Le Gueulard Plus /
Bureau De Change + Nastyjoe + Tickles /
Le 26 Septembre 2026 – Nilvange (57) /
Notre avis : 5/5.
Ce samedi soir, Le Gueulard Plus à Nilvange accueillait trois groupes réunis autour d’une même fièvre post-punk. TICKLES, NASTYJOE et BUREAU DE CHANGE empruntant chacun leur voie, entre mélodies à vif, tension sonore et colère sans détour. Organisée en collaboration avec le label À Tant Rêver Du Roi, la soirée promettait de parler autant aux amateurs de Shame et de Fontaines D.C. qu’à ceux d’Amyl & The Sniffers.
TICKLES : le noise punk à fleur de peau
TICKLES ouvre la soirée avec I’m Not et pose d’emblée les contours de son univers : un noise punk brut, traversé de tension et d’aspérités. Après deux EPs, le quatuor nantais vient défendre son premier album, avec lequel il pousse sa musique vers des couleurs plus sombres, plus rageuses et plus viscérales. L’énergie des débuts reste au cœur du propos, mais elle se charge désormais d’une noirceur qui donne davantage de relief à cette entrée en matière.
Le groupe prend aussi le temps de saluer la salle et de rappeler que c’est sa première venue au Gueulard Plus. Heureux de partager l’affiche avec Nastyjoe et Bureau De Change, les Nantais installent une proximité qui accompagne la rudesse de leur musique. Entre les morceaux, les prises de parole permettent de découvrir ce qui nourrit leurs chansons, au-delà de leur force sonore.
Après Safest, Daughters s’accompagne ainsi d’un message simple et nécessaire : prendre soin des femmes. Quelques mots qui donnent au titre une résonance particulière et rappellent que cette rage peut aussi porter une attention aux autres. Haunted prolonge la traversée, avant que Paper, présenté comme un morceau plus ancien, ne fasse le lien avec les premières étapes du groupe. Le set dessine ainsi une continuité entre les racines de TICKLES et les directions plus sombres explorées aujourd’hui.
Avec Norah, le quatuor glisse un hommage à Norah Jones, une référence inattendue dans cette soirée noise punk. Les échanges prennent ensuite une tournure plus légère lorsque le groupe signale l’anniversaire d’Antoine, derrière la batterie. Cette parenthèse apporte une touche de complicité au milieu d’un répertoire qui ne ménage guère ses angles.
Love Cells et 1 Foot prolongent le set, puis Cold Blood, Paul et Drawings viennent compléter cette première rencontre avec le public du Gueulard Plus. À travers ce parcours, TICKLES affirme une identité qui se précise sans perdre sa spontanéité. L’énergie brute des débuts rencontre la face plus viscérale du premier album, donnant à cette ouverture de soirée une intensité à la fois sombre et pleinement incarnée.

Tickles : Facebook / Instagram / Bandcamp / Youtube
Les photos de la soirée : ici.
NASTYJOE : la mélodie sous tension
Avec NASTYJOE, les lignes mélodiques prennent davantage de place sans faire retomber la tension. Entre indie rock et post-punk, le groupe cultive un goût pour les couplets harmonieux et les refrains plus sauvages, laissant la douceur et la rugosité se répondre. Les mélodies offrent un point d’ancrage, tandis que les guitares entretiennent cette sensation d’instabilité qui donne au concert tout son relief.
Les échos des années 90 traversent The House et Dog’s Breakfast, avec cette manière de mêler évidence mélodique et aspérités sonores. NASTYJOE joue sur les changements d’intensité : les passages les plus retenus laissent couver une énergie qui finit par déborder. Le nouveau morceau Dysfunction trouve sa place dans le set et prolonge ce dialogue entre harmonies accrocheuses et poussées électriques.
Avec Mc Farlane, Strange Place et Hole In The Picture, le groupe développe encore ce jeu de contrastes. Le chant suit les lignes mélodiques, puis gagne en mordant lorsque les morceaux se tendent. Ces bascules donnent de l’épaisseur à l’ensemble : derrière un refrain immédiatement accessible, il reste toujours une friction, une arête qui empêche la musique de devenir trop confortable.
La suite, portée par Deep Side Of Happiness, Resign et Cigarette, maintient cet équilibre entre sensibilité indie et nervosité post-punk. Les titres se répondent et dessinent un univers cohérent, où les mélodies persistent au milieu d’un son plus abrasif. Discord, Pt. II et Blood In The Back nous entraînent vers la fin du set, dans le prolongement de cette tension.
