THE BOO RADLEYS 
en concert

+ The Molotovs
+ The Velvet Hands
+ DJ Cup of Tea 

Date : 30 octobre 2026
Salle : Le MeM
Lieu : Bretagne, Rennes (35).


Par Mike S.

Une affiche particulièrement séduisante pour tous les amateurs de britpop et les nostalgiques des années 90 ! Avec The Boo Radleys en tête d’affiche, deux belles découvertes en ouverture et un DJ set puisant dans le meilleur de la décennie (Pulp, Oasis, Longpigs, Bowie, The Cure…), la soirée Sounds of Britpop avait de sérieux arguments. Le rendez-vous était donné au MeM de Rennes, ce 30 octobre. Et la promesse a été tenue.

The Velvet Hands : une première décharge électrique

La soirée commence avec deux groupes en ouverture. Une belle surprise pour le public, qui découvre d’abord The Velvet Hands. Originaire de Cornouailles et désormais basé à Londres, le quatuor britannique revendique un punk-rock nourri par The Strokes, The Clash et The Libertines. On pourrait aussi citer Interpol, dans les passages les moins explosifs.

Sur scène, le groupe ne fait pas dans la demi-mesure. Le son est brut, les guitares incisives et l’énergie communicative. Mais au-delà de cette puissance de feu, on retient surtout la qualité des compositions. Les morceaux accrochent immédiatement. Ils ont ce petit quelque chose qui donne envie de les réécouter dès la sortie de scène.

En discutant avec Toby après le concert, nous apprendrons que le groupe a découvert sa participation à cette tournée à peine une semaine auparavant. Une occasion qu’il n’était évidemment pas question de laisser passer. Pour eux, c’est un rêve qui se réalise. Pour nous, une découverte qui tombe à point nommé. Les quarante minutes de set passent à une vitesse folle. On en redemande déjà. Voilà un groupe que l’on aimerait bien retrouver prochainement, pourquoi pas sur une prochaine Route du Rock hiver.

The Molotovs : le rock’n’roll à pleine puissance

Changement de groupe, mais pas de régime. Avec The Molotovs, l’énergie reste au rendez-vous. Le trio londonien, composé du frère et de la sœur Matthew et Issey Cartlidge, accompagnés du batteur Noah Riley, propose un rock plus frontal et volontiers rock’n’roll.

Issey attire rapidement les regards. Derrière sa basse et son pied de micro, elle impose une présence scénique évidente. Ses longs cheveux blonds accompagnent les mouvements de la musique. Le groupe mise avant tout sur l’impact et l’énergie. Les morceaux se distinguent parfois moins facilement les uns des autres, mais l’ensemble fonctionne comme une invitation à bouger. Dans la fosse du MeM, le public ne se fait pas prier.

Là encore, le concert file à toute allure. Deux premières parties, deux ambiances, et déjà l’heure de retrouver les vétérans de cette soirée : The Boo Radleys.

The Boo Radleys : trente ans de britpop et toujours debout

Après deux décennies de silence, The Boo Radleys ont repris la route en 2021. Le groupe est aujourd’hui un trio formé autour de Simon « Sice » Rowbottom, Tim Brown et Rob Cieka, sans le guitariste et compositeur historique Martin Carr. Pour cette tournée, ils sont accompagnés de Louis Smith à la guitare et de Nick Etwell à la trompette.

Le public est au rendez-vous. Près de 500 personnes ont fait le déplacement, avec une majorité de quinqua’, mais aussi quelques visages plus jeunes. Une belle affluence pour un groupe qui, malgré son statut culte, n’a jamais vraiment occupé le premier rang de la britpop, à l’ombre des Oasis, Blur, Pulp ou Supergrass. Mais The Boo Radleys ont aussi gagné une nouvelle visibilité auprès d’un public plus jeune. Leur titre Lazarus a notamment été choisi comme générique de fin de la série animée japonaise Lazarus, créée par Shinichirō Watanabe. Une belle occasion pour une nouvelle génération de découvrir l’univers du groupe, près de trente ans après ses premiers succès.

Le concert démarre fort avec C’mon Kids. Un choix particulièrement bien senti. Le titre nous ramène trente ans en arrière, à la sortie de l’album du même nom, en 1996. À l’époque, ce disque prenait le contre-pied du succès de Wake Up! et de son tube Wake Up Boo!. Aujourd’hui, il fait pleinement partie de l’histoire du groupe. Et il ouvre idéalement cette soirée placée sous le signe de la mémoire, mais sans nostalgie excessive.

Les Boo Radleys enchaînent avec Barney and Me, en faisant la part belle à Giant Steps, troisième album du groupe et véritable pierre angulaire de sa discographie. I Hang Suspended, Wish I Was Skinny et bien sûr Lazarus viennent rappeler toute la richesse de cette période. Des titres qui n’ont rien perdu de leur force et qui trouvent naturellement leur place dans ce concert.

Sice, lui, affiche un sourire permanent. Décontracté, disponible et manifestement heureux d’être là, il semble savourer chaque instant. Nous avions eu l’occasion de le rencontrer quelques heures avant le concert. Même simplicité, même décontraction. Une attitude qui rend le personnage particulièrement attachant.

Cette tournée ressemble à une seconde vie pour le groupe. Depuis son retour, The Boo Radleys ont repris le chemin des studios et enchaîné les albums. Leur dernière livraison, In Spite Of Everything, confirme cette envie de continuer à avancer. Deux extraits viennent s’ajouter à la setlist de ce soir : Bring Them Back Again, premier single de l’album, avec sa touche nostalgique, puis King Budgie, récemment mis en avant sur un nouvel EP. Deux titres qui montrent que le groupe ne se contente pas de revisiter son passé.

On aurait évidemment aimé entendre davantage de morceaux de ce nouvel album. Do Better Know Better, Living Is Easy ou Song For Natalie auraient parfaitement trouvé leur place dans ce set. Mais avec seulement quatorze titres et une heure de concert, il fallait faire des choix. Et c’est sans doute le seul petit regret de la soirée.

Car le concert s’achève sur Lazarus, comme une évidence. Une conclusion qui laisse le public avec l’envie de prolonger encore un peu ces retrouvailles. Après le concert, les trois groupes se retrouveront d’ailleurs aux stands pour séances de dédicaces et selfies très appréciés du public. Il est maintenant certain que The Boo Radleys ont retrouvé le goût de la scène et semblent bien décidés à poursuivre l’aventure. Alors, pourquoi ne pas imaginer un prochain rendez-vous en Bretagne ? Une apparition à la Route du Rock, à l’été 2027, trente ans après leur précédent passage, aurait fière allure. Après The Divine Comedy et Pulp, ce serait une belle suite dans l’histoire des retrouvailles britpop.


Merci aux musiciens, aux techniciens et aux organisateurs de cette soirée au MeM !


16 Horsepower : Site / FB

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