Eels – The Cautionary Tales of Mark Oliver Everett

2014 – 11 titres
Style : Folk
Label : E Works

Sortie : 22 avril 2014

Notre avis :



Par Mike S.

A 51 ans, Mark Oliver Everett, alias Mr. E., poursuit son travail schizophrénique en publiant un onzieme album sous le patronyme de EELS, mais en l’intitulant The Cautionary Tales of Mark Oliver Everett, que l’on peut traduire comme une mise en garde de M O. E. , laissant supposer un album plus personnel que les précédents.
Et c’est le cas, tout juste un an après Wonderful, Glorious, le chanteur repart sur des ambiances minimalistes, pas plus de quatre pistes et parfois moins (deux instruments, une voix, parfois des chœurs ou des cordes). Choisissant ainsi l’épure, dans un travail d’introspection digne d’une psychothérapie. Car, la couleur de l’album est en effet très noire, plus encore que son fameux Electro-Shock Blues sorti en 1998, et qui faisait état de son mal-être à la suite des morts brutales de sa sœur(suicide) et de sa mère (maladie). Pour autant,là aussi,malgré l’épure, l’orchestration demeure pleine de chaleur, avec ses guitares et ses claviers.
Comme sur le précédent album, l’album se compose de deux parties de 13 titres, pour sa version Deluxe, dont on ne peut faire l’impasse.

La seconde partie étant composée de 7 inédits, tout de même et de 6 versions live dont, un autre inédit, la reprise Oh Well de Fleetwood Mac (1969), enregistré dans la même ambiance ouatée, pour ne pas dire semi-dépressive.
Dans la luxuriance de titres de ce nouvel album, les mélodies des titres se détachent peu à peu, écoute apres écoute (Parallels, Lockdown Hurricane, Series of Misunderstandings). L’un se détache, plus encore, A Swallow in the Sun, en rappelant un autre, d’Archive (Goodbye ou Again), laissant presqu’échapper, malgré lui, un parallèle avec l’un de ses contemporains, alors que ses regards se situaient plutôt dans le rétroviseur auparavant. Where I’m from le suit de près, et redonne la direction, celle d’un Eels, tel qu’on le connait habituellement (batterie minimaliste, banjo, celesta et quelques cordes). Peut-être le titre le plus vif et le plus dense de l’album
D’un abord sombre et âpre, The Cautionary Tales of Mark Oliver Everett se révèle avec du temps et de l’attention, comme le négatif d’une photo dans une chambre noire. Pas au point de devenir lumineux, mais au point de devenir indispensable.
Un album intime, sombre mais brillant !
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