NASTYJOE tient ainsi le fil de sa soirée : des mélodies qui accrochent et une puissance sonore qui menace toujours de les faire déborder. C’est dans cet équilibre mouvant que le groupe affirme sa personnalité, avec des chansons capables de séduire dès les premières mesures tout en conservant leur part de trouble.

Nastyjoe : Facebook / Instagram / TikTok / Bandcamp / Youtube
Les photos de la soirée : ici.
BUREAU DE CHANGE : le mordant des mots
BUREAU DE CHANGE prend enfin le relais et prolonge la fièvre noise post-punk de la soirée avec une plume acérée. Le groupe britannique nourrit son univers d’humour sardonique, de critique politique et de résonances féministes, donnant à ses morceaux une portée qui dépasse leur seule urgence sonore. Derrière l’ironie, les mots interrogent les rapports de pouvoir et les conventions sociales, avec cette manière de pointer les contradictions là où elles dérangent.
Half Inch, Marriage et The Potter’s Wheel installent les contours de cet univers, avant que Atlas et It’ll Pass ne poursuivent le chemin. Au fil du set, le noise et le post-punk servent une écriture dont la causticité fait toute la personnalité. La musique donne du relief aux textes, tandis que leur humour ajoute une autre forme de tension : celle d’un sourire qui laisse parfois un goût amer.
Avec Shortcut To Destruction et Strong Female Character, les titres affichent eux-mêmes le mordant du groupe. Quelques mots suffisent à annoncer la couleur et à prolonger ce regard critique, entre provocation et remise en question des rôles assignés. BUREAU DE CHANGE inscrit ainsi sa singularité dans l’alliance entre la rugosité de sa musique et la précision de ses piques.
Pishes, Skin et Bond nous accompagnent dans la dernière partie du concert, avant Arry Goes To The Pub, qui nous amène petit à petit à la fin du set. Une conclusion qui laisse en tête autant les morceaux que cette façon bien particulière de mêler ironie et engagement, pleinement à sa place dans cette soirée dédiée aux aspérités du noise post-punk.
Après la rage de TICKLES et la tension mélodique de NASTYJOE, BUREAU DE CHANGE a donné à cette soirée une dernière voix, acérée et résolument politique.

Bureau De Change : Facebook / Instagram / Bandcamp / Site Officiel
Les photos de la soirée : ici.
#Live / #Report / #LiveReport / #Review / #LiveReview / #Photos / #Pictures
Bureau De Change + Nastyjoe + Tickles /
Le 26 Septembre 2026 – Nilvange (57) /
Notre avis : 5/5.
Ce samedi soir, Le Gueulard Plus à Nilvange accueillait trois groupes réunis autour d’une même fièvre post-punk. TICKLES, NASTYJOE et BUREAU DE CHANGE empruntant chacun leur voie, entre mélodies à vif, tension sonore et colère sans détour. Organisée en collaboration avec le label À Tant Rêver Du Roi, la soirée promettait de parler autant aux amateurs de Shame et de Fontaines D.C. qu’à ceux d’Amyl & The Sniffers.
TICKLES : le noise punk à fleur de peau
TICKLES ouvre la soirée avec I’m Not et pose d’emblée les contours de son univers : un noise punk brut, traversé de tension et d’aspérités. Après deux EPs, le quatuor nantais vient défendre son premier album, avec lequel il pousse sa musique vers des couleurs plus sombres, plus rageuses et plus viscérales. L’énergie des débuts reste au cœur du propos, mais elle se charge désormais d’une noirceur qui donne davantage de relief à cette entrée en matière.
Le groupe prend aussi le temps de saluer la salle et de rappeler que c’est sa première venue au Gueulard Plus. Heureux de partager l’affiche avec Nastyjoe et Bureau De Change, les Nantais installent une proximité qui accompagne la rudesse de leur musique. Entre les morceaux, les prises de parole permettent de découvrir ce qui nourrit leurs chansons, au-delà de leur force sonore.
Après Safest, Daughters s’accompagne ainsi d’un message simple et nécessaire : prendre soin des femmes. Quelques mots qui donnent au titre une résonance particulière et rappellent que cette rage peut aussi porter une attention aux autres. Haunted prolonge la traversée, avant que Paper, présenté comme un morceau plus ancien, ne fasse le lien avec les premières étapes du groupe. Le set dessine ainsi une continuité entre les racines de TICKLES et les directions plus sombres explorées aujourd’hui.
Avec Norah, le quatuor glisse un hommage à Norah Jones, une référence inattendue dans cette soirée noise punk. Les échanges prennent ensuite une tournure plus légère lorsque le groupe signale l’anniversaire d’Antoine, derrière la batterie. Cette parenthèse apporte une touche de complicité au milieu d’un répertoire qui ne ménage guère ses angles.
