Dans l’écrin feutré de l’Auditorium de l’Amérance, Les Innocents ont suspendu le temps. Devant 150 spectateurs attentifs et privilégiés, le groupe a déroulé une pop élégante et sensible, entre mémoire vive et émotion intacte. Un énorme de souvenirs qui nous a ramené plus de 30 ans en arrière !
La salle s’éteint doucement. Un léger brouhaha persiste, puis s’efface peu à peu. Constance Amiot apparaît dans une lumière douce, presque laiteuse. Elle vient présenter After Summer, son album paru en 2025, un recueil pop-folk délicat aux couleurs changeantes. Dès les premières notes, une atmosphère fragile et apaisée s’installe.
À ses côtés, Franck Marco installe un rythme discret tandis que Jean-Christophe Urbain tisse des lignes de guitare fines et aériennes. Les sons circulent avec retenue. La voix de Constance Amiot flotte, claire et mélancolique, comme suspendue dans l’air. Les chansons défilent comme des saisons, entre lumière et introspection, en anglais puis en français. L’un des titres est le générique d’une série télévisée Cassandre, que certains connaissent.

Le public reste immobile, attentif, presque silencieux. Les applaudissements viennent ensuite, francs mais mesurés, comme pour ne pas rompre cet équilibre. Une première partie toute en finesse, qui installe une écoute attentive et prépare la suite sans brusquer.
Puis le plateau se transforme à peine. Les lumières se font plus chaudes, plus enveloppantes. Les Innocents entrent en scène sans effet, simplement portés par leur présence. Une élégance tranquille, immédiatement perceptible, qui capte l’attention sans artifices.

Jean-Philippe Nataf arrive détendu, presque nonchalant. Il sifflote, esquisse quelques sons pour chauffer sa voix. Quelques rires s’échappent dans la salle. Le lien se crée instantanément, sans effort, dans une proximité presque familière.
Le premier accord claque. Un monde parfait. Les guitares résonnent avec netteté et la réaction est immédiate. Les visages s’éclairent, les regards changent. La mémoire collective s’active dès les premières secondes, comme un réflexe intact.
À peine le temps de reprendre son souffle – le temps du titre Les Cailloux – que Fous à lier enchaîne. Les applaudissements montent, plus nourris. Une joie simple circule dans la salle, celle d’être là, ensemble, à partager ces chansons devenues familières.

La lumière reste sobre, chaude, presque tactile. Elle caresse les visages plus qu’elle ne les éclaire. Sur scène, les musiciens jouent avec précision, sans démonstration. Chaque son trouve sa place, chaque silence aussi, dans un équilibre maîtrisé. JP Nataf mène la soirée avec légèreté. Il parle, dialogue, glisse des anecdotes, lance des questions hautement philosophiques. « L’amour, vous êtes pour ou contre ? » La salle rit. L’atmosphère se détend encore, rendant le concert vivant et fluide.
Les morceaux s’enchaînent naturellement : Lune de lait, Danny Wilde, Sherpa. Les guitares dialoguent, les voix se croisent, les harmonies s’installent sans effort. Tout semble simple, presque évident, mais rien n’est laissé au hasard.
Les titres plus récents, comme Love qui peut ou Apache, apportent une nuance différente. Moins ancrés dans la mémoire collective, ils prolongent pourtant le fil du concert avec cohérence. Leur présence s’impose sans rupture. Un clin d’œil est adressé à Cancale et à son cadre. Le groupe évoque sa loge avec vue sur mer, « la plus belle vue » qu’il ait connue. Une remarque simple, qui ancre encore davantage le concert dans son environnement.
Le moment devient plus fragile avec Résonances, partagé avec Constance Amiot. Un single sorti en 2013, à l’origine, un duo avec JP Nataf, dans sa période solo que le groupe réinvente à trois voix, cette fois. Des voix qui s’entrelacent avec délicatesse. Le temps semble ralentir. La salle retient son souffle, attentive à cette parenthèse suspendue.

