluent. Le groupe navigue entre rock alternatif et post-rock, explorant différentes dynamiques. Fast Car, avec son motif entêtant, en est une illustration efficace.
Il faut attendre le troisième morceau pour entrer dans leur dernier album, Never Ending Rodeo. Niagara Falls ouvre cette séquence : un titre étiré, immersif, presque visuel. Comme une bande originale de thriller sous tension permanente. Le groupe excelle dans cet art de suggérer des images, de créer des paysages sonores.

Le set, plus long, composé de plus de titres en tout cas, permet d’embrasser l’ensemble de leur univers. Zëro prend le temps, développe, installe ses climats. Chaque morceau apporte une nuance, une couleur supplémentaire à une palette déjà dense.
Au final, la soirée aura tenu toutes ses promesses. Deux groupes, deux approches, mais une même vision sombre et lucide du monde contemporain. Une expérience intense, parfois difficile, mais profondément marquante.
On n’était clairement pas à Disneyland.
Setlist Michel Cloup :

Merci aux musiciens, aux techniciens et aux organisateurs de cette soirée aux Ateliers du Vent !
Michel Cloup : Site / FB
Zëro : Site / FB
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MICHEL CLOUP
& ZËRO
en concert
Date : 29 avril 2026
Salle : Les Atelier du Vent
Lieu : Bretagne, Rennes (35)
.
Par Mike S.
Mercredi soir à Rennes, Les Ateliers du Vent accueillaient un « double plateau » sans hiérarchie affichée. Pas de tête d’affiche, mais deux propositions fortes, presque opposées, réunies devant un public venu autant par fidélité que par curiosité. Une configuration idéale pour provoquer les frottements, les découvertes, et parfois les chocs.
C’est le trio toulousain de Michel Cloup qui ouvre la soirée. Figure incontournable des musiques indépendantes françaises depuis le début des années 90, il n’a cessé de creuser un sillon singulier, de ses débuts à aujourd’hui. Cette fois, il vient défendre sur scène Catharsis en pièces détachées, son double album paru en 2025. Un disque dense, radical, dont la transposition live était largement attendue.
Sur les premières mesures de La Honte, le ton est donné. Beat électronique froid, guitares abrasives, batterie martelée : le son est compact, presque suffocant. Le morceau s’étire, enchaîné avec Catharsis, qui ne porte d’apaisement que le nom. La voix, parfois scandée, parfois plus mélodique, lutte pour exister dans un tumulte sonore permanent. Le groupe enchaîne sans relâche, refusant toute respiration.
Le poison / L’antidote poursuit cette plongée dans un flux de mots et d’images qui décrivent un monde malade. Sur scène, l’énergie est brute, physique. Les musiciens transpirent, le public encaisse. L’expérience est totale, presque éprouvante. Impossible de décrocher : on est happé, coincé dans cette spirale sonore et mentale.
Les titres s’enchaînent comme autant de variations d’un même malaise. DGG – David, Goliath et Godzilla, 2027… les références changent, pas la pression. H&M (Hachoirs et Machettes) maintient l’auditoire en apnée avec ses slogans vindicatifs, pour ne pas dire révolutionnaires. Seul Place du Ravelin semble offrir un léger répit sonore, mais le propos reste sombre, ancré dans une violence quotidienne, diffuse, presque banale, qui a planté ses racines dans les quartiers de Toulouse.
Le set, relativement court, donne pourtant l’impression d’un long tunnel. Le groupe explore presque intégralement son album, jusqu’à un final intense, condensé d’un morceau-fleuve. Une claque. Le genre de concert dont on sort sonné.
La pause est bienvenue. Le public se disperse vers le bar, l’extérieur, pour reprendre pied. Michel Cloup, lui, retrouve immédiatement une autre réalité : celle des dédicaces, des échanges, des selfies. Un contraste saisissant avec les thématiques qu’il vient de défendre sur scène.
Puis vient ZËRO. Et si l’on pouvait imaginer une légère éclaircie, elle ne viendra pas vraiment. Le quatuor lyonnais installe d’emblée une atmosphère sombre, cinématographique. Les textes en anglais laissent plus de place à l’interprétation, mais la musique, elle, est sans équivoque.
Sur scène, la configuration est claire : batterie et claviers encadrent un noyau central de guitares électriques. Un véritable mur du son, fait de stridences, de griffures, de textures rugueuses. Les riffs claquent comme des coups de lame, évoquant un paysage urbain tendu, quelque part entre fiction et réalité.
Contrairement au set précédent, Zëro joue sur les contrastes. Les rythmes varient, les ambiances évoluent. Le groupe navigue entre rock alternatif et post-rock, explorant différentes dynamiques. Fast Car, avec son motif entêtant, en est une illustration efficace.
Il faut attendre le troisième morceau pour entrer dans leur dernier album, Never Ending Rodeo. Niagara Falls ouvre cette séquence : un titre étiré, immersif, presque visuel. Comme une bande originale de thriller sous tension permanente. Le groupe excelle dans cet art de suggérer des images, de créer des paysages sonores.
Le set, plus long, composé de plus de titres en tout cas, permet d’embrasser l’ensemble de leur univers. Zëro prend le temps, développe, installe ses climats. Chaque morceau apporte une nuance, une couleur supplémentaire à une palette déjà dense.
Au final, la soirée aura tenu toutes ses promesses. Deux groupes, deux approches, mais une même vision sombre et lucide du monde contemporain. Une expérience intense, parfois difficile, mais profondément marquante.
On n’était clairement pas à Disneyland.
Setlist Michel Cloup :

Merci aux musiciens, aux techniciens et aux organisateurs de cette soirée aux Ateliers du Vent !
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Zëro : Site / FB
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