Watts À Bar /
Le 22 Août 2025 /
Bar Le Duc (55) /
Notre avis : 5/5.
Le Festival Watts À Bar a transformé le Parc de Marbeaumont en temple de musiques alternatives. Fidèle à son esprit d’ouverture, il a réuni metal, punk, ska, rock engagé et sons atypiques. Les scènes ont vibré d’une succession de prestations intenses et fédératrices. Chaque groupe a apporté son énergie et sa singularité, dans une ambiance de communion. Artistes, bénévoles et public ont fait de cette 14ème édition un moment fort de partage. Merci à Be Real pour cette très belle soirée !
Vendredi 22 Août 2025
DUSK OF DELUSION
C’est avec Dusk Of Delusion que nous avons le plaisir de débuter cette nouvelle édition du Watts À Bar. Originaire de Nancy, le groupe a su imposer son univers unique sur la scène néo-metal Française. Inspirés par des géants comme Korn et Slipknot, ils associent énergie brute, mélodies percutantes et concepts audacieux. Les protagonistes prennent possession de la scène, et sans attendre, le set démarre avec « The Snap », morceau coup de poing qui captive instantanément. Le parterre, déjà bien rempli, se laisse happer par cette ouverture intense. Un « bonsoir Watts À Bar ! » retentit, et l’enthousiasme des musiciens est communicatif. Le rythme ne faiblit pas avec « The Messenger », soutenu par des riffs acérés et un chant habité. Le groupe prend le temps d’une courte présentation, saluant la foule avant de lancer « Shadow Workers ». L’intensité est toujours là avec « Letters To C », tout aussi percutant. Puis vient « Serbian’s Gate », morceau implacable qui fait réagir le public. Les musiciens enchaînent avec « So Long Atlas », où se mêlent force et émotion. Benoît (chant) interpelle la foule et invite à chanter avec lui : un moment de complicité sur le brûlot « Tinplate Soldiers », issu du concept dystopique de COR SYSTEM. Les refrains repris en chœur renforcent l’énergie partagée. Le show se poursuit avec « Smiling From Across » et « Taking The Hit ». Entre deux morceaux, le groupe remercie chaleureusement spectateurs, techniciens et bénévoles. L’heure du final approche : « Breaking The Wall » déchaîne la fosse. Véritable bouquet explosif, il condense tout ce qui fait la force de Dusk Of Delusion : puissance, sincérité et intensité. La prestation s’achève sous un tonnerre d’applaudissements. Le groupe quitte la scène visiblement heureux de l’accueil reçu.

Les photos : ici.
LOFOFORA
Lofofora prend d’assaut la scène avec une énergie inébranlable, lançant les festivités avec « Apocalypse », un titre explosif qui annonce la couleur de la soirée. La foule, déjà en transe, voit la tension monter d’un cran avec « Les Seigneurs » et « Bonne Guerre ». L’intensité est palpable, et les premiers instants du show ne laissent aucun répit. Reuno prend enfin la parole, saluant le public d’un bonsoir, comment allez-vous ? Le groupe, avec 11 albums à son actif, se réjouit de retrouver son public fidèle, et il est clair que ce concert s’annonce comme une véritable célébration de leur parcours. La déferlante continue avec « La Distance » et embarque ses fans dans un moment de nostalgie avec « La Chute », extrait de l’album « Peuh ! » paru en 1996. La foule se souvient, chante, et les souvenirs des années passées refont surface. Une complicité s’installe entre le groupe et les spectateurs avec « Les Gens ». Les voix du public s’élèvent, résonnant puissamment, tandis que la fosse se transforme en un véritable champ de danse. Le mouvement est incessant et joyeux, une danse collective portée par l’énergie de Lofofora. Les titres se suivent avec une précision militante : « Dur Comme Fer » et « Macho Blues » soulignent l’engagement du groupe contre les violences faites aux femmes et aux enfants, un message fort qui est accueilli par des applaudissements chaleureux. Le groupe, fidèle à ses valeurs, enchaîne avec un cri de révolte. T’en veux encore ? La réponse est évidente, et le public est prêt pour la suite. La continuité se fait dans une énergie toujours plus électrisante. Le groupe n’en finit plus de faire sauter les barrières. Les titres comme « Les Deux », « Maladie Mortelle » et « Auto-Pilote » poursuivent cette montée en puissance, où la musique devient un véritable exutoire. Puis, un solo de batterie magistral précède « Le Fond Et La Forme » et « L’Œuf », deux hymnes incontournables. Lofofora prouve une fois de plus qu’il est un groupe ancré dans la lutte sociale et politique, avec un titre comme « Justice Pour Tous », qui résonne comme une déclaration sans ambiguïté de leur engagement. Les amateurs de pogos se donnent à cœur joie, tandis que la performance du groupe, toujours aussi radicale, fait lever les bras en signe de révolte. « Buvez Du Cul » vient clôturer un set intense et engagé, fidèle à l’esprit de Lofofora. La soirée s’achève sur une note exaltante, et le message est clair : Lofofora n’a pas pris de recul. Leur musique est un cri, une révolte continue, un acte militant et contestataire qui résonne profondément avec son public. Le groupe, toujours aussi puissant, n’a rien perdu de sa fougue.