Puis viennent J’ai couru et Slow #1 – extrait de 6 1/2 le denier album en date (2019), et qui tarde à voir arriver un successeur. Les textes s’installent doucement, les mélodies persistent. La signature des Innocents est intacte, toujours aussi précise, entre pudeur et évidence.
La fin approche sans rupture. Colore apporte une dernière montée, puis L’autre Finistère s’élève. Ici, en Bretagne, le titre prend une dimension particulière. Le public accompagne, les voix se mêlent, l’émotion circule pleinement. Tout le monde semble connaitre les paroles par cœur.
Le groupe quitte la scène quelques secondes à peine. Les applaudissements reprennent aussitôt, plus forts, plus insistants. Le rappel ne tarde pas. Un titre moins connu, Dentelle, ouvre ce dernier moment. Puis Un homme extraordinaire s’étire longuement, sur près de dix minutes. Les guitares prennent de l’espace, les voix s’installent et se mélangent une dernière fois avec celles du publics. Une sortie en apesanteur, maîtrisée jusqu’au bout.

Deux titres – pourtant inscrits sur la setlist – resteront en suspens, Jodie et Mon dernier soldat. Mais rien ne semble vraiment manquer. Le concert a trouvé son équilibre, sa respiration, son point d’aboutissement.
Après les dernières notes, la salle se rallume doucement. Les publics s’enfuie dans la nuit glaciale et humide. Les musiciens rejoignent pourtant le hall quelques minutes à peine après la sortie de scène. Les échanges se prolongent avec quelques fans, autour de selfies et de dédicaces. Une continuité naturelle de la proximité installée sur scène.
À Cancale, le temps d’une soirée, Les Innocents ont offert bien plus qu’un concert. Un moment sensible, lumineux, profondément humain. Une parenthèse hors du temps.
LES INNOCENTS à Cancale
Date : 27 mars 2026
Style : Pop, Chanson, etc
Lieu : Pôle Culturel L’Amérance, Cancale (35)
Tourneur : Auguri Productions
Dans l’écrin feutré de l’Auditorium de l’Amérance, Les Innocents ont suspendu le temps. Devant 150 spectateurs attentifs et privilégiés, le groupe a déroulé une pop élégante et sensible, entre mémoire vive et émotion intacte. Un énorme de souvenirs qui nous a ramené plus de 30 ans en arrière !
La salle s’éteint doucement. Un léger brouhaha persiste, puis s’efface peu à peu. Constance Amiot apparaît dans une lumière douce, presque laiteuse. Elle vient présenter After Summer, son album paru en 2025, un recueil pop-folk délicat aux couleurs changeantes. Dès les premières notes, une atmosphère fragile et apaisée s’installe.
À ses côtés, Franck Marco installe un rythme discret tandis que Jean-Christophe Urbain tisse des lignes de guitare fines et aériennes. Les sons circulent avec retenue. La voix de Constance Amiot flotte, claire et mélancolique, comme suspendue dans l’air. Les chansons défilent comme des saisons, entre lumière et introspection, en anglais puis en français. L’un des titres est le générique d’une série télévisée Cassandre, que certains connaissent.
Le public reste immobile, attentif, presque silencieux. Les applaudissements viennent ensuite, francs mais mesurés, comme pour ne pas rompre cet équilibre. Une première partie toute en finesse, qui installe une écoute attentive et prépare la suite sans brusquer.
Puis le plateau se transforme à peine. Les lumières se font plus chaudes, plus enveloppantes. Les Innocents entrent en scène sans effet, simplement portés par leur présence. Une élégance tranquille, immédiatement perceptible, qui capte l’attention sans artifices.
Jean-Philippe Nataf arrive détendu, presque nonchalant. Il sifflote, esquisse quelques sons pour chauffer sa voix. Quelques rires s’échappent dans la salle. Le lien se crée instantanément, sans effort, dans une proximité presque familière.
Le premier accord claque. Un monde parfait. Les guitares résonnent avec netteté et la réaction est immédiate. Les visages s’éclairent, les regards changent. La mémoire collective s’active dès les premières secondes, comme un réflexe intact.
