Au regard du dernier album
des Luke, Les Enfants de Saturne,
c’est à un concert de
rock que l’on devrait assister ce soir.
En ouverture, pour autant, on assiste à une mise en bouche un peu
fade. Damien Lefèvre, bassiste
de Luke, et occasionnellement ex-membre
d’Eiffel, s’essaie à un répertoire solo,
entre chanson et pop acoustique. Malgré quelques mélodies
sympathiques, le spectacle est quelque peu laxatif, et encourage le public à se
réunir en plus grand nombre à l’extérieur de
la salle pour passienter utile de pause cigarette anticipée à biture
entretenue.

Apres cette introduction bien décevante,
le groupe Luke monte
cette fois au complet sur scene, Damien reprend sa basse, Thomas, en
chef d’orchestre
trone au milieu de la scene, guitare et micro bien en main ! Romain et
J.P., en sage employés s'installent à leur place. Le show peut vraiment
commencer !
Et ça commence pied au plancher avec un titre du dernier album, A
l’intérieur,
un des morceaux les plus vifs et les plus électriques du répertoire
des Luke. La Nuit et le Jour et La Terre Ferme vont alors
maintenir le rythme et nous montrer à quel point ce nouvel album
en a sous le capot ! Le tout dans une lumière plutt discretes. Bien
difficile de capter le regard de Thomas dans cette pénombre !

A peine une petit incursion sur le précédent album, avec
leur tube Soledad, sur un rythme toujours plus soutenu, que le groupe
reprend de plus belle l’exploration
de leur dernier album, avec, à la suite, Les Enfants de saturne,
Il y a longtemps, Je suis Cuba…
A cet instant, deux remarques :
Je suis Cuba est tres certainement le meilleur titre du dernier
album du groupe, et sur scene, il rend un effet exceptionnel, qui rappelle
sans
nulle doute l’esprit Noir Dez, mais avec une telle expressivité de
Thomas, son chanteur, qu’on est alors prêt à tout lui
pardonner, même sa voix aussi proche que possible de celle de Bertrand
(attention aux cordes vocales, elles sont fragiles !).
La seconde remarque est sur le fait, qu’effectivement, le groupe
a envie de présenter un album, sans même (à peine)
se retourner sur le passé, et les deux précédents
albums. Reste à savoir ce que le groupe peut bien reprocher au premier
album, dont il ne reste rien, même pas ses excellents Je n’éclaire
que moi ou Comme un gant. Bon, j’exagere car le second
album est tout de même bien représenté ce soir, avec La
Sentinelle, Hasta Simpre, Tout va bien ou encore donc Seledad. Mais
tout de même,
on a l’impression que le groupe souhaite créer une image définitivement
Rock autour de lui, abandonnant toute impression pop, qu’il trainait
malgré tout de single de single, jusqu’à Stella.
C’est
sans doute pour cela que le dernier single (Un Seul Jour) a été choisi.
La création d’une image passe par quelques sacrifices commerciaux.
Tout au moins dans un premier temps !

Le groupe offre deux rappels en fin de concert, 5 titres au total, dont
le tout dernier, Paradis Rouges, venu convaincre les derniers
sceptiques de la fougue étonnante du Bordelais et de ses parisiens
de collegues.
Autant vous le dire, la derniere fois que j’avais vu Luke,
c’était à Bercy
parmi différentes autres formations, et ils ne m’avaient pas
laissé l’impression d’un groupe d’une telle envergure.
Depuis, le line up, il faut le dire a quelque peu évolué,
et Luke a largement gagné en légitimité. Abandonnons
alors les vieilles rengaines, et reconnassons que nous avons affaire ici à un
putain de bon groupe de scène ! Reste maintenant à nous convaincre
définitivement sur le prochain album, qui ne devrait arriver qu’apres
un live ou un DVD, n’en doutons pas, rempli d’énergie
et d’adrénaline !

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