+ Jeanne Added
5 juin 2015 Style : Electro Pop, Rock Salle : La Nouvelle Vague Lieu : Bretagne, Saint Malo (35)
.
Notre avis : [star rating= »3.5″ max= »5″]
Par Mike S.
Soirée Rock 100 % féminine avec deux chanteuses, l’une confirmée par ses 10 ans de scène, l’autre dévoilant les chansons de son premier album. Mais les deux avec le même plaisir de jouer sur scène et un pouvoir commun à faire passer des émotions fortes à travers leurs compositions.
C’est avec une chanteuse multi-instrumentiste originaire de Reims, Jeanne Added, que l’on débute la soirée. On en parle de plus en plus ces derniers temps. Découverte lors des dernières Transmusicales de Rennes, elle est passée dans l’émission Alcaline il y a à peine un mois, et son premier album est sorti cette semaine. Un album produit par Dan Levy (membre de The Dø, qui l’avait pris sous son aile lors d’une tournée de 2011) et sorti sur le label Naïve, c’est dire les espoirs qu’il y a dans cette artiste de 35 ans en « reconversion ».
Sur scène, elle joue de la guitare et de la basse. Et elle est accompagnée par Anne Paceo à la Batterie et Narumi Hérisson aux claviers. Cette musicienne de formation a quitté l’univers de la musique classique, pour s’ouvrir un espace de liberté, qu’elle explore chaque soir sur scène. Son nouveau monde est un mélange de Rock et de nappes électroniques. Au premier abord, l’atmosphère Coldwave de sa musique se rattache à celle de Christine and The Queen. Quoi que Jeanne inspire à plus d’introspection. C’est aussi avec une tension palpable qu’elle joue, à chaque instant de ses interprétations. C’est comme si sa musique était un feu qui couve, cherchant à sortir de sa tanière, mais ne trouvant pas d’issue. Alors l’intensité dure quasiment à chaque titre jusqu’à la fin, sans quasiment jamais exploser.
Déjà vue il y a 5 jours lors de la remise du prix Adami / Deezer (avec Georgio et La Fine Equipe) au Casino de Paris, Jeanne propose un set déjà bien rodé, d’une dizaine de titres, qui débute avec le titre éponyme de l’album Be Sensational et se termine avec son titre ultime, Suddenly, dans un rappel, très attendu du public. Il est d’ailleurs assez rare qu’une première partie soit réclamée pour un rappel. Les ambiances pesantes qui marquent le set du début à la fin, sont atténuées par des refrains rapidement entêtants (Miss it all, Look at them..) et par les chœurs envoûtants de Jeanne et Narumi. La formation classique de Jeanne n’est sans doute pas étrangère à cette forme de construction musicale. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on sort touché à vif par cette poignée de compositions qui vous imprègne en profondeur.
Dans un registre différent, mais avec une émotion au moins aussi forte, la scène est cette fois prise d’assault par Mademoiselle K, qui monte sur scène dans une semi-pénombre débutant ce soir son set sur Glory, le second titre de son album 100% anglais, Hungry Dirty Baby, un titre au refrain répétitif et ensorcelant, avec des ralentissements et des accélérations, qui ont vite fait d’emporter le public dans une ronde infernale. Belle entrée en matière.
De ce nouvel album, Katerine et ses musiciens extraient pas moins de 10 titres. C’est dire l’importance qu’ils donnent à ces nouvelles compos, qu’ils ont voulues plus bruts que jamais, plus Rock n’ Roll. Quoi qu’il faille reconnaitre, que cet aspect soit plus marqué sur l’album que sur scène. C’est aussi une façon de revendiquer son détachement avec son ancienne maison de disque, qui n’a pas voulu sortir son album en anglais…
Grande et très mince, coupe et tenue débraillée, trouée, suggestive, entre Punk et Grunge, Katerine mène le show, chante, danse un peu, donne quelques indices sur les titres, et leurs origines (dont Love Robots et sa passion pour la littérature d’anticipation). Elle échange la basse et la guitare avec Pierre-Antoine Combard (le dernier musicien de l’équipe d’origine), tout au long du concert, avant de prendre un clavier, en rappel.
Écartant de fait des titres anciens comme Jamais la paix ou Maman XY, elle ne conserve que Jalouse et Ca me vexe de sa discographie passée. Elle préfère parler abondamment des Coquelicots, nouveau fantasme de Katerine autour d’une fleur qui résiste à tout pour pousser dans les endroits les plus invraisemblables… Ça ressemble à la musique de Mademoiselle K, qui passe outre les modes et les conventions, pour fleurir un peu partout, où le vent la mène. Il y aura enfin, dans le rappel, Jouer Dehors (2011), dans une version plus intime, joué au au Mélotron*.
C’était ce soir à Saint Malo devant au moins 300 personnes, impressionnés par le style, la personnalité, et une musique hors normes, à l’image d’I can Ride a Fucked up Bull, un titre capable de rivaliser avec le meilleur du répertoire de PJ Harvey ! Seul bémol, sans doute, le set d’une douzaine de titres, à peine plus long que la première partie. Mais on gardera malgré tout un magnifique souvenir de cette soirée à deux têtes ! Et on peut présager d’un retour rapide en tête d’affiche de Jeanne Added !
+ Jeanne Added
5 juin 2015
Style : Electro Pop, Rock
Salle : La Nouvelle Vague
Lieu : Bretagne, Saint Malo (35)
.