Les photos : ici.
LOS TRES PUNTOS
Les musiciens de Los Tres Puntos montent sur scène, prêts à faire vibrer le parterre avec ce mélange explosif de ska festif et de rock alternatif. Les textes sont toujours aussi revendicatifs, chantés en français, en anglais, en espagnol et même en italien. Le set démarre sur les chapeaux de roue avec « Perpetua », issu de l’album « 10 Ans Ferme » sorti en 2006. Le public comprend vite qu’il va être embarqué dans un voyage musical à travers les 30 ans de carrière du groupe. Sans temps mort, le groupe enchaîne avec « Ciudad Blanca », immédiatement suivi par « La Chaleur De Vos Voix ». L’ambiance devient incandescente, portée par une rythmique effrénée et des cuivres virtuoses. Arrivent ensuite « Anonimo », « La Réalité », puis « El Sistema », qui secouent littéralement la scène. Changement de cap ensuite, direction l’Espagne et la Galice, avec une chanson tournée vers l’avenir : « Alta Mar ». La machine ne s’arrête plus et balance « Ska Jazz Sin Vuelta », « En Mouvement » et « Guapa » dans un tourbillon d’énergie. Le public danse, saute, se laisse emporter par le groove implacable du groupe. C’est alors « Le Temps Passe » qui résonne, avant que les musiciens ne lancent « Nuevo Mundo ». Les fans sont sollicités : « Y a-t-il des Aficionados à Bar-le-Duc ?! », et la réponse fuse en chœur. L’intensité monte encore avec « La Despedida », morceau émouvant et puissant. Puis vient « América Latina ». Moment surprise, les Los Tres Puntos rendent hommage à Ludwig Von 88 avec « Sur Les Sentiers De La Gloire ». Le set se dirige vers sa conclusion avec « Es Una Pesadilla ? », ode rageuse et percutante. Enfin, c’est « El Gringo » qui met un point final à ce concert incandescent. Chaque riff, chaque note a déclenché cris de joie dans la fosse. Militants, alternatifs et indépendants, les Los Tres Puntos ont livré encore une fois une prestation à couper le souffle !

Les photos : ici.
RISE OF THE NORTHSTAR
C’est dans une ambiance électrique que Rise Of The Northstar fait son entrée, comme une déflagration prête à secouer chaque recoin du Parc de Marbeaumont. La tension est palpable avant même la première note, et lorsque résonne « Nekketsu », le sol tremble littéralement sous les bonds du public. Une vague d’enthousiasme instantanée, brutale, parcourt la foule. Les patrons incontestés du metal crossover Français imposent leur loi, et dès les premiers instants, on comprend que la soirée sera marquée au fer rouge. La fosse devient un véritable champ de bataille contrôlé, où « Welcame (Furyo State Of Mind) » libère les premiers pogos furieux, mélange de chaos et de communion. L’énergie est sauvage mais jamais gratuite : elle circule, elle soude. « Crank It Up » et « Here Comes The Boom » frappent comme des uppercuts, déclenchant une décharge d’adrénaline collective. Le public hurle chaque refrain, chaque riff devient une onde de choc partagée, et les bras levés scandent une ferveur quasi tribale. Vithia, frontman au charisme inébranlable, n’est pas seulement un maître de cérémonie : il est le catalyseur d’une rage maîtrisée, un chef de guerre qui transcende la scène. La fusion unique entre metal, hip-hop et culture manga prend alors toute son ampleur. On a l’impression d’assister à un rite, une immersion totale où la brutalité sonore se mêle à une forme de spiritualité underground. Les titres s’enchaînent sans répit : « One Love », « Showdown », puis « Neo Paris » qui dresse une fresque dystopique, sombre et fédératrice. Le parterre vibre au rythme des moshpits qui se succèdent, toujours plus intenses, jusqu’à l’incandescent « Bosozoku », véritable point d’orgue où la folie collective atteint son apogée. Chaque morceau résonne comme une déclaration de guerre, martelée par des riffs acérés et une section rythmique implacable. Avec « Demonstrating My Saiya Style », Rise Of The Northstar rappelle que sur la scène crossover, il règne en maître absolu. Puis vient « Rise », hymne de cohésion scandé par toute une foule d’une seule voix, comme si chaque spectateur faisait partie d’une armée unie. Enfin, « Again And Again » clôture le set dans une tempête d’énergie pure, le site entier transformé en un océan de poings levés et de visages illuminés par l’extase. Quand les lumières s’éteignent, il reste dans l’air une vibration, un écho de rage et de fraternité. Rise Of The Northstar a offert une expérience totale, une communion viscérale, une célébration de la force du collectif. Une claque sonore et émotionnelle que l’on prend, encore et encore, sans jamais s’en lasser.

