À L’Arrache Festival /
Le 21 Août 2026 /
Verdun (55) /
Notre avis : 5/5.
Pour sa cinquième édition, À L’Arrache Festival investit à nouveau le site du Lycée Margueritte–Vauban. Fidèle à son nom, l’événement mise sur une programmation sans compromis, portée par des formations qui cultivent chacune leur propre forme d’irrévérence. Du glam punk engagé de Gina Simmons & The Nobodies aux brûlots des Sales Majestés, jusqu’au délire incontrôlable de Baraka, cette nouvelle édition célèbre un rock libre, électrique et résolument indocile.
GINA SIMMONS & THE NOBODIES, le rock toutes griffes dehors
Gina Simmons & The Nobodies ouvre les festivités avec une fusion de punk, de metal et de glam rock. Mené par la sulfureuse Gina, ancienne membre de Batnat également aperçue aux côtés de Gogol Premier comme choriste, danseuse et performeuse, le groupe propose une musique brute, énergique et débarrassée de tout filtre. Les guitares incisives, les rythmes percutants et les refrains accrocheurs évoquent notamment le mordant des Dead Kennedys, sans enfermer les musiciens dans une formule déjà connue.
Dès Kiss Of Death, le ton est donné. Gina occupe la scène avec une présence théâtrale et provocatrice tandis que Human Race laisse apparaître la dimension engagée du groupe. Derrière l’exubérance et les chansons ironiques se dessine un discours qui défend notamment la cause animale et dénonce les comportements humains avec autant de colère que d’humour noir.
Les titres s’enchaînent : Lover’s Ride, Vixens From Outer Space, Strange Rooms et Butterflies avec un savant mélange de glam et de tension. Le groupe avance sans temps mort, porté par une énergie débordante et un goût évident pour les refrains qui s’impriment immédiatement dans les esprits.
Avec Channel 5 et We Are The Chicks, Gina Simmons & The Nobodies affirme encore son identité libre et insolente. Viva El Toro, We Are The Pigs et Activist replacent ensuite l’engagement au centre du spectacle. La musique cogne, mais elle ne renonce jamais au sens. Death Rock referme ce passage avec panache, dans une dernière décharge où le punk, le metal et le glam se télescopent une nouvelle fois.

Les photos : ici.
LES SALES MAJESTÉS, la révolte est toujours là
Les Sales Majestés prennent ensuite possession de la scène avec ce punk Français frontal dont ils ont fait leur signature. Ici, pas de détour ni de discours policé : les textes ciblent les injustices sociales, les puissants et les renoncements politiques avec une virulence intacte. Camarade lance le concert comme un appel au rassemblement, immédiatement prolongé par No Futur et Oui J’Emmerde.
Le groupe ne relâche jamais la pression. Je Suis Fier et Johnny S’En Va-T-En Guerre entretiennent la charge, tandis que Sois Pauvre Et Tais-Toi ! résume en quelques mots toute l’ironie féroce des Sales Majestés. Avec Mes Frères et Marine, le concert prend la forme d’une tribune populaire où chaque refrain devient un slogan repris par le public.
Sur PP Haine, les enfants sont invités à rejoindre les musiciens sur scène. L’image tranche avec la rudesse du morceau et transforme cet instant en joyeux désordre collectif. Les Vacances poursuit sur cette lancée avant que les filles ne soient conviées à leur tour pendant Tous Les Jours. La frontière entre la scène et la foule disparaît progressivement.
L’intensité monte encore avec Apocalypse, accompagné d’un wall of death qui ouvre la fosse en deux avant une collision générale. Dernier Combat et Intelligence Artificielle ramènent ensuite les textes au premier plan, puis Les Patrons et La Révolution ravivent la fibre contestataire du groupe. Les guitares restent simples, directes et entièrement tournées vers l’efficacité.
Punk À Gogo et L’Anarseillaise font souffler un vent libertaire sur le site. Avec Encore Une Bière, le sérieux laisse momentanément place à l’esprit de fête, mais Macron et Tous Des Putes relancent aussitôt la charge politique. Vivre Libre pourrait presque servir de devise au groupe, avant qu’Allez Viens, On Va Faire La Fête ne rassemble une dernière fois le public dans un même mouvement.
Les Sales Majestés reviennent finalement avec La Rage. Le titre concentre tout ce qui traverse leur prestation : la colère, l’urgence, la contestation et cette volonté de ne jamais courber l’échine. Plusieurs décennies après leurs débuts, leur punk conserve toute sa force de frappe.