Notre avis : [star rating= »3.5″ max= »5″]
Par Mike S.
Soirée Rock 100 % féminine avec deux chanteuses, l’une confirmée par ses 10 ans de scène, l’autre dévoilant les chansons de son premier album. Mais les deux avec le même plaisir de jouer sur scène et un pouvoir commun à faire passer des émotions fortes à travers leurs compositions.
C’est avec une chanteuse multi-instrumentiste originaire de Reims, Jeanne Added, que l’on débute la soirée. On en parle de plus en plus ces derniers temps. Découverte lors des dernières Transmusicales de Rennes, elle est passée dans l’émission Alcaline il y a à peine un mois, et son premier album est sorti cette semaine. Un album produit par Dan Levy (membre de The Dø, qui l’avait pris sous son aile lors d’une tournée de 2011) et sorti sur le label Naïve, c’est dire les espoirs qu’il y a dans cette artiste de 35 ans en « reconversion ».
Sur scène, elle joue de la guitare et de la basse. Et elle est accompagnée par Anne Paceo à la Batterie et Narumi Hérisson aux claviers. Cette musicienne de formation a quitté l’univers de la musique classique, pour s’ouvrir un espace de liberté, qu’elle explore chaque soir sur scène. Son nouveau monde est un mélange de Rock et de nappes électroniques. Au premier abord, l’atmosphère Coldwave de sa musique se rattache à celle de Christine and The Queen. Quoi que Jeanne inspire à plus d’introspection. C’est aussi avec une tension palpable qu’elle joue, à chaque instant de ses interprétations. C’est comme si sa musique était un feu qui couve, cherchant à sortir de sa tanière, mais ne trouvant pas d’issue. Alors l’intensité dure quasiment à chaque titre jusqu’à la fin, sans quasiment jamais exploser.
Déjà vue il y a 5 jours lors de la remise du prix Adami / Deezer (avec Georgio et La Fine Equipe) au Casino de Paris, Jeanne propose un set déjà bien rodé, d’une dizaine de titres, qui débute avec le titre éponyme de l’album Be Sensational et se termine avec son titre ultime, Suddenly, dans un rappel, très attendu du public. Il est d’ailleurs assez rare qu’une première partie soit réclamée pour un rappel. Les ambiances pesantes qui marquent le set du début à la fin, sont atténuées par des refrains rapidement entêtants (Miss it all, Look at them..) et par les chœurs envoûtants de Jeanne et Narumi. La formation classique de Jeanne n’est sans doute pas étrangère à cette forme de construction musicale. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on sort touché à vif par cette poignée de compositions qui vous imprègne en profondeur.
Dans un registre différent, mais avec une émotion au moins aussi forte, la scène est cette fois prise d’assault par Mademoiselle K, qui monte sur scène dans une semi-pénombre débutant ce soir son set sur Glory, le second titre de son album 100% anglais, Hungry Dirty Baby, un titre au refrain répétitif et ensorcelant, avec des ralentissements et des accélérations, qui ont vite fait d’emporter le public dans une ronde infernale. Belle entrée en matière.
De ce nouvel album, Katerine et ses musiciens extraient pas moins de 10 titres. C’est dire l’importance qu’ils donnent à ces nouvelles compos, qu’ils ont voulues plus bruts que jamais, plus Rock n’ Roll. Quoi qu’il faille reconnaitre, que cet aspect soit plus marqué sur l’album que sur scène. C’est aussi une façon de revendiquer son détachement avec son ancienne maison de disque, qui n’a pas voulu sortir son album en anglais…
Grande et très mince, coupe et tenue débraillée, trouée, suggestive, entre Punk et Grunge, Katerine mène le show, chante, danse un peu, donne quelques indices sur les titres, et leurs origines (dont Love Robots et sa passion pour la littérature d’anticipation). Elle échange la basse et la guitare avec Pierre-Antoine Combard (le dernier musicien de l’équipe d’origine), tout au long du concert, avant de prendre un clavier, en rappel.
Écartant de fait des titres anciens comme Jamais la paix ou Maman XY, elle ne conserve que Jalouse et Ca me vexe de sa discographie passée. Elle préfère parler abondamment des Coquelicots, nouveau fantasme de Katerine autour d’une fleur qui résiste à tout pour pousser dans les endroits les plus invraisemblables… Ça ressemble à la musique de Mademoiselle K, qui passe outre les modes et les conventions, pour fleurir un peu partout, où le vent la mène. Il y aura enfin, dans le rappel, Jouer Dehors (2011), dans une version plus intime, joué au au Mélotron*.
C’était ce soir à Saint Malo devant au moins 300 personnes, impressionnés par le style, la personnalité, et une musique hors normes, à l’image d’I can Ride a Fucked up Bull, un titre capable de rivaliser avec le meilleur du répertoire de PJ Harvey ! Seul bémol, sans doute, le set d’une douzaine de titres, à peine plus long que la première partie. Mais on gardera malgré tout un magnifique souvenir de cette soirée à deux têtes ! Et on peut présager d’un retour rapide en tête d’affiche de Jeanne Added !
* Merci à Franck D. pour les précisions.
Jeanne Added : Facebook / Site officiel
Mademoiselle K : Facebook / Site officiel
By Mike S. • Reportage Concert • Tags: Jeanne Added, Mademoiselle K