The Long Way /

Jil Caplan /

Le 23 Janvier 2026 – Longwy (54) /

Notre avis : 5/5.


Ce week-end, Jil Caplan faisait escale à Longwy pour deux concerts intimes « at The Long Way ». Deux soirées suspendues, habitées, où l’artiste, accompagnée d’Émilie Marsh et de Sébastien Collinet, a offert au public un moment tout en finesse et en émotion.

JIL CAPLAN

Avant même le début du concert, le public discute, rit, sirote un verre dans une atmosphère chaleureuse de pub. Aux murs, des affiches de Mark Long, de Thiéfaine, de Robert Smith, de Ian Curtis, d’Adrian Borland… Des références qui donnent le ton. Une salle qui, de l’aveu même de Jil Caplan, lui rappelle l’ambiance des pubs de Manchester. Puis la cloche retentit. Les conversations s’éteignent peu à peu. Les musiciens arrivent sur scène, bientôt rejoints par l’artiste. Le set s’ouvre avec « Tu Te Lasses », immédiatement accueilli par une écoute attentive. Jil Caplan salue le public, remercie, sourit. Bonsoir… Merci d’être là. J’adore être ici… Le lien est posé. Sur scène, sa voix singulière se déploie avec une intensité toujours intacte. Les arrangements épurés, portés par la complicité évidente des deux musiciens l’accompagnent, laissent toute la place aux textes et aux mélodies. « Tout Éteindre » puis « Courage » s’enchaînent, installant une atmosphère à la fois douce et profonde. Vient ensuite un moment particulièrement fort. Jil Caplan raconte une histoire triste, presque pathétique. Celle de Virginia Woolf, femme écrivain dans un monde qui ne voulait pas entendre la parole des femmes, tourmentée par les voix qu’elle entendait, jusqu’à mettre des pierres dans ses poches et aller se noyer dans la rivière. La chanson « Virginia » résonne alors dans un silence total.

Avec « Bleu Existentiel », puis « Le Lac », composé par Jipé Nataf – présent à Longwy deux semaines plus tôt – le concert continue de naviguer entre émotion brute et délicatesse. Entre les morceaux, l’artiste échange avec le public. Ça va, tout le monde va bien ? Vous avez à boire ? Elle plaisante, réclame un petit shot de vodka, avant d’évoquer le Parti animaliste, pour lequel elle n’a pas pu voter faute des 500 signatures nécessaires. Une transition toute trouvée pour lancer « Animal Animal ». Le set se fait ensuite plus électrique avec « Feu ! », avant de replonger dans une intensité poignante avec « Les Deux Bras Arrachés », puis « À La Fenêtre ». Chaque chanson semble portée par une sincérité totale. Moment de tendresse et de confidences avec « Tout C’Qui Nous Sépare », écrite alors qu’elle était enceinte. Jil Caplan enchaîne avec une période qu’elle appelle elle-même celle de la « Daronne », livrant une anecdote touchante, de la naissance à l’adolescence de son enfant, avant d’interpréter « Des Toutes Petites Choses ». Le public, conquis, applaudit longuement. Pour le rappel, Jil Caplan revient sur scène et offre « Natalie Wood », ultime frisson de la soirée. Dans la salle du The Long Way, l’atmosphère reste chaleureuse, presque confidentielle. Le public accompagne chaque morceau d’une écoute rare, avant de saluer l’artiste par de longs applaudissements. Entre chansons emblématiques et titres plus récents, le set a navigué avec élégance entre douceur, profondeur et élans plus électriques. Deux soirées réussies à Longwy, marquées par la sincérité, la proximité et la force intacte d’une artiste qui, encore et toujours, continue de toucher juste.

Jil Caplan : FacebookInstagram / YoutubeSite Officiel

Les photos de la soirée : bientôt.

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