L’Usine /

Charlie Winston + Sorosoro /

Le 30 Octobre 2026 – Istres (13) /

Notre avis : 5/5.


Il y a des concerts qui font du bruit, et d’autres qui touchent en plein cœur et il y a des artistes que l’on reconnaît dès les premières notes. Une voix, une énergie, une manière d’habiter la musique. Charlie Winston fait partie de ceux-là. Le 30 octobre, à L’Usine d’Istres, une salle que l’on apprécie autant pour son ambiance que pour sa proximité avec les artistes, Charlie Winston nous a offert une parenthèse musicale tout en douceur, en sincérité et en émotions.

SOROSORO, une première partie tout en délicatesse

Avant de retrouver Charlie Winston, le public découvre Sorosoro. Une guitare acoustique, une guitare électrique, deux voix… et cette simplicité qui laisse toute sa place à la musique. L’artiste installe peu à peu son univers, entre sensibilité et authenticité. Une mention particulière pour une très belle reprise de Bob Dylan, qui vient suspendre le temps et donne le ton d’une soirée placée sous le signe du partage. L’artiste nous embarque dans cet univers qui est le sien, et où l’on se sent bien, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le public semble tomber sous le charme de Sorosoro.

Sorosoro : Instagram / TikTok / Youtube

Les photos de la soirée : ici.

CHARLIE WINSTON, seul en scène, mais jamais vraiment seul

Puis vient Charlie Winston.

Un piano, une voix, du groove et cette façon bien à lui de faire danser les émotions. Depuis ses débuts, Charlie Winston trace sa route entre folk, pop et rock, sans jamais se laisser enfermer dans une case.

Seul sur scène, il n’a pourtant rien d’un homme isolé face à son public. Entre ses chansons, il échange, raconte, plaisante et prend le temps de s’adresser à la salle. Son français, qu’il maîtrise avec aisance, rend ces moments encore plus chaleureux. Ici, pas de distance : il crée un lien, invite le public à participer, l’entraîne avec lui et transforme peu à peu la salle en un espace de complicité.

Musicalement, l’homme est aussi généreux qu’inventif. À l’aide de sa pédale de boucle, il construit ses morceaux en direct, superpose les sons et se fabrique son propre orchestre. Un rythme, une voix, une guitare, un piano, puis une percussion qui vient donner du relief à l’ensemble… Puis sur un morceau une trompette prend sa place pour notre plus grand plaisir. Il suffit de le regarder faire pour mesurer toute la richesse de ce spectacle en solo. Mais pour lui pas question de se contenter d’une jolie mélodie ou d’un refrain bien ficelé. Sa musique avance, respire, prend des détours. Elle joue avec les rythmes, les contrastes et les émotions. Elle sait se faire légère sans être superficielle, sensible sans tomber dans la facilité.

Mais derrière l’énergie et la maîtrise, il y a surtout beaucoup de tendresse.

Ce que l’on adore chez Charlie Winston c’est cette dualité intéressante : d’un côté, l’énergie, le mouvement, l’envie de lâcher prise ; de l’autre, une écriture plus personnelle, des interrogations intimes et une vulnérabilité qui affleure derrière les refrains.

Avec « Get up Stronger », Charlie Winston dévoile une facette particulièrement intime de son univers. Cette chanson dédiée à son fils devient un moment suspendu, profondément émouvant. Quelque chose de pudique et de sincère se dégage de cette interprétation. Les mots prennent une autre dimension, la musique semble se faire plus fragile, et l’émotion s’installe sans jamais forcer le trait.

C’est aussi cela, la force de Charlie Winston : savoir passer de la joie au recueillement, de l’énergie au murmure, tout en conservant cette proximité qui donne le sentiment de partager bien plus qu’un simple concert.

À L’Usine, ce 30 octobre, il n’a pas seulement interprété ses chansons. Il a raconté des histoires, partagé un peu de lui-même et offert au public ces instants précieux où la musique rapproche les êtres.
Un équilibre entre puissance et fragilité, entre le plaisir immédiat et ce qui reste en tête une fois la musique retombée.

Alors on quitte la salle avec une sensation douce, presque comme après une conversation que l’on aurait aimé prolonger. Et cette petite certitude : parfois, il suffit d’une voix, de quelques instruments et d’un artiste sincère pour faire d’une soirée un joli souvenir.

Merci Charlie.

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Les photos de la soirée : ici.

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