Les photos : ici.
BOTTOMZ UP
Bottomz Up nous présente un rock moderne aux influences metalcore, aiguisé comme une lame, mais toujours ouvert aux envolées mélodiques. Dès l’intro, le ton est donné : lourde, atmosphérique, elle installe une tension qui explose aussitôt sur “Day Off”, morceau direct qui claque comme une gifle. Le public, déjà survolté, enchaîne avec le groupe sur “Afterwork”, hymne fédérateur où les refrains accrocheurs invitent à hurler les paroles. Avec “Misery”, les riffs tranchants se font plus sombres, contrastant avec des couplets d’une intensité émotionnelle rare. Puis vient “Fury”, tempête sonore où la batterie martèle sans relâche, déclenchant les pogos. Les titres s’enchaînent : “Get Enough”, “Only Thing”, “Save Me”. “Price” relance aussitôt les hostilités avec un mur de guitares massives, galvanisant un public désormais en transe. Sur “Keep Up”, le groupe démontre toute sa complicité scénique, multipliant les interactions et les regards complices avec les spectateurs. Enfin, impossible de terminer autrement qu’avec “Hit The Road”, véritable déflagration finale où l’énergie brute de Bottomz Up atteint son apogée. Les applaudissements prolongés confirment ce qu’on pressentait : leur musique est taillée pour la scène, pensée pour enflammer les foules. Chaque riff, chaque refrain, chaque break est une invitation à plonger corps et âme dans leur univers. À travers ce set dense et sans concession, Bottomz Up a prouvé qu’ils savent conjuguer puissance et proximité. Le contact avec le public est constant, qu’il s’agisse d’un simple sourire, d’un mot lancé ou d’un appel aux mains levées. On sent que le groupe vit chaque instant de son concert, et cette sincérité décuple l’impact de leur musique. L’alternance entre violence maîtrisée et mélodies fédératrices constitue leur marque de fabrique. Dans cette chaleur électrique, impossible de rester indifférent : chaque spectateur a trouvé sa place dans cette déferlante sonore. Bottomz Up ne se contente pas de jouer, ils partagent, ils embarquent, ils brûlent les planches. Un concert qui confirme une évidence : sur scène, leur son puissant devient une expérience physique et collective.

Les photos : ici.
LES RAMONEURS DE MENHIRS
Le temps de faire les derniers réglages, les balances en direct, et voilà Les Ramoneurs De Menhirs qui déboulent sur scène. Une clameur monte aussitôt de la foule, compacte, déjà échauffée et impatiente. Le groupe salue le public et remercie d’emblée toutes celles et ceux sans qui il n’y aurait pas de concerts. Le ton est donné : la soirée sera brute, intense et sans concession. Un beau moment d’insoumission va s’écrire, porté par un mélange incandescent de musique celtique et de punk. Loran, figure charismatique, multiplie les échanges avec le public entre les morceaux. L’esprit revendicatif transpire à chaque parole, plus vivace que jamais. L’émotion monte lorsque le groupe rend hommage à Steve, décédé à Nantes lors d’une charge policière, mais aussi à toute une jeunesse qui se bat pour sauver la planète, déplorant la sauvagerie d’un système qui place l’argent au-dessus de l’avenir de ses enfants. Un silence lourd parcourt brièvement la salle, vite balayé par une onde de colère et d’énergie partagée. Au fil du set, Loran aborde des thèmes brûlants : la Palestine, le capitalisme, la lutte permanente contre les oppressions. Le concert n’est pas seulement une fête : c’est une tribune, une claque, un appel à ne jamais baisser les bras. Musicalement, le groupe navigue entre le rock le plus abrasif et les racines Bretonnes, avec une boîte à rythmes implacable et une guitare qui taille dans l’air comme une lame. L’ambiance vire à la transe collective. Les enfants sont invités à monter sur scène pour danser, déclenchant des sourires complices dans la foule. Loran leur tend même sa guitare, moment suspendu qui contraste avec la fureur des morceaux. Dans la fosse, les slams s’enchaînent, les corps volent au-dessus des têtes, les poings se lèvent haut, défiant le ciel. L’énergie est communicative, libératrice. Chaque titre déclenche une ovation. « Porcherie » de Bérurier Noir met littéralement le parterre en fusion : cris, chants repris en chœur, pogo général. « La Blanche Hermine » fait vibrer les cœurs Bretons, et « Viva La Revolution » résonne comme un cri de ralliement intemporel. À chaque instant, on sent que la musique dépasse les notes, qu’elle devient souffle commun, souffle de liberté. Le public est aux anges, lessivé et heureux, le sourire aux lèvres et le poing toujours serré. Les Ramoneurs De Menhirs, fidèles à leur réputation, ont offert encore une fois un show exceptionnel : puissant, fraternel, engagé. Une soirée brûlante, une claque sonore et humaine, un moment de communion où la musique devient un acte de résistance.

