White Crocodile – The Stranger

2015 – 11 titres – 36’
Label : Léocas Records
Style : Rock
Origine : Angleterre / USA / Suede/ France, Paris
Date de sortie : 14 avril 2015

Notre avis :


Par Mike S.

White Crocodile est un groupe construit autour de la personnalité forte de sa chanteuse anglaise Julie Biereye, débarquée à Paris. Les chansons sont chantées en anglais et en français, avec un petit accent qui donne un charme incontestable. White Crocodile a sorti son premier EP, Je t’aime l’amour en juin 2014. Il propose un style Rock-Cabaret, Punk, Chanson et même Folk. S’en est suivi logiquement l’enregistrement de ce premier album, aux studios du Hameau.
La musique de White Crocodile a quelque chose de vintage, naïf, parfois primaire.  Terriblement fin Seventies. Si la réalisation a été confiée à Alex Firla (Phoenix, Arthur H.), l’ingé-son est Julien Trimoreau (Izia, Nelson). Avec une telle équipe, les guitares ne peuvent qu’être exacerbées dans cet ensemble hors norme, mi Rock mi Cabaret. Sorte d’Opéra de 4 sous du XXIe siecle. On s’attend à voir débarquer à chaque détour Nick Cave ou PJ Harvey, amateurs aussi de ces ambiances inventées par la paire Kurt Weill/Bertold Brecht, il y a presque 100 ans…
Il faut dire que Julie est issue du monde du Théatre (Footsbarn Travelling Theatre) en Angleterre. Elle fait ainsi de cet album, la matière premier d’un spectacle vivant et  théâtral. Des titres comme One Way Ticket, Santa Fé ou Loneliness, totalement épurés, avec la voix de Julie et les guitares pleines de réverbe de Julien Omé, créent une atmosphère intemporelle, hypnotique entre les Shadows et Ry Cooder.  A l’inverse, d’autres titres comme le single Where’s the money, élargissent ensuite la palette des genres, mi english, mi frenchy, entre 60’s et 70’s. Erik Maunoury, le suédois du groupe, donne le rythme avec sa battarie taillée pour le projet et la basse de l’américain Jeff Hallam (Robi, Dominique A). D’autres titres encore sont plus punk dans l’esprit et dans la forme, comme Big City, Restless ou Les avions. A voir sur scène sans aucun doute !
Quelque part dans le temps, entre Kurt Weill, Nina Hagen, Nick Cave et Blondie, White Crocodile explore le Rock comme on découvre l’Amérique, avec des yeux d’enfants, sans préjugés, sans barrières. Un album pour le moins singulier !