Le label Words on music nous avait fait la belle surprise, il y a quelques temps, de nous faire découvrir un groupe des années 80’s qui avait échappé à notre vigilance. The Lucy Show. Auteur de 2 albums et d’une poignée de singles, le groupe était parvenu, entre autre, à assurer la première de REM lors de la tournée anglais de 1984 (suite à une cassette demo envoyée à Michael Stipe…).
Insuffisant, pour autant, pour se faire connaitre outre manche et égaler des formations comme Joy Division ou Cure, avec qui ils partagent un son et une image 100% New Wave tendance Dark.
Apres avoir réédité les deux albums de leur discographie, Words on music s’attèle à l’exploration minutieuse des fonds de tiroirs et en ressort quelques inédits, des remixes et des versions démo. De quoi largement alimenter une dépendance qui aurait pu naitre avec les premieres rééditions. Le son est plus que jamais 80’s, à grand renfort de batteries synthétiques, tout au long des 18 pistes qui compose ce CD baptisé Remembrances.
On se refait aussi une cure à l’écoute de la voix de Mark Mandola, qui continue de nous hypnotiser… A tel point qu’on en est venu a aller explorer son travail en solo sous son patronyme, plus brit pop - époque oblige - ou sous le nom de son dernier groupe en date Typewriter, plus (post)folk – âge oblige !
A trop fouiller les tiroirs, on se retrouve avec des armoires entières de matériels à écouter ! Mais bien nous en a pris, car, Mark Mandola mériterait bien une petite reconnaissance médiatique avant qu’elle n’arrive que posthume !
Je ne saurais donc trop vous conseiller d’explorer, comme nous, l’ensemble des vies de Mandola, à commencer par ce vide grenier, remplit de pépites vintage, telles que Lap of the Gods, Kill the Beast, Prove it ou encore, ce Where it all comes down, titre annonciateur de la suite de la carriere de son leader.
Plus qu’une compil, un troisième album posthume pour The Lucy Show ! Remarquable ! xx
A découvrir via :
For Against – Black Soap EP
2011 - 3 titres
Style : Rock Dark
Label : Words on Music
Note : 9.5/10
Exhumé des cartons de démo de For Against, le label Words on Music édite en effet pour la premiere fois la toute premiere chanson jamais écrite par For Against. La démo date de 1984, voyez-vous, et le groupe était alors totalement sous le charme de Warsaw. Marc Ostermeier, ingé-son des deux derniers albums en date de , s’est appliqué à réenregistrer les 3 titres et à les remixer pour leur donner une allure digitale plus digne que le son étouffé que devait proposer la cassette d’origine… Pour autant, le son ne perd pas de son charme 80’s, époque vénérable des Cure, Gang of Four et autres Siouxsie. Les mélodies noyées dans le mur du son des guitares s’échappent et la voix de Jeffrey Runnings, cristalline, est chargée de reverb. D’origine ou nouvelle version ? Difficile à savoir.
Quoi qu’il en soit, le son a bientôt 30 ans, mais n’a pas vieilli. Mieux, on peut voir combien For Against a su trouvé dès le début les bases de sa musique.
Et si l’on compare ces trois titres à Never Been, le dernier album sorti en 2009, la filiation est évidente, seuls les moyens techniques ont évolués, car ni la voix de Jeffrey, ni la guitare d’Harry Dingman III - revenu depuis peu au sein du groupe – n’ont vraiment changé en 30 ans… Seul le tempo est légèrement ralenti. Et encore…
C’est donc avec un certain plaisir que l’on replonge dans l’underground des années 80 de For Against, nous donnant par la même occasion l’envie de replonger dans le répertoire du groupe, à l’époque d’Autocrat ou de Echelons. C’est peut-être ce que nous prépare Words on Music, dans les prochains mois ??
Ce Black Soap EP est une véritable fontaine de jouvence, pour ne pas dire une madeleine de Proust !
The Apartments - Drift
1993 - 13 titres – 54’55 Réédition 2010
Style : Folk Rock
Label : Talitres
Note : 9/10
Drôle de surprise de la part du label Talitres, qui nous habitue pourtant depuis de longues années à nous en faire parvenir régulièrement ! Pourtant, effectivement, c’est une surprise de taille que de voir réédité un des albums majeurs des années 90, dans la période Brit Pop, qui a vu mourir les Smiths pendant que naissaient ou explosaient Boo Radleys, Suede, Oasis, Pulp, James du côté de Londres, pendant qu’en Australie, on voyait fleurir une scène tout aussi bouillonnante, comprenant These Immortal Souls, Dead Can Dance, The Church, Nick Cave ou encore les Go-Betweens, originaires de Brisbane, tout comme The Apartments !