Les photos : ici.
!AYYA!
Le duo Nancéien repousse sans cesse les frontières du rock instrumental. Dès les premières notes, la guitare, la batterie et le synthé s’entrelacent dans une énergie brute et enivrante. Le public, conquis d’entrée, est happé par des rythmiques alambiquées qui défient l’équilibre, sans jamais rompre la cohérence. Avec une maîtrise impressionnante, le duo façonne des ambiances noise, puissantes et abrasives. Chaque titre semble construit comme une ascension, menant à des envolées épiques qui soulèvent la foule. Leur nouvel album, « ChaChou », trouve sur scène une incarnation encore plus sauvage. Cette sortie marque une nouvelle étape dans leur quête d’intensité et de liberté sonore. Les nappes de synthé viennent colorer les riffs de guitare, apportant une dimension électro hypnotique. À d’autres moments, les beats de batterie propulsent l’ensemble vers un terrain plus dansant, irrésistible. Nous passons ainsi de la transe à la tempête, de l’explosion au silence suspendu. Certains passages frôlent le psychédélisme, planants et enveloppants. Puis, sans prévenir, la tension repart de plus belle. Le contraste entre les moments contemplatifs et les charges furieuses rend le concert fascinant. La complicité entre les deux musiciens se ressent dans chaque regard, chaque break millimétré. Nous voyons autant de passion que de précision derrière leurs instruments. Le parterre entier se laisse entraîner dans une frénésie incontrôlable. Le corps vibre autant que les oreilles, impossible de rester immobile. Ce mélange de post-rock, d’électro et de noise a quelque chose de jubilatoire. En moins d’une heure, !AYYA! a prouvé qu’il pouvait repousser toutes les limites. Un concert intense, généreux et incandescent : un voyage dont on sort ébouriffé, et heureux.

Les photos : ici.
KRAV BOCA
Le Parc de Marbeaumont se transforme en véritable champ de bataille avec l’arrivée de Krav Boca. L’air vibre, et la nuit s’embrase au rythme d’un show qui dépasse toutes les attentes. Ce n’est pas seulement un concert : c’est le récit d’une aventure hors normes, née d’une route pavée de plus de 400 dates, d’un parcours en totale autogestion qui a façonné un spectacle protéiforme, atypique et explosif. Dès les premières secondes, on sent que quelque chose bascule. Les masques des rappeurs, silhouettes mystérieuses dans les lumières mouvantes, imposent un flow incisif, rageur, presque incantatoire. À leurs côtés, le trio guitare-batterie-mandoline déploie une énergie brute et sauvage, un mélange inattendu qui déracine tout sur son passage. Chaque morceau devient un uppercut, chaque break un instant suspendu où le public retient son souffle avant l’explosion suivante. Le feu embrase la scène. Les flammes, les étincelles et les ombres dansantes des performeurs créent une atmosphère de révolte et de fête primitive. Les spectateurs, d’abord happés par la surprise, se laissent rapidement porter par cette vague sonique. Les premiers pogos éclatent comme des étincelles dans une poudrière ; bientôt, la fosse entière vibre au même rythme, les cris et les refrains scandés s’élèvent comme une clameur collective. Krav Boca efface toute barrière entre artistes et audience. Ici, il n’y a plus de scène ni de public : il n’y a qu’une seule masse, un seul souffle, une seule transe partagée. Les corps s’entrechoquent, les visages s’illuminent d’une même fureur joyeuse, et le temps se brouille dans cette tempête cathartique. C’est une expérience qui dépasse la musique : un rituel de liberté, une fête enragée où chaque cri, chaque note, chaque flamme devient un appel à vivre plus fort. Krav Boca ne donne pas seulement un concert : ils nous entraînent dans un voyage qui ne ressemble à aucun autre. Une aventure totale, où l’on sort avec les yeux brillants et le cœur en feu.

Les photos : ici.
Photos : Fabrice A.
#Live / #Report / #LiveReport / #Review / #LiveReview / #Photos / #Pictures
Le 22 Août 2025 /
Bar Le Duc (55) /
Notre avis : 5/5.