Love Cells et 1 Foot prolongent le set, puis Cold Blood, Paul et Drawings viennent compléter cette première rencontre avec le public du Gueulard Plus. À travers ce parcours, TICKLES affirme une identité qui se précise sans perdre sa spontanéité. L’énergie brute des débuts rencontre la face plus viscérale du premier album, donnant à cette ouverture de soirée une intensité à la fois sombre et pleinement incarnée.
Tickles : Facebook / Instagram / Bandcamp / Youtube
Les photos de la soirée : ici.
NASTYJOE : la mélodie sous tension
Avec NASTYJOE, les lignes mélodiques prennent davantage de place sans faire retomber la tension. Entre indie rock et post-punk, le groupe cultive un goût pour les couplets harmonieux et les refrains plus sauvages, laissant la douceur et la rugosité se répondre. Les mélodies offrent un point d’ancrage, tandis que les guitares entretiennent cette sensation d’instabilité qui donne au concert tout son relief.
Les échos des années 90 traversent The House et Dog’s Breakfast, avec cette manière de mêler évidence mélodique et aspérités sonores. NASTYJOE joue sur les changements d’intensité : les passages les plus retenus laissent couver une énergie qui finit par déborder. Le nouveau morceau Dysfunction trouve sa place dans le set et prolonge ce dialogue entre harmonies accrocheuses et poussées électriques.
Avec Mc Farlane, Strange Place et Hole In The Picture, le groupe développe encore ce jeu de contrastes. Le chant suit les lignes mélodiques, puis gagne en mordant lorsque les morceaux se tendent. Ces bascules donnent de l’épaisseur à l’ensemble : derrière un refrain immédiatement accessible, il reste toujours une friction, une arête qui empêche la musique de devenir trop confortable.
La suite, portée par Deep Side Of Happiness, Resign et Cigarette, maintient cet équilibre entre sensibilité indie et nervosité post-punk. Les titres se répondent et dessinent un univers cohérent, où les mélodies persistent au milieu d’un son plus abrasif. Discord, Pt. II et Blood In The Back nous entraînent vers la fin du set, dans le prolongement de cette tension.
NASTYJOE tient ainsi le fil de sa soirée : des mélodies qui accrochent et une puissance sonore qui menace toujours de les faire déborder. C’est dans cet équilibre mouvant que le groupe affirme sa personnalité, avec des chansons capables de séduire dès les premières mesures tout en conservant leur part de trouble.
Nastyjoe : Facebook / Instagram / TikTok / Bandcamp / Youtube
Les photos de la soirée : ici.
BUREAU DE CHANGE : le mordant des mots
BUREAU DE CHANGE prend enfin le relais et prolonge la fièvre noise post-punk de la soirée avec une plume acérée. Le groupe britannique nourrit son univers d’humour sardonique, de critique politique et de résonances féministes, donnant à ses morceaux une portée qui dépasse leur seule urgence sonore. Derrière l’ironie, les mots interrogent les rapports de pouvoir et les conventions sociales, avec cette manière de pointer les contradictions là où elles dérangent.
Half Inch, Marriage et The Potter’s Wheel installent les contours de cet univers, avant que Atlas et It’ll Pass ne poursuivent le chemin. Au fil du set, le noise et le post-punk servent une écriture dont la causticité fait toute la personnalité. La musique donne du relief aux textes, tandis que leur humour ajoute une autre forme de tension : celle d’un sourire qui laisse parfois un goût amer.
Avec Shortcut To Destruction et Strong Female Character, les titres affichent eux-mêmes le mordant du groupe. Quelques mots suffisent à annoncer la couleur et à prolonger ce regard critique, entre provocation et remise en question des rôles assignés. BUREAU DE CHANGE inscrit ainsi sa singularité dans l’alliance entre la rugosité de sa musique et la précision de ses piques.
Pishes, Skin et Bond nous accompagnent dans la dernière partie du concert, avant Arry Goes To The Pub, qui nous amène petit à petit à la fin du set. Une conclusion qui laisse en tête autant les morceaux que cette façon bien particulière de mêler ironie et engagement, pleinement à sa place dans cette soirée dédiée aux aspérités du noise post-punk.
Après la rage de TICKLES et la tension mélodique de NASTYJOE, BUREAU DE CHANGE a donné à cette soirée une dernière voix, acérée et résolument politique.
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By Fabrice A. • Reportage Concert, Reportages 0 • Tags: Bureau De Change, Le Gueulard Plus, Nastyjoe, Nilvange, Tickles