Les photos : ici.
BARAKA, la grande déflagration fritcore
Une introduction annonce le début du show de Baraka, mais rien ne prépare réellement le public à ce qui suit. Le groupe Belge transforme la scène en véritable zone de turbulences avec son « fritcore », mélange volontairement excessif de metal, de punk, d’humour gras et de folklore de comptoir. Chez Baraka, l’absurde devient une discipline et la démesure une ligne artistique.
Binouze lance les festivités dans une ambiance de kermesse sous haute tension. The Black Dahlia Burger pousse encore plus loin le mélange entre riffs agressifs et humour potache, tandis que Pognon, Pognon, Pognon impose un refrain aussi simple qu’efficace. Le public comprend rapidement qu’il ne faut chercher ici ni retenue ni subtilité calculée.
Rape A Pig et Ma Kette poursuivent cette fuite en avant, avant que Wallifornian Degeneration ne détourne avec jubilation les codes du rock Américain. Les morceaux s’enchaînent dans un joyeux chaos, avec des guitares qui cognent et une mise en scène pensée comme une succession de provocations.
Le groupe s’accorde ensuite une incursion dans le patrimoine festif Belge avec Chef, Un P’tit Verre, reprise du Grand Jojo. À Verdun, le titre se transforme en hymne de comptoir repris en chœur. French Cancore ramène immédiatement la saturation et les rythmes frénétiques, sans faire retomber l’ambiance.
Le voyage se poursuit du côté de la côte Belge avec Blankenberge, avant que Fritcore ne résume à lui seul toute la philosophie de Baraka : une musique outrancière, festive et totalement décomplexée. Don’t Speak Dutch When I Fuck You conclut le concert sur une dernière provocation, fidèle à l’esprit d’un groupe qui ne s’impose aucune limite.
Avec Gina Simmons & The Nobodies, Les Sales Majestés et Baraka, cette cinquième édition d’À L’Arrache Festival a tenu toutes ses promesses. Engagée, tapageuse et profondément libre, la soirée est passée de la revendication à la dérision sans jamais perdre son énergie.

Les photos : ici.
#Live / #Report / #LiveReport / #Review / #LiveReview / #Photos / #Pictures
Le 21 Août 2026 /
Verdun (55) /
Notre avis : 5/5.
Pour sa cinquième édition, À L’Arrache Festival investit à nouveau le site du Lycée Margueritte–Vauban. Fidèle à son nom, l’événement mise sur une programmation sans compromis, portée par des formations qui cultivent chacune leur propre forme d’irrévérence. Du glam punk engagé de Gina Simmons & The Nobodies aux brûlots des Sales Majestés, jusqu’au délire incontrôlable de Baraka, cette nouvelle édition célèbre un rock libre, électrique et résolument indocile.
GINA SIMMONS & THE NOBODIES, le rock toutes griffes dehors
Gina Simmons & The Nobodies ouvre les festivités avec une fusion de punk, de metal et de glam rock. Mené par la sulfureuse Gina, ancienne membre de Batnat également aperçue aux côtés de Gogol Premier comme choriste, danseuse et performeuse, le groupe propose une musique brute, énergique et débarrassée de tout filtre. Les guitares incisives, les rythmes percutants et les refrains accrocheurs évoquent notamment le mordant des Dead Kennedys, sans enfermer les musiciens dans une formule déjà connue.
Dès Kiss Of Death, le ton est donné. Gina occupe la scène avec une présence théâtrale et provocatrice tandis que Human Race laisse apparaître la dimension engagée du groupe. Derrière l’exubérance et les chansons ironiques se dessine un discours qui défend notamment la cause animale et dénonce les comportements humains avec autant de colère que d’humour noir.
Les titres s’enchaînent : Lover’s Ride, Vixens From Outer Space, Strange Rooms et Butterflies avec un savant mélange de glam et de tension. Le groupe avance sans temps mort, porté par une énergie débordante et un goût évident pour les refrains qui s’impriment immédiatement dans les esprits.
Avec Channel 5 et We Are The Chicks, Gina Simmons & The Nobodies affirme encore son identité libre et insolente. Viva El Toro, We Are The Pigs et Activist replacent ensuite l’engagement au centre du spectacle. La musique cogne, mais elle ne renonce jamais au sens. Death Rock referme ce passage avec panache, dans une dernière décharge où le punk, le metal et le glam se télescopent une nouvelle fois.
Les photos : ici.