Le Festival Watts À Bar a transformé le Parc de Marbeaumont en temple de musiques alternatives. Fidèle à son esprit d’ouverture, il a réuni metal, punk, ska, rock engagé et sons atypiques. Les scènes ont vibré d’une succession de prestations intenses et fédératrices. Chaque groupe a apporté son énergie et sa singularité, dans une ambiance de communion. Artistes, bénévoles et public ont fait de cette 14ème édition un moment fort de partage. Merci à Be Real pour cette très belle soirée !
Vendredi 22 Août 2025
DUSK OF DELUSION
C’est avec Dusk Of Delusion que nous avons le plaisir de débuter cette nouvelle édition du Watts À Bar. Originaire de Nancy, le groupe a su imposer son univers unique sur la scène néo-metal Française. Inspirés par des géants comme Korn et Slipknot, ils associent énergie brute, mélodies percutantes et concepts audacieux. Les protagonistes prennent possession de la scène, et sans attendre, le set démarre avec « The Snap », morceau coup de poing qui captive instantanément. Le parterre, déjà bien rempli, se laisse happer par cette ouverture intense. Un « bonsoir Watts À Bar ! » retentit, et l’enthousiasme des musiciens est communicatif. Le rythme ne faiblit pas avec « The Messenger », soutenu par des riffs acérés et un chant habité. Le groupe prend le temps d’une courte présentation, saluant la foule avant de lancer « Shadow Workers ». L’intensité est toujours là avec « Letters To C », tout aussi percutant. Puis vient « Serbian’s Gate », morceau implacable qui fait réagir le public. Les musiciens enchaînent avec « So Long Atlas », où se mêlent force et émotion. Benoît (chant) interpelle la foule et invite à chanter avec lui : un moment de complicité sur le brûlot « Tinplate Soldiers », issu du concept dystopique de COR SYSTEM. Les refrains repris en chœur renforcent l’énergie partagée. Le show se poursuit avec « Smiling From Across » et « Taking The Hit ». Entre deux morceaux, le groupe remercie chaleureusement spectateurs, techniciens et bénévoles. L’heure du final approche : « Breaking The Wall » déchaîne la fosse. Véritable bouquet explosif, il condense tout ce qui fait la force de Dusk Of Delusion : puissance, sincérité et intensité. La prestation s’achève sous un tonnerre d’applaudissements. Le groupe quitte la scène visiblement heureux de l’accueil reçu.
Les photos : ici.
LOFOFORA
Lofofora prend d’assaut la scène avec une énergie inébranlable, lançant les festivités avec « Apocalypse », un titre explosif qui annonce la couleur de la soirée. La foule, déjà en transe, voit la tension monter d’un cran avec « Les Seigneurs » et « Bonne Guerre ». L’intensité est palpable, et les premiers instants du show ne laissent aucun répit. Reuno prend enfin la parole, saluant le public d’un bonsoir, comment allez-vous ? Le groupe, avec 11 albums à son actif, se réjouit de retrouver son public fidèle, et il est clair que ce concert s’annonce comme une véritable célébration de leur parcours. La déferlante continue avec « La Distance » et embarque ses fans dans un moment de nostalgie avec « La Chute », extrait de l’album « Peuh ! » paru en 1996. La foule se souvient, chante, et les souvenirs des années passées refont surface. Une complicité s’installe entre le groupe et les spectateurs avec « Les Gens ». Les voix du public s’élèvent, résonnant puissamment, tandis que la fosse se transforme en un véritable champ de danse. Le mouvement est incessant et joyeux, une danse collective portée par l’énergie de Lofofora. Les titres se suivent avec une précision militante : « Dur Comme Fer » et « Macho Blues » soulignent l’engagement du groupe contre les violences faites aux femmes et aux enfants, un message fort qui est accueilli par des applaudissements chaleureux. Le groupe, fidèle à ses valeurs, enchaîne avec un cri de révolte. T’en veux encore ? La réponse est évidente, et le public est prêt pour la suite. La continuité se fait dans une énergie toujours plus électrisante. Le groupe n’en finit plus de faire sauter les barrières. Les titres comme « Les Deux », « Maladie Mortelle » et « Auto-Pilote » poursuivent cette montée en puissance, où la musique devient un véritable exutoire. Puis, un solo de batterie magistral précède « Le Fond Et La Forme » et « L’Œuf », deux hymnes incontournables. Lofofora prouve une fois de plus qu’il est un groupe ancré dans la lutte sociale et politique, avec un titre comme « Justice Pour Tous », qui résonne comme une déclaration sans ambiguïté de leur engagement. Les amateurs de pogos se donnent à cœur joie, tandis que la performance du groupe, toujours aussi radicale, fait lever les bras en signe de révolte. « Buvez Du Cul » vient clôturer un set intense et engagé, fidèle à l’esprit de Lofofora. La soirée s’achève sur une note exaltante, et le message est clair : Lofofora n’a pas pris de recul. Leur musique est un cri, une révolte continue, un acte militant et contestataire qui résonne profondément avec son public. Le groupe, toujours aussi puissant, n’a rien perdu de sa fougue.