Voici donc exhumé du passé, 13 titres majeurs de la discographie de Peter Milton Walsh leader emblématique de The Apartments. Séparé après leur premier album remarqué, sorti chez Rough Trade (The Evening Visits...and Stays For Years - 1985 ),le groupe ressurgira 7 ans plus tard pour un second album remarquable chez New Rose ! S’en suivront 3 autres albums assez rapidement, avant de voir à nouveau le groupe disparaître.
C’est sans doute la reformation du groupe pour quelques dates de concerts depuis 2007 qui a donné cette tres bonne idée de rééditer cette pièce de musée, enjolivée de quelques titres.
Drift demeure un tres bon témoignage du Rock australien de cette époque qui compte pourtant quelques grands noms. Les Inrocks, il y a quelques années avaient fait de même avec l’album 16 Lovers Lane des cousins, les Go Betweens.
Alors, pour ceux qui ne connaissaient pas l’album, ils auront la surprise de retrouver la version originale du texte, Places Where The Night Is Long, qu’Ed Kueper avait utilisé en 1995 sur son album Exotic Mail Order Moods. Pour le reste, ils découvriront un son qui n’a pas vieilli et qui pourtant marque bien une époque, un son électrique, assez brut, une voix souvent nasillarde, tendu, presque écorchée, des mélodies impeccables et des refrains entêtants. Tout cela ne sera pas sans rappeler l’époque épique des débuts de Stone Roses, Sugar, Dinosaur Jr, La’s, Pavement, Oasis, Stereophonics…
Et pour les fans de la première heure, ceux-ci n’ont pas été oublié, et le label propose un ajout de 3 titres extraits de la cassette démo du groupe enregistré en 1986 et qui donnaient déjà toute la dimension d’un groupe majeur d’une période foisonnante, qui a de fait oublié certains d’entre eux.
Un album qui n’a pas pris une ride !
Jon Spencer Blues Explosion - Now Got Worry
1995-2010 – 32 titres – 79'
Style : Rock
Label : Shove / Differ-ant
Note : 7,5/10
Jon Spencer Blues Explosion - Controversial negro
1997-2010 – 29 titres – 74'
Style : Rock
Label : Shove / Differ-ant
Note : 7/10
Avec ce groupe, tout est dans le titre : du blues mais version explosive avec Jon Spencer comme front-man incendiaire et songwriter pyromane. Rien de prédestinait ce trio à devenir un groupe culte. Et pourtant, bien avant les White Stripes par exemple, JSBE a su faire parler la poudre et devenir un des groupes les plus intègres de la scène rock américaine. Qui dit groupe culte dit réédition aujourd'hui de certains albums du groupe assortis d'inédits et de raretés. Dans la discographie de JSBE, Now got worry est une pièce de choix, peut-être le meilleur album du groupe. L'album est au final assez varié avec même un single fédérateur et pourtant sans concession Wail. Le groupe de blanc-becs montre qu'il trouve aussi son inspiration chez Jimi Hendricks et même dans la blackmusic des années 70. L'album ressort dans une version augmentée de 11 morceaux, d'un inédit (Roosevelt Hotel blues) et de quatre spots radios annonçant la sortie du disque.
Avec Controversial negro, on retrouve Jon Spencer Blues Explosion dans un exercice préféré : la scène. Au final, les prises studios étant plutôt "brut de décoffrage", on n'est pas trop dépaysé par ce live. JSBE se révèle encore plus incendiaire et grand amateur de guitares sauvages. Initialement sorti pour le marché japonais en 1997, ce disque représente donc un document sonore que l'on nespérait plus. Lui aussi se trouve agrémenté de 9 titres captés en live en 1994 et d'Hotel congress enregistré à l'époque pour une émission de télévision. Résumons, avec Dirty Shirt Rock 'n' Roll: The First Ten Years sorti il y a quelques mois, vous avez le choix entre une compilation studio, un album live réstituant le groupe à deux époques et un album studio majeur. Les fans vont adorer, les autres aussi.
The Smashing Pumpkins - Mellon Collie and the Infinite Sadness
1995 – 28 titres – 57’55 + 63’56
Style : Rock
Label : Virgin
Note : 10/10
Il y a 12 ans, les Smashing Pumpkins passaient de l’ombre à la lumière, en un clin d’œil et un double album (triple vinyls). Mellon Collie and the Infinite Sadness apportait à Billy Corgan tout ce qu’il attendait depuis toujours, argent et reconnaissance mondiale de son talent.
