Raphaël – Anticyclone

2017 – 11 titres – 33’09
Label : Columbia Records
Style : Chanson, Pop
Origine : France, IDF, Paris (75)
Date de sortie de l’album : 22 septembre 2017

Notre avis :


Par Mike S.

Raphaël dévore la vie à pleines dents en ce moment. Il écrit des nouvelles, prépare la réalisation de son premier film, n’en oublie pas sa vie personnelle et l’intègre même à ses projets artistiques. Et plus important, il sort des albums comme on enfile les perles. Anticyclone est déjà son 8e opus et ne ressemble à aucun des précédents.

L’artiste n’est pas vraiment connu pour son exubérance sur ses disques ou bien même sur la scène, mais sur ce nouvel album, qui porte son nom à merveille (ANTI-cyclone), il nous donne l’impression de n’avoir jamais été autant dans la retenue. Sa voix est douce, mélancolique, elle vous chuchotte presque chaque mot à l’oreille. Elle donne parfois aussi l’impression de voler au dessus de la phrase mélodique, sans trop s’en soucier, sans trop s’y coller, en signe d’insoumission discrete au conformisme qui le talonne sans cesse.

L’album débute sur le single sorti un an plus tôt, L’année la plus chaude de tous les temps, dans une drôle d’ambiance mélancolique, de fin du monde et d’insouscience, un titre qui aurait pu illustrer la bande son du film Les Derniers Jours du monde d’Arnaud et Jean-Marie Larrieu (avec Mathieu Amalric). Ce titre introduit aussi un élément central de l’album, à savoir, le piano, qu’il a voulu comme la colonne vertébrale autour de laquelle tout s’articule.

C’est sur Les gens (à ne pas confondre avec L’Alphabet des gens…) qu’on retrouve le peu de dynamisme des débuts de la discographie de Raphaël. D’autant plus surprenant que cette chanson a été composée par Gaëtan Roussel (et cela s’entend dès la première mesure, dès les premiers coups de baguettes sur la batterie). A noter que Gaëtan ne fait pas que passer, il est aux manettes du début à la fin, assurant le travail de réalisateur de l’album. Autres référcences, Fièvres d’Asie rappelle sans conteste, l’univers singulier de Manset, l’auteur de – Chevelures des fenêtres fermées des – Chambres d’Asie, et à qui il a rendu hommage le temps d’un concert, restitué dans un album live. Et il y a aussi, ce drôle de poème musical, Quel genre d’ami ferait ça, illustré d’une voix de castra – à la Klaus Nomi – derrière la voix de Raphaël.

Autres temps forts de l’album, Paris est une fête qui fait écho au roman d’Hemingway et surtout, La question est Why, qu’il chante en duo avec sa compagne de vie, l’actrice Mélanie Thierry, une jolie déclaration et un clin d’œil à d’autres grands duos des années 60’s, et notamment Gainsbourg-Bardot.

Le travail d’orchestration imaginé par le duo Raphael/Gaetan Roussel passe donc par l’épure du piano et l’addition délicate d’instruments nobles et chaleureux, excluant quasiment la guitare, électrique ou acoustique (si ce n’est sur Les gens ?), et faisant ainsi de cet album, une nouvelle spécificité de sa discographie, un mini tremblement de terre, dans ses habitudes d’artiste plutôt consensuel. Une rupture tranquille…

 


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Line-up :
Raphaêl
+
Gaetan Roussel
Mélanie Thierry

Tracklist :
1. L’Année la plus chaude de tous les temps 3:50
2. Fièvres d’Asie 3:16
3. Retourner à la mer 3:33
4. Je ne pense plus à voyager 2:36
5. Je fume 2:50
6. Paris est une fête 3:38
7. Cet amour 2:52
8. Les Gens 2:26
9. Quel genre d’ami ferait ça 2:27
10. La question est why (en duo avec Mélanie Thierry) 2:29
11. La Lune 3:03