Les photos : ici.
LOS TRES PUNTOS
Les musiciens de Los Tres Puntos montent sur scène, prêts à faire vibrer le parterre avec ce mélange explosif de ska festif et de rock alternatif. Les textes sont toujours aussi revendicatifs, chantés en français, en anglais, en espagnol et même en italien. Le set démarre sur les chapeaux de roue avec « Perpetua », issu de l’album « 10 Ans Ferme » sorti en 2006. Le public comprend vite qu’il va être embarqué dans un voyage musical à travers les 30 ans de carrière du groupe. Sans temps mort, le groupe enchaîne avec « Ciudad Blanca », immédiatement suivi par « La Chaleur De Vos Voix ». L’ambiance devient incandescente, portée par une rythmique effrénée et des cuivres virtuoses. Arrivent ensuite « Anonimo », « La Réalité », puis « El Sistema », qui secouent littéralement la scène. Changement de cap ensuite, direction l’Espagne et la Galice, avec une chanson tournée vers l’avenir : « Alta Mar ». La machine ne s’arrête plus et balance « Ska Jazz Sin Vuelta », « En Mouvement » et « Guapa » dans un tourbillon d’énergie. Le public danse, saute, se laisse emporter par le groove implacable du groupe. C’est alors « Le Temps Passe » qui résonne, avant que les musiciens ne lancent « Nuevo Mundo ». Les fans sont sollicités : « Y a-t-il des Aficionados à Bar-le-Duc ?! », et la réponse fuse en chœur. L’intensité monte encore avec « La Despedida », morceau émouvant et puissant. Puis vient « América Latina ». Moment surprise, les Los Tres Puntos rendent hommage à Ludwig Von 88 avec « Sur Les Sentiers De La Gloire ». Le set se dirige vers sa conclusion avec « Es Una Pesadilla ? », ode rageuse et percutante. Enfin, c’est « El Gringo » qui met un point final à ce concert incandescent. Chaque riff, chaque note a déclenché cris de joie dans la fosse. Militants, alternatifs et indépendants, les Los Tres Puntos ont livré encore une fois une prestation à couper le souffle !
Les photos : ici.
RISE OF THE NORTHSTAR
C’est dans une ambiance électrique que Rise Of The Northstar fait son entrée, comme une déflagration prête à secouer chaque recoin du Parc de Marbeaumont. La tension est palpable avant même la première note, et lorsque résonne « Nekketsu », le sol tremble littéralement sous les bonds du public. Une vague d’enthousiasme instantanée, brutale, parcourt la foule. Les patrons incontestés du metal crossover Français imposent leur loi, et dès les premiers instants, on comprend que la soirée sera marquée au fer rouge. La fosse devient un véritable champ de bataille contrôlé, où « Welcame (Furyo State Of Mind) » libère les premiers pogos furieux, mélange de chaos et de communion. L’énergie est sauvage mais jamais gratuite : elle circule, elle soude. « Crank It Up » et « Here Comes The Boom » frappent comme des uppercuts, déclenchant une décharge d’adrénaline collective. Le public hurle chaque refrain, chaque riff devient une onde de choc partagée, et les bras levés scandent une ferveur quasi tribale. Vithia, frontman au charisme inébranlable, n’est pas seulement un maître de cérémonie : il est le catalyseur d’une rage maîtrisée, un chef de guerre qui transcende la scène. La fusion unique entre metal, hip-hop et culture manga prend alors toute son ampleur. On a l’impression d’assister à un rite, une immersion totale où la brutalité sonore se mêle à une forme de spiritualité underground. Les titres s’enchaînent sans répit : « One Love », « Showdown », puis « Neo Paris » qui dresse une fresque dystopique, sombre et fédératrice. Le parterre vibre au rythme des moshpits qui se succèdent, toujours plus intenses, jusqu’à l’incandescent « Bosozoku », véritable point d’orgue où la folie collective atteint son apogée. Chaque morceau résonne comme une déclaration de guerre, martelée par des riffs acérés et une section rythmique implacable. Avec « Demonstrating My Saiya Style », Rise Of The Northstar rappelle que sur la scène crossover, il règne en maître absolu. Puis vient « Rise », hymne de cohésion scandé par toute une foule d’une seule voix, comme si chaque spectateur faisait partie d’une armée unie. Enfin, « Again And Again » clôture le set dans une tempête d’énergie pure, le site entier transformé en un océan de poings levés et de visages illuminés par l’extase. Quand les lumières s’éteignent, il reste dans l’air une vibration, un écho de rage et de fraternité. Rise Of The Northstar a offert une expérience totale, une communion viscérale, une célébration de la force du collectif. Une claque sonore et émotionnelle que l’on prend, encore et encore, sans jamais s’en lasser.