Papillon éphémère, comète incandescente, la renommée est retombée comme un soufflée. Ni Zwan, ni son album solo, ne sont parvenus à entretenir la médiatisation de la plume la plus géniale et la plus active du Rock américain des 20 dernières années. Pas étonnant alors que la tête d’œuf de Billy Corgan ai eu l’idée de faire renaître son phoenix sacrifié il y a 7 ans.
Pourtant, à l’heure d’un retour partiel, inespéré (et inutile ?) du groupe, Mellon Collie and the Infinite Sadness reste et demeure le legs le plus précieux du quatuor de Chicago à l’Histoire du Rock !
Au-delà d’avoir été, et d’être toujours, le double album de rock le plus vendu au monde, Mellon Collie continue à exercer une attraction inexorable dans la discothèque de chacun, lui attribuant le titre honorifique de « CLASSIQUE » !
L’album, un peu arbitrairement découpé en deux parties (en 6 sur la version vinyle) montre malgré tout une certaine opposition de traitement : Dawn to Dusk : Un titre éponyme à l’album s’introduit au piano et présage (promet) toujours des foudres électriques, qui tardent à arriver. L’ambiance est lourde, oppressante. La pop brillante de Tonight, Tonight, nargue l’auditeur de sa mélodie et de ses arrangements divins. Et puis, Jellybelly plante le décor d’un Métal Rock auxquels personne n’avaient jamais pensé un seul instant. Zero, le mal nommé, s’enchaîne et catapulte les Smashing au rang de géant du Rock. Comme sur une montagne russe, on redescend avec Here is not Why, avant de reprendre de l’altitude et quelques G d’émotion grâce au désormais tube planétaire, Bullet with butterfly wings introduit par ces mots aujourd’hui célèbre, « the world is a Vampire » et au refrain entêtant « Despite all my rage Im still just a rat in a cage ».
Et encore l’alternance immuable Caresse/Claque, avec To forgive et An ode to one… Puis le délire exquis Love, la ballade prikosnovéniaque Cupid de Locke, l’ascendante Galopogos etc… jusqu’à laisser retomber la pression en fin de course avec le sublime Take me down, interprété par James Iha (impensable quand on sait la personnalité de Billy Corgan).
S’ils s’étaient arrêtés là, les Smashing Pumpkins auraient déjà remporté sans nulle doute une reconnaissance infinie. Mais en Napoléon fou, en Alexandre grandiloquant, en Guillaume conquistador, Billy Corgan conduisit ses troupes vers un combat ultime et sans reddition de tout adversaire éventuel. Twilight to Starlight : C’est avec un titre rêche et racé que les SP reprennent alors l’offensive : Where boys fear to tread. Bodies, le titre suivant, est très certainement le single oublié du groupe, avec son entêtant refrain « Love is Suicide ». Mais l’album en comptait déjà 7, une prouesse !
Et on repart sur ces montagnes russes virvoltantes !
En parlant de single, 1979 a très certainement fait le tour de la planète. Sans être le meilleur single, il en restera le plus connu et le plus populaire. C’est peut-être pour cela, que le groupe avait choisi une fois encore de casser le rythme, en collant une claque derrière cette douceur (Tales of a Scorched Earth), peut-être le plus enragé d’ailleurs de tous les titres des Smashing Pumpkins, adossé au plus sucré. Thru the Eyes of Ruby, poursuit sa route avec un cortège de guitares énervées, une voix de vilain petit canard (ou de Caliméro c’est au choix) étiré sur 7 longues mais intenses minutes. S’y ajoutent même rage et puissance, sur X.Y.U, autre titre de bravoure de cet album interminable mais remarquable.
Et puis, comme pour célébrer une victoire et accorder le repos du guerrier, l’album s’achève sur 5 ballades, plus touchantes les unes que les autres, sorte de message révélateur des jours prochains, qu’Eva Adore empruntera fièrement. A noter, en bout de course, Farewell and Goodnight, chanté en choeur par les 4 Smashing Pumkins. Une pièce unique dans la carrière du groupe. Bilan : 28 titres (30 sur le vinyl), 29 b-sides, 7 singles, 10 millions d’albums vendus, Mellon Collie and the infinite sadness, restera longtemps comme un événement à part de l’Histoire du Rock. Un album qui aura fait l’unanimité de l’année 1995, recevant le titre de meilleur album de l’année par Time Magazine. Seuls les Grammy Awards passeront à côté de l’événement en lui attribuant sur les 8 nominations, le seul titre de concert « hard rock » de l’année… On n’était alors qu’en 1995… Producteurs : Flood, Alan Moulder et Billy Corgan
Little Bob (Story) –
Ringolevio - 1987 – 14 titres – 51’36
Rendez-vous in Angel City - 1989 – 12 titres – 48’47
Alive or nothing - 1991 – 14 titres – 68’46
Style : Blues / Rock'n roll
Label : Full radical Product / Musidisc
Note : 7/10
La
discographie de Little
Bob et Little Bob Story,
c’est 20 albums
au bas mot. Elle a commencé en 1976 (High Time), et
en 2006, Little Bob n’a pas envie de s’arreter là, vu
les concerts dont il nous a gratifié tout au long de l’année.