À peine le temps de reprendre son souffle – le temps du titre Les Cailloux – que Fous à lier enchaîne. Les applaudissements montent, plus nourris. Une joie simple circule dans la salle, celle d’être là, ensemble, à partager ces chansons devenues familières.
La lumière reste sobre, chaude, presque tactile. Elle caresse les visages plus qu’elle ne les éclaire. Sur scène, les musiciens jouent avec précision, sans démonstration. Chaque son trouve sa place, chaque silence aussi, dans un équilibre maîtrisé. JP Nataf mène la soirée avec légèreté. Il parle, dialogue, glisse des anecdotes, lance des questions hautement philosophiques. « L’amour, vous êtes pour ou contre ? » La salle rit. L’atmosphère se détend encore, rendant le concert vivant et fluide.
Les morceaux s’enchaînent naturellement : Lune de lait, Danny Wilde, Sherpa. Les guitares dialoguent, les voix se croisent, les harmonies s’installent sans effort. Tout semble simple, presque évident, mais rien n’est laissé au hasard.
Les titres plus récents, comme Love qui peut ou Apache, apportent une nuance différente. Moins ancrés dans la mémoire collective, ils prolongent pourtant le fil du concert avec cohérence. Leur présence s’impose sans rupture. Un clin d’œil est adressé à Cancale et à son cadre. Le groupe évoque sa loge avec vue sur mer, « la plus belle vue » qu’il ait connue. Une remarque simple, qui ancre encore davantage le concert dans son environnement.
Le moment devient plus fragile avec Résonances, partagé avec Constance Amiot. Un single sorti en 2013, à l’origine, un duo avec JP Nataf, dans sa période solo que le groupe réinvente à trois voix, cette fois. Des voix qui s’entrelacent avec délicatesse. Le temps semble ralentir. La salle retient son souffle, attentive à cette parenthèse suspendue.
Puis viennent J’ai couru et Slow #1 – extrait de 6 1/2 le denier album en date (2019), et qui tarde à voir arriver un successeur. Les textes s’installent doucement, les mélodies persistent. La signature des Innocents est intacte, toujours aussi précise, entre pudeur et évidence.
La fin approche sans rupture. Colore apporte une dernière montée, puis L’autre Finistère s’élève. Ici, en Bretagne, le titre prend une dimension particulière. Le public accompagne, les voix se mêlent, l’émotion circule pleinement. Tout le monde semble connaitre les paroles par cœur.
Le groupe quitte la scène quelques secondes à peine. Les applaudissements reprennent aussitôt, plus forts, plus insistants. Le rappel ne tarde pas. Un titre moins connu, Dentelle, ouvre ce dernier moment. Puis Un homme extraordinaire s’étire longuement, sur près de dix minutes. Les guitares prennent de l’espace, les voix s’installent et se mélangent une dernière fois avec celles du publics. Une sortie en apesanteur, maîtrisée jusqu’au bout.
Deux titres – pourtant inscrits sur la setlist – resteront en suspens, Jodie et Mon dernier soldat. Mais rien ne semble vraiment manquer. Le concert a trouvé son équilibre, sa respiration, son point d’aboutissement.
Après les dernières notes, la salle se rallume doucement. Les publics s’enfuie dans la nuit glaciale et humide. Les musiciens rejoignent pourtant le hall quelques minutes à peine après la sortie de scène. Les échanges se prolongent avec quelques fans, autour de selfies et de dédicaces. Une continuité naturelle de la proximité installée sur scène.
À Cancale, le temps d’une soirée, Les Innocents ont offert bien plus qu’un concert. Un moment sensible, lumineux, profondément humain. Une parenthèse hors du temps.
Merci à Constance , JP, JC et Franck, ainsi qu’aux techniciens et aux organisateurs de cette belle soirée à l’ Amérance de Cancale !
Setlist :
Un monde parfait
Les cailloux
Fous à lier
Lune de lait
Love qui peut
Apache
Danny Wilde
Sherpa
Confessions d’un vieux serpent
Slow#1
Résonances (avec Constance Amiot)
J’ai couru
Colore
L’autre Finistère
Rappel :
Dentelle
Un homme extraordinaire