Les photos : ici.
BOTTOMZ UP
Bottomz Up nous présente un rock moderne aux influences metalcore, aiguisé comme une lame, mais toujours ouvert aux envolées mélodiques. Dès l’intro, le ton est donné : lourde, atmosphérique, elle installe une tension qui explose aussitôt sur “Day Off”, morceau direct qui claque comme une gifle. Le public, déjà survolté, enchaîne avec le groupe sur “Afterwork”, hymne fédérateur où les refrains accrocheurs invitent à hurler les paroles. Avec “Misery”, les riffs tranchants se font plus sombres, contrastant avec des couplets d’une intensité émotionnelle rare. Puis vient “Fury”, tempête sonore où la batterie martèle sans relâche, déclenchant les pogos. Les titres s’enchaînent : “Get Enough”, “Only Thing”, “Save Me”. “Price” relance aussitôt les hostilités avec un mur de guitares massives, galvanisant un public désormais en transe. Sur “Keep Up”, le groupe démontre toute sa complicité scénique, multipliant les interactions et les regards complices avec les spectateurs. Enfin, impossible de terminer autrement qu’avec “Hit The Road”, véritable déflagration finale où l’énergie brute de Bottomz Up atteint son apogée. Les applaudissements prolongés confirment ce qu’on pressentait : leur musique est taillée pour la scène, pensée pour enflammer les foules. Chaque riff, chaque refrain, chaque break est une invitation à plonger corps et âme dans leur univers. À travers ce set dense et sans concession, Bottomz Up a prouvé qu’ils savent conjuguer puissance et proximité. Le contact avec le public est constant, qu’il s’agisse d’un simple sourire, d’un mot lancé ou d’un appel aux mains levées. On sent que le groupe vit chaque instant de son concert, et cette sincérité décuple l’impact de leur musique. L’alternance entre violence maîtrisée et mélodies fédératrices constitue leur marque de fabrique. Dans cette chaleur électrique, impossible de rester indifférent : chaque spectateur a trouvé sa place dans cette déferlante sonore. Bottomz Up ne se contente pas de jouer, ils partagent, ils embarquent, ils brûlent les planches. Un concert qui confirme une évidence : sur scène, leur son puissant devient une expérience physique et collective.
Les photos : ici.
LES RAMONEURS DE MENHIRS
Le temps de faire les derniers réglages, les balances en direct, et voilà Les Ramoneurs De Menhirs qui déboulent sur scène. Une clameur monte aussitôt de la foule, compacte, déjà échauffée et impatiente. Le groupe salue le public et remercie d’emblée toutes celles et ceux sans qui il n’y aurait pas de concerts. Le ton est donné : la soirée sera brute, intense et sans concession. Un beau moment d’insoumission va s’écrire, porté par un mélange incandescent de musique celtique et de punk. Loran, figure charismatique, multiplie les échanges avec le public entre les morceaux. L’esprit revendicatif transpire à chaque parole, plus vivace que jamais. L’émotion monte lorsque le groupe rend hommage à Steve, décédé à Nantes lors d’une charge policière, mais aussi à toute une jeunesse qui se bat pour sauver la planète, déplorant la sauvagerie d’un système qui place l’argent au-dessus de l’avenir de ses enfants. Un silence lourd parcourt brièvement la salle, vite balayé par une onde de colère et d’énergie partagée. Au fil du set, Loran aborde des thèmes brûlants : la Palestine, le capitalisme, la lutte permanente contre les oppressions. Le concert n’est pas seulement une fête : c’est une tribune, une claque, un appel à ne jamais baisser les bras. Musicalement, le groupe navigue entre le rock le plus abrasif et les racines Bretonnes, avec une boîte à rythmes implacable et une guitare qui taille dans l’air comme une lame. L’ambiance vire à la transe collective. Les enfants sont invités à monter sur scène pour danser, déclenchant des sourires complices dans la foule. Loran leur tend même sa guitare, moment suspendu qui contraste avec la fureur des morceaux. Dans la fosse, les slams s’enchaînent, les corps volent au-dessus des têtes, les poings se lèvent haut, défiant le ciel. L’énergie est communicative, libératrice. Chaque titre déclenche une ovation. « Porcherie » de Bérurier Noir met littéralement le parterre en fusion : cris, chants repris en chœur, pogo général. « La Blanche Hermine » fait vibrer les cœurs Bretons, et « Viva La Revolution » résonne comme un cri de ralliement intemporel. À chaque instant, on sent que la musique dépasse les notes, qu’elle devient souffle commun, souffle de liberté. Le public est aux anges, lessivé et heureux, le sourire aux lèvres et le poing toujours serré. Les Ramoneurs De Menhirs, fidèles à leur réputation, ont offert encore une fois un show exceptionnel : puissant, fraternel, engagé. Une soirée brûlante, une claque sonore et humaine, un moment de communion où la musique devient un acte de résistance.