Mieux, cette discographie revit une seconde jeunesse, puisqu’elle
va bénéficier
d’une réédition partielle.
Au programme, aujourd’hui, deux albums et un live. On y retrouve
tous les ingrédients de la musique du havrais : du Rock, du Blues,
de la Country aussi parfois et une patine qui donne ce qu’il faut
de nostalgique, sans tomber dans les travers ringards, si chers à Dick
et à Johnny ! Ringolevio, tout d’abord, sorti en 1987, était en total décallage
avec la New Wave qui sévissait alors. Un Rock puissant, rapide,
plus rarement bluesy. Aujourd’hui encore, un tel album fait figure
d’ovni dans le paysage français. Petite extravagance, la présence
de Lemmy de Motorhead en guest sur cet album. Sans doute un des moments
les plus fort de la discographie de Roberto Piazza.
Rendez-vous in Angel City, ensuite, sorti deux ans plus tard, change
de décors et de couleurs musicale.
Réduisant le tempo, il devient plus Blues, et même carrément
Gospel. Avec grand renfort de choristes, cet album renforce la carte
de visite du roi francais du Rock n’Roll. On y croise entre autre,
une cover très réussie de Keep on running.
Quoi de plus logique alors, que de retrouver 2 ans plus tard encore,
un enregistrement live, Alive or nothing ! C’est en effet la meilleure
façon de compiler des chansons venant des diverses périodes
du Bob, mieux qu’un simple best of. Ce live est un concentré de
sueur, d’énergie, de lunettes noires et de santiags… Et
surtout un savant mélange de tout les univers explorés
au court des 15 premières années d’une carrière
deux fois plus longue aujourd’hui ! Alive or nothing donc !!! www.littlebob.fr
The Lucy Show - Mania
1986/2005 – 17 titres – 57'48
Style : Rock New wave Label : Words on music
Les gens du label Words on Music basé à Mineapolis sont de gros pervers. Ils font semblant de vous faire plaisir en vous envoyant directement chez vous leurs nouvelles sorties mais en fait c'est tout simplement dans un but vil. Après For against, obscur groupe réédité et déjà encensé ici, c'est au tour de Lucy Show, tout aussi méconnu sous nos latitudes, de voir la ressortie de ce qu'on espère être le meilleur album du groupe Mania. Pervers les Words on music !! vous ne voyez toujours pas pourquoi ? Non seulement, leurs albums sont en import (donc difficile à trouver), nous seulement ils nous remettent un peu à notre place (quoi moi, journaleux, imbattable sur le sujet je ne connaissais pas Lucy Show, tout comme For against), mais ils nous font aussi parfois relativiser sur la nouvelle génération, franchement branchée 80's, hype du moment souvent moins bon que ces obscurs groupes 80's. Lucy Show donc, soit Mark Bandola et Rob Vandeven, deux Canadiens émigrés en Angleterre à la fin des années 70. Lucy Show a croisé le chemin de New order, Aztec Camera, Dream Syndicate, Love and Rockets, mais aussi de REM.
Le duo mélange parfaitement le son du groupe d'Athens avec l'esprit de cette Angleterre New Wave des années 80. Imaginez Michael Stipe chez The Cure ou signé chez 4AD !! Ce qui à la base pourrait apparaître comme un folk-rock plutôt enjoué et grand public est bizarrement peuplé de quelques fantômes new wave … Produit par John Leckie (qui n'avait pas encore croisé la route de Radiohead) et emmené par un single aux accents de Out of Mind (mais 5 avant l'album de REM), Mania a eu son petit succès, pas suffisant pour emmener le nom du groupe jusqu'à nous, trop pour que The Lucy Show ne devienne culte. La production a un peu vieilli mais un conseil, en passant, aux jeunes groupes en panne d'inspiration : reprenez New message à la sauce d'aujourd'hui, ce titre a une mélodie irrésistible, le genre de morceau qui vous laisse le sourire aux lèvres : carton assuré !!! Le site du label MP3 de The land and the life
L'album contient en plus des inédits studios, live et un vidéo de Million Things…Des pervers, je vous dis