LES SALES MAJESTÉS, la révolte est toujours là
Les Sales Majestés prennent ensuite possession de la scène avec ce punk Français frontal dont ils ont fait leur signature. Ici, pas de détour ni de discours policé : les textes ciblent les injustices sociales, les puissants et les renoncements politiques avec une virulence intacte. Camarade lance le concert comme un appel au rassemblement, immédiatement prolongé par No Futur et Oui J’Emmerde.
Le groupe ne relâche jamais la pression. Je Suis Fier et Johnny S’En Va-T-En Guerre entretiennent la charge, tandis que Sois Pauvre Et Tais-Toi ! résume en quelques mots toute l’ironie féroce des Sales Majestés. Avec Mes Frères et Marine, le concert prend la forme d’une tribune populaire où chaque refrain devient un slogan repris par le public.
Sur PP Haine, les enfants sont invités à rejoindre les musiciens sur scène. L’image tranche avec la rudesse du morceau et transforme cet instant en joyeux désordre collectif. Les Vacances poursuit sur cette lancée avant que les filles ne soient conviées à leur tour pendant Tous Les Jours. La frontière entre la scène et la foule disparaît progressivement.
L’intensité monte encore avec Apocalypse, accompagné d’un wall of death qui ouvre la fosse en deux avant une collision générale. Dernier Combat et Intelligence Artificielle ramènent ensuite les textes au premier plan, puis Les Patrons et La Révolution ravivent la fibre contestataire du groupe. Les guitares restent simples, directes et entièrement tournées vers l’efficacité.
Punk À Gogo et L’Anarseillaise font souffler un vent libertaire sur le site. Avec Encore Une Bière, le sérieux laisse momentanément place à l’esprit de fête, mais Macron et Tous Des Putes relancent aussitôt la charge politique. Vivre Libre pourrait presque servir de devise au groupe, avant qu’Allez Viens, On Va Faire La Fête ne rassemble une dernière fois le public dans un même mouvement.
Les Sales Majestés reviennent finalement avec La Rage. Le titre concentre tout ce qui traverse leur prestation : la colère, l’urgence, la contestation et cette volonté de ne jamais courber l’échine. Plusieurs décennies après leurs débuts, leur punk conserve toute sa force de frappe.
Les photos : ici.
BARAKA, la grande déflagration fritcore
Une introduction annonce le début du show de Baraka, mais rien ne prépare réellement le public à ce qui suit. Le groupe Belge transforme la scène en véritable zone de turbulences avec son « fritcore », mélange volontairement excessif de metal, de punk, d’humour gras et de folklore de comptoir. Chez Baraka, l’absurde devient une discipline et la démesure une ligne artistique.
Binouze lance les festivités dans une ambiance de kermesse sous haute tension. The Black Dahlia Burger pousse encore plus loin le mélange entre riffs agressifs et humour potache, tandis que Pognon, Pognon, Pognon impose un refrain aussi simple qu’efficace. Le public comprend rapidement qu’il ne faut chercher ici ni retenue ni subtilité calculée.
Rape A Pig et Ma Kette poursuivent cette fuite en avant, avant que Wallifornian Degeneration ne détourne avec jubilation les codes du rock Américain. Les morceaux s’enchaînent dans un joyeux chaos, avec des guitares qui cognent et une mise en scène pensée comme une succession de provocations.
Le groupe s’accorde ensuite une incursion dans le patrimoine festif Belge avec Chef, Un P’tit Verre, reprise du Grand Jojo. À Verdun, le titre se transforme en hymne de comptoir repris en chœur. French Cancore ramène immédiatement la saturation et les rythmes frénétiques, sans faire retomber l’ambiance.
Le voyage se poursuit du côté de la côte Belge avec Blankenberge, avant que Fritcore ne résume à lui seul toute la philosophie de Baraka : une musique outrancière, festive et totalement décomplexée. Don’t Speak Dutch When I Fuck You conclut le concert sur une dernière provocation, fidèle à l’esprit d’un groupe qui ne s’impose aucune limite.
Avec Gina Simmons & The Nobodies, Les Sales Majestés et Baraka, cette cinquième édition d’À L’Arrache Festival a tenu toutes ses promesses. Engagée, tapageuse et profondément libre, la soirée est passée de la revendication à la dérision sans jamais perdre son énergie.
Les photos : ici.
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By Fabrice A. • Reportage Concert, Reportage Festival, Reportages 0 • Tags: À L'Arrache Festival, Baraka, Gina Simmons, Gina Simmons & The Nobodies, Les Sales Majestés, Verdun