Les photos : ici.
!AYYA!
Le duo Nancéien repousse sans cesse les frontières du rock instrumental. Dès les premières notes, la guitare, la batterie et le synthé s’entrelacent dans une énergie brute et enivrante. Le public, conquis d’entrée, est happé par des rythmiques alambiquées qui défient l’équilibre, sans jamais rompre la cohérence. Avec une maîtrise impressionnante, le duo façonne des ambiances noise, puissantes et abrasives. Chaque titre semble construit comme une ascension, menant à des envolées épiques qui soulèvent la foule. Leur nouvel album, « ChaChou », trouve sur scène une incarnation encore plus sauvage. Cette sortie marque une nouvelle étape dans leur quête d’intensité et de liberté sonore. Les nappes de synthé viennent colorer les riffs de guitare, apportant une dimension électro hypnotique. À d’autres moments, les beats de batterie propulsent l’ensemble vers un terrain plus dansant, irrésistible. Nous passons ainsi de la transe à la tempête, de l’explosion au silence suspendu. Certains passages frôlent le psychédélisme, planants et enveloppants. Puis, sans prévenir, la tension repart de plus belle. Le contraste entre les moments contemplatifs et les charges furieuses rend le concert fascinant. La complicité entre les deux musiciens se ressent dans chaque regard, chaque break millimétré. Nous voyons autant de passion que de précision derrière leurs instruments. Le parterre entier se laisse entraîner dans une frénésie incontrôlable. Le corps vibre autant que les oreilles, impossible de rester immobile. Ce mélange de post-rock, d’électro et de noise a quelque chose de jubilatoire. En moins d’une heure, !AYYA! a prouvé qu’il pouvait repousser toutes les limites. Un concert intense, généreux et incandescent : un voyage dont on sort ébouriffé, et heureux.
Les photos : ici.
KRAV BOCA
Le Parc de Marbeaumont se transforme en véritable champ de bataille avec l’arrivée de Krav Boca. L’air vibre, et la nuit s’embrase au rythme d’un show qui dépasse toutes les attentes. Ce n’est pas seulement un concert : c’est le récit d’une aventure hors normes, née d’une route pavée de plus de 400 dates, d’un parcours en totale autogestion qui a façonné un spectacle protéiforme, atypique et explosif. Dès les premières secondes, on sent que quelque chose bascule. Les masques des rappeurs, silhouettes mystérieuses dans les lumières mouvantes, imposent un flow incisif, rageur, presque incantatoire. À leurs côtés, le trio guitare-batterie-mandoline déploie une énergie brute et sauvage, un mélange inattendu qui déracine tout sur son passage. Chaque morceau devient un uppercut, chaque break un instant suspendu où le public retient son souffle avant l’explosion suivante. Le feu embrase la scène. Les flammes, les étincelles et les ombres dansantes des performeurs créent une atmosphère de révolte et de fête primitive. Les spectateurs, d’abord happés par la surprise, se laissent rapidement porter par cette vague sonique. Les premiers pogos éclatent comme des étincelles dans une poudrière ; bientôt, la fosse entière vibre au même rythme, les cris et les refrains scandés s’élèvent comme une clameur collective. Krav Boca efface toute barrière entre artistes et audience. Ici, il n’y a plus de scène ni de public : il n’y a qu’une seule masse, un seul souffle, une seule transe partagée. Les corps s’entrechoquent, les visages s’illuminent d’une même fureur joyeuse, et le temps se brouille dans cette tempête cathartique. C’est une expérience qui dépasse la musique : un rituel de liberté, une fête enragée où chaque cri, chaque note, chaque flamme devient un appel à vivre plus fort. Krav Boca ne donne pas seulement un concert : ils nous entraînent dans un voyage qui ne ressemble à aucun autre. Une aventure totale, où l’on sort avec les yeux brillants et le cœur en feu.
Les photos : ici.
Photos : Fabrice A.
#Live / #Report / #LiveReport / #Review / #LiveReview / #Photos / #Pictures
By Fabrice A. • Reportage Festival, Reportages 0 • Tags: AYYA, Bar le Duc, Be Real, Bottomz Up, Dusk Of Delusion, Krav Boca, Les Ramoneurs de Menhirs, lofofora, Los Tres Puntos, Rise Of The Northstar, Watts A Bar, Watts À Bar